‹ Le péril de la langue françaiseChapitre 138 sur 142 · VÉNÉNEUX · texte numérisé non relu

VÉNÉNEUX

sont gâtés. Venimeux se dit des animaux qui ont du venin, et qui mordent ou qui piquent.

Cette distinction n'existait pas au xvii® siècle.

Au figuré, on dit toujours venimeux : La jalousie venimeuse ; une langue venimeuse.

Véridiqae, pour : vrai.

D'après l'Académie et Littré, véridique ne s'applique qu'aux personnes : Un homme véridique; un narrateur véridique. Cet emploi est conforme à l'étymologie veridicus, qui dit la vérité. Cependant quelques écrivains appliquent véridique aux choses : un livre véridique; « une étude véridique » (R. Doumic). Cette extension métaphorique du mot paraît légitime, si l'on songe que le substantif véridicité se dit, d'après l'Académie, non seulement des personnes, mais encore des choses : véridicité d'un récit, d'un témoignage. D'ailleurs, déjà dans le latin de la décadence, veridicus qualifiait aussi des choses : veridicus usus, l'infaillible expérience (Pline, XVIII, 4, 6). Dans l'ancien français, au xvi^ siècle, J. Le Maire parle de « véridiques sentences ».

Victime, pour : soufifre-douleur.

Victimer et surtout le participe victime, forgé par Mercier, sont aujourd'hui très à la mode dans certains salons, pour dire qu'on traite une personne en victime ou qu'elle est en butte aux plaisanteries. Ce sont des néologismes inutiles et prétentieux. Au lieu de victime, nous avons le mot très français et très expressif : souffre-douleur. Quant à victimer, les synonymes de toutes le

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