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on arrachait ses cheveux et ses dents ; à peine pouvait-on fournir à contenter les personnes qui demandaient de ses reliques et à qui on a distribué en petits morceaux une grande partie de sa soutane, sans parler ni de ses écrits ni des autres choses qui ont été à son usage. Jamais on n’a vu en Car:ada tant de monde à aucun enterrement qu’au sien. Monseigneur l’évéque avec son Chapitre, le Gouverneur, l’Intendant, les Officiers de guerre , les Conseillers | Madame l’Intendante, tous les bourgeois et artisans de la ville avec les habitants de deux à quatre lieues aux environs et les Sauvages même avec plus d’empressement que les autres assistèrent à ses obsèques. Plusieurs qui l’ont réclamé ont reçu par son intercession des faveurs miraculeuses. Entre les principales vertus où il a excellé, la première et comme le fondement de toutes les autres a été l’humilité. Il prenait occasion de tout, de s’humilier et de faire connaître à quiconque lui parlait la bassesse de son extraction. Il voulait passer pour le dernier des Jésuites en science et en vertu. Il a souvent prié ses supérieurs et ses confesseurs de manifester aux autres ses défauts qu’il leur découvrait. Comme tous les jours il se confessait, il s’accusait des fautes de sa vie qu’il jugeait les plus grièves. Son confesseur lui demanda un jour si ce n'était point par scrupule qu’il en usait ainsi ; il répondit que non, mais que c’était : 1° parce qu’ilnese
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/ confessait point de ses anciens péchés qu’il ne sentit au même moment une grâce particulière ; 2° à cause que le P. Antoine Daniel lui ayant apparu après son martyre et ayant demandé à ce cher défunt : « Que puis-je faire pour être bien agréable à Dieu ? »ce bienheureux missionnaire lui avait répondu : « N'oubliez jamais vos péchés. » C’est dans le même esprit d’humilité qu’il n’a jamais demandé ni refusé aucun emploi, qu’il a toujours fui les charges, les honneurs et les louanges autant qu'il a pu , et qu’il paraissait toujours l’inférieur de ceux qui étaient sous lui. Il prenait le pire pour le vivre , le logement et les habits. Il se faisait un plaisir d’instruire les enfants et de converser avec les pauvres. S’il écrivait à des personnes de connaissance , il signait ainsi ses lettres : le pauvre Hechon. Hechon était le nom que les sauvages avaient donné à lillustre Père de Brebeuf et qu'il prit pour ressusciter en sa personne ce grand apôtre du Canada. Mais pour marquer qu'il n’était pas digne de ce nom, il y joignait le surnom de pauvre. Et certes il avait droit de porter ce surnom en un bon sens, puisqu'il vivait en une extrême pauvreté et pratiquait cette belle vertu jusque dans les plus petites choses. Il s’abstenait de manger ce qu’il jugeait devoir être donné aux pauvres, et lui-même, après le repas, ramassait les restes pour leur en faire du potage ou
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