SERIE ET
ur
existé, chez les peuples du Yucatan et du Nicaragua, une culture supérieure à celle des nations du nord et du midi, I paraît à peu près certain aujourd’hui que ces peuples, dont l’établissement est antérieur à celui des Aztèques ou Mexicains, connaissaient l’écriture. On trouve du moins sur les monuments de Palenqué des signes qui figurent un nombre trèsvarié de clefs, dont le sens est d’ailleurs demeuré presque entièrement inconnu malgré les louables tentatives de M. Aubin, dont l'ouvrage doit paraitre incessamment.
Pendant que les travaux des deux voyageurs anglais, ou plutôt américains (1), se répandaient en Europe, le grand ouvrage de Kingsborough (2) faisait connaître en détail les antiquités mexicaines. Enfin, deux savants, qui ont consacré leur vie à étudier les anciens manuscrits de Mexico, préparent d'importantes publications sur le système d'écriture usité chez les Aztèques et sur l’histoire de ces peuples avant le xvi° siècle. L’un est M. Ramirez, directeur du Musée des Antiques à Mexico; Pautre, M. Aubin, qui possède, à Paris, la plus riche collection de peintures mexicaines qui existe. Ainsi, grâce aux ouvrages déja publiés sur les monuments et les institutions du Mexique, grâce aux travaux actuels des archéologues et des épigraphistes, on connaîtra bientôt l’histoire de ce pays depuis la fin du xn° siècle de J.-C, , époque de l’arrivée des Aztè- (
) MM. Squier et Stephens sont tous deux des États-Unis. ) \#/
K'ingsborough's Mexican Antiquities. 9 vol. in-fol,
ANS pts ERP
Eee
ques dans l'Anahuac, avec la suite non interrompue des rois et les dates de leur avénement; on doit espérer même pouvoir remonter avec certitude jusqu'aux temps antérieurs de plusieurs siècles à cette grande révolution : Car les peintures nous permettraient, à ce que l’on assure, de reconstruire les annales du Mexique depuis l’année 620 de notre ére.
Il s’en faut bien que nous ayons pour le Pérou une mine aussi riche de documents. Cette différence s’explique d’un seul mot : les Péruviens ne connaissaient pas l'écriture. Il est vrai que plusieurs des auteurs, qui ont traité de l’histoire de cette contrée, afirment qu'à une certaine époque, l'usage a existé de tracer des caractères sur des parchemins appelés quilcas. Montesinos , qui a recueilli cette tradition , rapporte que Pachacuti TT, l’un des rois prédécesseurs des Incas, ayant consulté Viracocha, le dieu suprême, déclara que c'étaient les lettres qui avaient occasionné tous les malheurs qui désolaient le Pérou : la peste, l’anarchie, la corruption des mœurs ; en conséquence , il défendit, sous les peines les plus sévères, l'usage de l'écriture, et, pour faire un exemple, il fit brüler vif un Amauta qui avait osé enfreindre ses ordres (1). Le même historien ajoute que c’est à dater de cette époque qu’on inventa, pour conserver le souvenir des événements historiques,
(1) Mémoires historiques sur l'ancien Pérou, par le licencié
Montesinos (publié pour la première fois, traduit, dans la collection Ternaux-Compans. Paris, 1840), p, 118-119.