‹ Le péril de la langue françaiseChapitre 20 sur 142 · SEMESTRIEL · texte numérisé non relu

SEMESTRIEL

Bisannuel (biennal étant un néologisme) signifie qui revient tous les deux ans. Une plante bisannuelle est une plante qui vit deux ans. On pourrait faire la même remarque pour le néologisme bimensuel, qui, formé comme bisannuel, doit signifier tous les deux mois. Par conséquent, une

BISANNUEL. 17

revue bisannuelle ou bimensuelle doit se dire, non pas, comme on le dit souvent, d'une revue qui paraît deux fois par an ou par mois, mais d'une revue qui paraît tous les deux ans, tous les deux mois. Dans le premier cas, les expressions correctes et logiques sont : revue semi-annuelle, semimensuelle.

Blesser, pour : bléser (prononcez blézer).

Ce mot sert à désigner la prononciation de ceux qui prononcent ç pour ch, z pour j, etc., çeval pour cheval, ze pour je.

Pour de bon, pour : tout de bon, véritablement, sérieusement. Jouer, parler tout de bon, et non : pour de bon.

A propos du mot bon, remarquons que l'on dit : passer quelques moments de bon (temps), et non : de bons. Il fait bon d'être riche, et non, il fait bon être riche; de même qu'on dirait : il est prudent départir. Dans la tournure impersonnelle de est nécessaire pour relier l'infinitif.

Ce qui bon lui semble, pour : ce que bon lui semble (sous-entendu de faire) : que est ici complément.

Faites ce que bon vous semblera (ce que il vous semblera bon de faire), et non : ce qui bon vous semblera. Cette dernière locution peut, à la rigueur, s'expliquer et se justifier : Faites ce qui (la chose qui) vous semblera bon (bonne) ; mais l'usage ne l'a pas consacrée et le sens n'en est

Page 1