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quelque ragoût qu’il portait jusque chez eux s'ils étaient malades,
Comme on était persuadé, en France aussi bien qu’en Canada, que les aumônes pour être bien distribuées ne pouvaient être en meilleures mains que les siennes, on lui envoyait souvent d’assez bonnes sommes, avec lesquelles il a retiré de la nécessité plusieurs familles. Un de ses principaux soins pour cela était de fournir aux pauvres de quoi ensemencer leurs terres, et de louer des ouvriers pour cultiver les champs des malades, Il y travaillait même pour encourager par son exemple. Il se rendait aimable à tout le monde par sa douceur inaltérable, qui paraissait lors même quil était obligé d’user de quelque sévérité, C’est ce qui lui attirait la confiance de ceux même qui l'avaient offensé. Plus on la chargé d’injures et même de coups, plus il a eu de tendresse et de charité pour ses persécuteurs. Il n’était austère qu’à lui-méme; ses pénitences excessives lui causèrent la plupart de ses maladies. Avant son entrée en la Compagnie, il avait déjà pratiqué tant de jeûnes et d’autres mortificauons, qu'il s'est lui-même étonné comment son corps y avait pu résister. Sa vie a été encore plus crucifiée dans ses premières années de religion et de missions. Il a fallu que les supérieurs lui aient donné des personnes qui modérassent les saintes cruautés qu’il exerçait sur lui-
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même ; et il a été souvent guéri comme par miracle des maladies qu'il s'était causées. Son attrait pour la croix lui fit demander les missions de Canada ; il lui a fait plusieurs fois chercher le martyre, et lui a fait souffrir avec joie toutes sortes de persécutions. L'on peut de là juger quel était son amour pour Dieu; et si l’on veut en avoir encore d’autres preuves, il ne faut que se souvenir du vœu qu’il fit en 1638 de chercher cn toutes choses la plus grande gloire de Dieu, ce qu’il a gardé très-fidèlement toute sa vie. Il n’était sensible que pour ce qui était ou pour ou contre Dieu ; et, les dernières années de sa vie, ayant appris la ligue de plusieurs princes catholiques avec les hérétiques, il n’est pas croyable combien il a fait de prières, de vœux et même d’associations avec des personnes dévotes, afin que la religion triomphät de l’impiété. Il ne pouvait entendre sans une extrême horreur, qu’en quelque lieu, il se fût commis quelque sacrilége; et nommément si la divine Eucharistie avait été profanée, Le désir d’y voir Notre-Seigneur honoré le tenait comme attaché aux pieds des autels; et c’était avec des lumières tout extraordinaires et de très-grands transport d'amour qu’il contemplait l'amour et la gloire infinie que Jésus rend, pour nous, à son Père dans le très-saint Sacrement. Encore qu'il ait eu, dès son Noviciat, un sublime
don d’oraison et de présence de Dieu, son attrait pour la prière ayant toujours augmenté , il s’est
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élevé dans la suite au plus haut degré de la contemplation. Cependant on peut dire qu’il était habituellemen. dans un état d’oraison affective, qui lui faisait trouver du goût, pendant plusieurs années, à produire des actes de vertu sur une vérité qu’il avait ou pénétrée par spéculation ou découverte par la foi, ou plutôt reçue du ciel par révélation.
Notre-Seigneur, la sainte Vierge, saint Ignace et plasieurs autres Bienheureux l’ont quelquefois honoré de leurs visites et de leur entretien. Il les a trèssouvent vus et entendus intellectuellement dans le fond de son âme, et il a eu avec eux et avec Dieu des communications si ineffables, que quoiqu'il eût naturellement l'esprit bon, et une éloquence plus divine qu'humaine, il ne pouvait expliquer que la moindre partie de ces sortes de grâces.
Il serait trop long de raconter ici une infinité de choses qui ne peuvent pas être réitérées dans une lettre. J’écrirais un volume entier si je voulais seulement rapporter les conversions qu’il a faites, ou les merveilles que Dieu a opérées par son zèle et par ses prières. Si quelqu'un en veut prendre la peine, nous lui fournirons vo'ontiers de fidèles mémoires que nous avons déjà ramassés pour en composer la vie du P. Chaumonot, pour qui cependant nous demandons à Votre Révérence les suffrage ordinaires de la Compagnie.|
Cette copie se termine ainsi brusquement et sans signature.
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