‹ Le péril de la langue françaiseChapitre 97 sur 142 · PRÊTÉ · texte numérisé non relu

PRÊTÉ

a fait : justes représailles. Prêté pour un rendu ^

est peu clair; on attendrait plutôt : C'est un \

rendu pour un prêté. En effet, la personne qui ]

nous a fait du mal ne voulait pas qu'on lui ren \

dît la pareille. Dans ce sens, il n'est pas juste de \

dire qu'elle a prêté pour qu'on rendît. C'est nous ^

qui rendons la pareille, souvent contre l'inten- '

tion d'autrui et pour le mal qu'on nous a fait. {

C'est un prêté rendu, simplement, est donc plus \

logique et plus vif. j

UNE PAUVRE, substantif, pour : UNE PAU- j

VRESSE. î

P«Mire, quand il est substantif et non adjectif, l

fait toujours, au féminin, pauvresse. Donner Vau- 'i

mône à une pauvresse (Académie). ' \

Peindre, pour : peinturer. j

Depuis longtemps une confusion fâcheuse s' est j établie, au sujet de ces deux verbes. Peinturer, ] peinturage et peintureur, se disent spécialement ] de l'action de passer une couleur sur un mur, sur 1 du fer, du bois, etc.: c'est l'action du vulgaire bar- l bouilleur. 11 faudrait réserver peindre, peinture \ et peintre, à ce qui représente au moins une ten- \ tative d'art : Peindre un plafond (le décorer); j peindre un portrait. ^

Cette confusion de peindre avec peinturer est une manifestation de la tendance qu'ont les gens \ de certaines professions à rehausser leur métier, ; à l'aide de mots souvent prétentieux. Nos vieux h et bons serviteurs sont devenues des domestiques, '] puis des gens de maison; le barbier est devenu un <;

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