‹ Le Pérou économique;Chapitre 13 sur 35 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

I. Aperçu historique et géographique du Pérou. — II. Pizarre et Almagro. — III. L'Indépendance. — IV. Territoire perdu. — V. Situation. Superficie actuelle. — VI. Configuration du sol. — VII. Divisions physiques. — VIII. Climat.

I. — C'est au commencement du xvi® siècle (1525) que le Pérou fut découvert. François Pizarre, un ancien porcher devenu officier et compagnon de Cortez, apprit à Panama qu'il existait sur la même côte, à quelques centaines de lieues au sud, une région où l'or, disait-on, était aussi abondant que le fer dans d'autres pays. Poussé par l'espoir du lucre et secondé par un autre aventurier espagnol, Diego de Almagro, Pizarre se mita la recherche de cette nouvelle Toison d'or.

Après avoir surmonté de grosses difficultés, les deux aventuriers abordèrent au Pérou dans la région de Tumbes ; ils se trouvèrent dans un empire fort bien administré, et dont la civilisation était relativement avancée.

Les Incas, monarques absolus de cet immense terri-

toire, avaient étendu leur domination depuis l'Equateur jusqu'aux confins de la zone tempérée, c'est-à-dire sur presque tout le territoire qui compose aujourd'hui les républiques de l'Equateur, du Pérou, de Bolivie et une grande partie du Chili actuel. La capitale de cet état était le Cuzco, situé au centre du gouvernement du Pérou.

A l'arrivée des Espagnols, le pays était ravagé par la guerre civile; deux frères, Huascar et Atahualpa, se disputaient le pouvoir laissé vacant par la mort de leur père, Huayna Gapac. Huascar, l'Inca légitime, gouvernait à Cuzco, Atahualpa commandait à Quito.

II. — Pizarre profita habilement de cette situation; par un coup d'audace et de perfidie, il s'empara d'iVtahualpa, resté vainqueur de son frère qu'il venait de faire périr. Après qu'il eut aidé ses vainqueurs à conquérir le pays, Atahualpa fut à son tour étranglé après une parodie de jugement, malgré les promesses et les engagements pris par Pizarre. L'empire presque entier tomba ainsi entre les mains des Espagnols, qui le pillèrent et le ravagèrent sous prétexte d'en entreprendre la soumission.

Celle-ci ne s'acheva pas sans peine, trop de convoitises avaient été allumées, trop de sang répandu; la conquête à peine consommée, la discorde se mit parmi les conquérants ; la cupidité, la jalousie, la haine empêchèrent les vainqueurs de partager tranquillement leur proie.

Almagro, âgé de soixante-dix ans, lutte contre deux frères de Pizarre; il est vaincu et meurt étranglé, puis décapité. Mais, juste retour des choses d'ici-bas, Pizarre et ses quatre frères périssent aussi de mort violente. François Pizarre exerce pendant sept ans le pouvoir d'un Inca, puis il est assassiné par ceux-là mêmes qu'il a enrichis, A treize ans de date delà conquête effective (1538) le dernier des Pizarre, Gonzalo, qui s'était proclamé dicta-

teur, est vaincu par le vice-roi Pedro de la Gasca qui le fait décapiter. Ceux qui avaient donné à l'Espagne le tiers d'un continent moururent donc tous au Pérou, victimes de leurs discordes et de leur ambition.

Avec l'arrivée des Espagnols qui ne respectèrent rien des institutions établies, ce fut la fin du bien-être relatif dont jouissait la grande masse de la population. L'agriculture, qui était un grand honneur, fut abandonnée pour l'exploitation à outrance des métaux précieux. Les plaines aujourd'hui arides de la Costa étaient irriguées par un admirable système d'aqueducs, et les pentes mêmes des monts étaient aménagées pour la culture à l'aide de gradins superposés. A l'heure actuelle, les vestiges de ces travaux font encore l'admiration des étrangers qui ont l'occasion de les visiter.

