EN ON
lui, pour me faire étudier au college de cette ville-là.
Après avoir deja fait quelques progrès dans le latin, mon oncle souhaita que j'apprisse le plain chant, sous un musicien qui étoit de ma classe. Celui-ci me persuada de quitter Chastillon, pour le suivre à Beaune, où nous étudierions sous les Pères de l’Oratoire. Comme je ne voulus pas entreprendre ce voyage sans argent je dérobai environ cent sols à mon oncle, pendant qu’il étoit à Péglise : avec celà nous primes la fuite.
Nous marchames par des chemins écartés jusqu’à Dijon, d’où nous nous rendimes à Beaune. Nous nous y mimes en pension chez un bourgeois : mais comme ma finance estoit courte j'écrivis à ma mère qu'elle eust la bonté de me fournir d'argent et de hardes afin que je pusse faire mes études à
Beaune, où j'espérois faire plus de progrès qu’à Chastillon. La lettre tomba entre les mais de mon père, qui me répondit qu’on ne m’enverroit rien : que j’eusse à revenir et qu'il feroit ma paix avec mon oncle.
Cette réponse m'afiligea extremement : car de retourner chez mon oncle, c’étoit m’exposer à estre montré au doigt comme un larron, et de demeurer plus long temps à Beaune sans argent, il n’y avoit
pas d'apparence. Je me determinai donc à cour
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