‹ Le péril de la langue françaiseChapitre 59 sur 142 · ET · texte numérisé non relu

ET

y a, en réalité, deux propositions négatives ; par conséquent le verbe, sous-entendu dans la seconde, y exige la négation : ni (il n'a connu) sa mère.

Si j'étais que vous, que lui, pour: si j'étais que de vous , ou si j'étais de vous; si j'étais que de lui, ou si j'étais de lui, expressions signifiant : si fêtais à votre place, à sa place.

Locutions difficiles à expliquer; mais formées, probablement, comme « qu'est-ce que de nous » (Bossuet).

J'AI ÉTÉ, pour : JE SUIS ALLÉ.

Les verbes employés avec avoir expriment l'action, et, avec être, l'état. Par conséquent : Mon père est allé à Lyon; il y est encore (c'est un état). Mon père a êlê à Lyon; il en est revenu (simple action). L'Académie, au verbe Être, fait, avec justesse, cette distinction.

Éteuf, prononcez êleu^ petite balle pour jouer à la paume.

ÉVITER, pour : ÉPARGNER.

Éviter (du latin evitare, écarter de son chemin, via), indique que le sujet du verbe fait l'action pour son propre compte : J'évite quelqu'un, un danger, je m'en détourne, je tâche de ne pas le rencontrer. C'est donc un pléonasme de dire : Je ni'êvite un danger, une peine. Par conséquent : Éviter une peine à quelqu'un, n'a pas de sens. Il faut dire : épargner une peine à quelqu'un.

Page 1