Quand Pizarre en entreprit la conquête, le Pérou possédait aussi un magnifique système de chaussées, routes et chemins vicinaux qui reliaient entre elles les différentes parties du pays. Uniquement guidés parla soif de l'or, les Espagnols ne respectèrent rien pendant les trois siècles que dura leur domination ; aujourd'hui, tous ces travaux ont cessé d'exister, et de ces chemins royaux construits par les Incas et comparables aux grandes voies romaines, il ne reste plus que des vestiges, de grande importance sans doute au point de vue archéologique, mais de peu d'intérêt au point de vue pratique.

Courbé sous le rude joug de l'Espagne, le Pérou déclina rapidement, les sommes immenses retirées de ses mines étant toutes expédiées en Espagne. La population, qui était de 10.000.000 d'habitants se réduisit à moins de deux; il faut en chercher la raison dans les massacres d'indigènes que provoqua le fanatisme espagnol, et surtout dans le rude impôt de la mita, qui en fit périr un grand nombre

dans les mines. L'agriculture, complètement délaissée, fut ruinée.

III. — Après divers soulèvements indigènes qui furent noyés dans le sang, les créoles, durement opprimés par la mère-patrie, s'agitèrent et à l'exemple des autres possessions espagnoles, tentèrent de conquérir leur indépendance pendant les premières années du xix® siècle. Plusieurs insurrections furent étouffées et réprimées avec énergie ; enfin grâce à l'appui des jeunes républiques voisines, le Pérou secoua le joug de FEspagne, en 1821, après les batailles de Junin et de Ayacucho. Toutefois, ce n'est qu'en 1825 que l'indépendance du Pérou fut définitivement proclamée. C'est à Simon Bolivar, le libérateur, que les Péruviens doivent leur indépendance ; son lieutenant, le général Sucre, fut le véritable fondateur du Haut-Pérou qu'il érigea en république indépendante sous le nom de Bolivia.

Malheureusement l'existence de cette jeune nation fut très souvent agitée par des convulsions politiques qui entravèrent assez fréquemment son développement. De 1870 à 1879 le Pérou traversa une véritable ère de prospérité ; c'est pendant cette période de paix que furent entrepris un grand nombre de travaux d'utilité publique, parmi lesquels plusieurs lignes ferrées, choisies à tort et à travers peut-être, mais dont deux sont d'une utilité incontestable.

IV. — Cet essor fut arrêté par la funeste guerre dite du Pacifique ;le Chili, vainqueur, enleva au Pérou deux de ses plus riches départements, Tacna et Arica, avec Tarapaca et l'Atacama, soit près de 130.000 kilomètres carrés. Cette occupation était limitée à dix années, après lesquelles un plébiscite devait désigner à quelle nation ces provinces revenaient définitivement ; l'état favorisé était obligé de payer à l'autre une indemnité de dix millions

de soles. Mais vingt-sept années se sont écoulées et cette clause a toujours été éludée par le vainqueur, qui ne semble pas du tout disposé à procéder à cette consultation.

Toutefois la tension qui existait à ce sujet entre les deux pays serait près de prendre fin. En effet, un accord a été conclu, en novembre 1912, entre le Pérou et le Chili. Il en résulte que le plébiscite sur la souveraineté des provinces d'Arica et Tacna est ajourné exactement jusqu'en 1933 ; le Chili paiera au Pérou dans l'intervalle, une redevance annuelle pour l'occupation de ces provinces. Les modalités du plébiscite et la désignation de ceux des habitants qui seront qualifiés pour y prendre part feront l'objet des négociations qui sont engagées non seulement pour terminer ce différend, mais en vue de la conclusion d'un traité de commerce.

V. — Le Pérou, on le sait, se trouve situé sur la côte du Pacifique, presque au centre de l'Amérique du Sud.

Il s'étend depuis 1°29, jusqu'à 19''13, au sud de l'Equateur, et entre les 64^ et 83^ degrés de longitude ouest de Paris.

Le Pérou est limité au nord par l'Equateur, au nord-est par la Colombie, à l'est par le Brésil, au sud-est par la Bolivie et au sud par le Chili.

