‹ Le péril de la langue françaiseChapitre 136 sur 142 · VALU · texte numérisé non relu

VALU

Ne peut-on pas faire le même raisonnement pour le verbe valoir? Si l'on ne trouve pas des constructions comme : les vingt mille francs qui lui ont été comités par cette maison, en trouve-t-on, du moins chez les classiques, comme : Les vingt mille francs qui lui ont été valus par celle maison; La gloire qui lui a été value par cette action? 2'^ En latin, valere d'où vient valoir, comme conslare d'où vient coîiter, e^i un verbe neutre, qui signifie avoir de la force, du pouvoir, de la valeur. Jamais il n'a le sens de procurer, produire. 30 Même dans les cas où l'on prétend que le verbe valoir signifie procurer, faire obtenir, il garde son sens propre et neutre à' être de tel ou tel prix. Le sens de procurer est un sens ajouté, superposé, qui est marqué, non par le verbe valoir, mais par les pronoms me, nous, lui, etc., jouant le rôle du datif d'intérêt, en latin, ou plutôt du datif d'appartenance, comme lorsqu'on dit en français : ce livre est à moi. De môme que dans la locution : Les dix mille francs que cette terre lui a coiité, lui signifie à lui, pour lui, et indique la somme dépensée par la personne ; de même lui a le même sens dans : Les dix mille francs de renies que celte terre lui a valu, et le pronom indique la somme gagnée ou reçue par la personne.

Qu'on les emploie au propre ou au figuré, coûté et valu sont des termes corrélatifs qui, grammaticalement, doivent se comporter de la même façon et avoir la même syntaxe. Il y a entre l'un et l'autre la relation de cause à effet : valu indiquant, au propre et au figuré, le prix à recevoir, le prix reçu; coixlé indiquant le prix à payer,

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