C'est un principe convenu entre toutes les républiques hispano-américaines, de prendre comme point de départ, pour toute démarcation de frontière, les mêmes limites possédées par les différentes circonscriptions coloniales de l'Espagne avant l'indépendance. Mais par le fait que les frontières de ces circonscriptions ne furent jamais déterminées avec précision, les calculs fait sur des cartes ne pouvant être qu'approximatifs, des prétentions contradictoires se produisirent chaque fois que, sur les frontières

imprécises, des régions, jusqu'alors dédaignées, se révélèrent comme recelant d'importants gisements miniers ou des richesses naturelles en abondance.

Le Pérou n'échappe pas à ces difficultés et des territoires immenses lui sont contestés par la Bolivie et le Brésil ; la frontière nord est encore en litige avec l'Equateur qui réclame tout le pays, jusqu'à la rive gauche du Marafion ainsi que la province de Jaen occupée en fait par le Pérou. Il en est de même sur le Béni et le Yurua avec le Brésil et la Bolivie. Cependant, ces différends qui portent tous sur des régions situées dans le bassin de l'Amazone, seront tranchés à l'amiable ou par voie d'arbitrage entre les États intéressés. C'est pourquoi la superficie exacte du Pérou ne peut être donnée qu'approximativement.

VI. — Si l'on considère comme acquis les territoires disputés des frontières, la superficie du Pérou serait, d'après Paz Soldan, de 1.811.640 kilomètres carrés, en déduisant les 122.000 kilomètres perdus après la guerre du Chili. Ce n'est là, encore, qu'un chiffre approximatif et provisoire; d'après les calculs les plus récents, la superficie actuelle du Pérou serait de 1.806.894 kilomètres carrés. Divers traités de géographie donnent le chiffre de 1. 111.000 kilomètres carrés, ceux-là sont trop loin de la vérité pour être pris en considération. Il n'est peut-être pas inutile de donner, ici, un aperçu sommaire de la configuration de ce territoire dont l'aspect est extrêmement varié.

Dès que l'on quitte la côte, longue bande qui s'étend sur une largeur de 150 kilomètres et jusqu'à une altitude de 1.500 à 2.000 mètres au-dessus du niveau de la mer, le terrain, qui s'élève sensiblement, est croisé en toutes directions par les chaînons de la Cordillère Occidentale, car la CoRDiLLiiRE DES Andes qui, du sud au nord, parcourt

toute l'Amérique, se divise à son entrée au Pérou en ramifications et contreforts qui suivent la direction de l'Est et se séparent peu à peu; l'autre chaîne, qui longe la côte dans une direction parallèle à celle des Andes, se nomme Cordillère de la côte ou Cordillère Occidentale. C'est cette chaîne qu'il faut franchir par un certain nombre de passages nommés portachuelos, pasos, abras, pour descendre dans la sierra, qui est le territoire compris entre les deux chaînes qui partage tout le Pérou, jusqu'à une altitude de 3.500 mètres. C'est après avoir traversé la sierra et franchi, ou plutôt traversé, les Andes, ou Cordillères Orientales, que l'on se trouve dans la partie la plus vaste, la plus belle et la plus riche du Pérou, en même temps que la moins connue. Cette région, la Montana, est sillonnée par un magnifique réseau de fleuves, le Napo, l'Ucayali, le Maranon, le Purus, le Yurua, le Madré de Dios, le Madeira, etc., qui descendent ou coupent les Cordillères pour se réunir au géant des fleuves, l'Amazone.

La longueur du littoral péruvien, qui s'étend depuis la crique Santa Rosa jusqu'à la vallée du rio Sama (1), est de plus de 2.000 kilomètres. La largeur la plus grande du territoire se trouve sous le parallèle, 6°45, où cette largeur atteint 2.000 kilomètres à peu près.

Vil. — Cet immense territoire est divisé de l'est à l'ouest, du Pacifique au bassin de l'Amazone, en trois grandes zones bien caractérisées : la Costa ou côte, la Sierra et la Montana (2) qui se subdivisent à leur tour en trois autres régions : la Cordillera, laPuna et la Ceja de Montana (sourcil de la Montana). Quelques-unes de ces

(1) S'en tenant au traité d'Ancon, les Péruviens reportent cette limite à la quebrada de Camarones.

(2) Au Pérou, en Bolivie et en Colombie, le mot montana ou monte ne désigne- pas une élévation de terrain, mais des régions orientales couvertes de forêts vierges et généralement peu connues.

régions peuvent encore se diviser en autres de second ordre, mais nous ne ferons qu'indiquer leur position relative et leur altitude approximative au-dessas du niveau de la mer, en décrivant plus longuement chacune de ces zones, qui feront l'objet de chapitres spéciaux.

La région de la Costa s'étend depuis le niveau de l'Océan Pacifique jusqu'à 1,500 ou 2.000 mètres au-dessus du niveau de la mer.

La Sierra comprend la zone située depuis la limite supérieure de la côte, jusqu'à une altitude de 3.500 mètres, elle peut être divisée en Gisandine ou Interandine, soit qu'elle se trouve située dans la partie occidentale de la Cordillère, ou bien dans la partie cultivable qui se trouve enserrée entre les deux Cordillères.

Dans la sierra, le sol est rempli d'énormes inégalités, on y voit aussi des pics, des crêtes prolongées et couvertes de neige, que l'on nomme Cordilleras, wesas, (table) altiplanicie (hauts plateaux) altos, mais qui sont généralement connus sous le nom de Puna; vallées longitudinales et transversales, ravins plus ou moins profonds, défilés bordés de précipices, appelés mauvais pas et balcones.

La Puna embrasse la région froide, comprise entre la limite supérieure de la Sierra et 4.500 mètres d'altitude.

La région de la Cordillera comprend toute la partie culminante des chaînes de montagnes qui, sous le même nom, sillonnent le Pérou dans toute sa longueur.

La Geja de la Montana forme une zone transandine sur le versant oriental de la seconde Cordillère. Par son altitude au-dessus du niveau de la mer, entre 3-500 et 1.200 mètres, la Cejade Montana correspond à la Sierra, mais par son climat et ses productions elle n'en constitue pas moins une région entièrement distincte.

Enfin la zone immense nommée fort improprement Montana, car elle devrait être désignée sous le nom de région des forêts, s'étend sur le versant oriental depuis 1.200 mètres d'altitude jusqu'aux immenses plaines baignées par l'immense Amazone.

C'est la partie la plus étendue et en même temps la moins connue du Pérou.

Il est difficile, pour quiconque n'a pas parcouru personnellement les différentes zones du Pérou, de se représenter exactement les scènes variées qu'offre la nature dans ce pays, où en quelques heures le voyageur voit défiler devant ses yeux des sites si différents qu'il devrait, pour en trouver d'analogues, parcourir les régions les plus opposées du globe.

VIII. — En raison de sa situation dans la zone torride et à cause des grandes inégalités d'élévation que présente son territoire, le Pérou offre tous les phénomènes météorologiques de l'univers, c'est dire que sou climat est extrêmement varié.

Toute la région du littoral et de la Costa jouit d'un climat agréable, les phénomènes météorologiques y sont extrêmement bénins. Il n'y pleut jamais, excepté pendant l'hiver (on sait que le Pérou étant situé dans l'hémisphère sud, les saisons s'y succèdent dans un ordre inverse à celui qu'on observe en France), et dans ce cas, la pluie est tellement fine que c'est plutôt une sorte de brouillard ; on la nomme garua. et à peine parvient-elle à mouiller le sol. Dans certaines parties du littoral, les pluies sont absolument inconnues. A partir du 7® degré parallèle au nord, il pleut en abondance mais seulement tous les six ou sept ans.

On explique ce phénomène de la manière suivante : les vents alizés soufflent de l'iVtlautique du sud-ouest au

nord-ouest et, obéissant à cette force impulsive, traversent obliquement l'Amérique du Sud, sur une étendue longitudinale de plus de 2.000 milles géographiques, déchargeant à leur passage dans les Cordillères du Brésil une grande quantité de vapeurs aqueuses qu'ils entraînent de la mer ; la chaîne des Andes condensant encore le restant des vapeurs que ces vents contiennent, ils privent ainsi le littoral de l'unique source d'humidité que pourrait renfermer son atmosphère.

Dans la Costa, les mois les plus froids sont ceux de juillet et août qui correspondent à l'hiver; celui-ci, qui dure de mai à octobre, ne se distingue que par un ciel plus sombre un peu voilé et par la garua ; le thermomètre ne descend pas à plus de 11 degrés au-dessous de zéro. Janvier et février sont les mois les plus chauds de l'été, cependant, le thermomètre atteint rarement 30 et 32 degrés; la température moyenne est de 20 degrés centigrades. Le printemps et l'automne sont deux saisons à peine perceptibles, car leur température se confond avec les autres. Les nuits y sont toujours fraîches. Le climat de la côte est donc agréable, presque tempéré, et surtout uniforme.

La raison d'une température aussi douce, à quelques degrés à peine de l'Equateur, n'est autre que l'action réfrigérante du courant de Humboldt, courant sou-smarin d'eau froide venu des mers antarctiques qui, du sud-est au nordouest, longe toute la côte péruvienne pour se mêler au courant équatorien dans les eaux du Guayaquil. Les brises constantes du sud, qui sont parallèles au courant, contribuent aussi à rafraîchir l'atmosphère. Pour trouver un climat tempéré, et même froid, il suffit de prendre la route conduisant à la Sierra par les premiers versants des Andes ou plus simplement le chemin de fer dit de la Oroya ; à chaque station, la température devient moins

chaude. Le froid commence à se faire sentir à Matucana, à 2.373 mètres d'altitude; il est plus intense à San Mateo (3.209 mètres), etc., etc. Divers centres comme Pura, sur la Costa, et Jauja dans la Sierra de Junin, ont la réputation, qui paraît justifiée, de posséder des propriétés curatives pour les rhumatismes et les maladies pulmonaires.

Dans la Sierra qui occupe presque un tiers du territoire péruvien, et qui est le centre de l'industrie minière, toutes les localités situées entre 1.000 et 3.000 mètres d'altitude ont des climats tempérés et sains. La température est plus froide lorsqu'on s'approche des sommets, au contraire elle est tout à fait tropicale au fond des vallées profondes et latérales à la Sierra.

Pendant l'été de novembre à mai, il pleut fréquemment et à torrents dans la Sierra; c'est à cause de ces pluies que cette saison est appelée hiver dans cette région; la saison sèche est nommée été. On y observe aussi que les tempêtes, accompagnées de décharges électriques, ont généralement lieu au lever du soleil ou au milieu du jour, mais presque jamais la nuit, sauf quand les pluies se prolongent pendant plusieurs jours.

Lorsqu'on a dépassé la Cordillera Orientale, on se trouve dans la Montana ou région des forêts ; à mesure que l'on descend vers le bassin de l'Amazone la température s'élève constamment pour atteindre son maximum au bord des grands affluents péruviens de l'Amazone.

La situation géographique de cette région qui s'étend sous des latitudes tropicales, l'orientation de ses vallées, l'abondance des eaux, l'influence des pluies et l'étendue des forêts, déterminent une température chaude et humide dans les terres basses, chaude mais plus sèche sur les collines et les plateaux.

Dans la Montana, les pluies sont très fréquentes, sur-

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tout pendant les premiers mois de l'année, avec cette particularité, que les matinées sont sereines et que les orages commencent vers midi. Les saisons delà Montana concordent exactement avec celles de la Sierra des altitudes correspondantes, mais dans la zone des forêts il n'y a pas de saison sèche proprement dite, car il y pleut par intervalles, toute l'année.

En résumé, le Pérou doit à son climat de n'avoir pas de maladies épidémiques ; dans les rares occasions où la fièvre jaune fit son apparition elle fut bénigne et facilement combattue. Quelques maladies locales sont cependant à signaler ; c'est tout d'abord la terciana, (fièvre tierce), qui sévit pendant quelques périodes de l'été et de l'automne, dans les vallées et les lieux marécageux de la Costa, certains endroits du département de Lima et dans les chaudes et profondes vallées de la partie occidentale interandine, spécialement à la jonction de quelques rivières avec leurs affluents.

Sur la Costa il est rare que les accès de fièvre tierce, contractés parfois par les nouveaux débarqués au début de leur séjour, se renouvellent si ceux-ci ne commettent d'abus d'aucune sorte. C'est comme un acclimatement.

Les brusques variations de température, dans la Sierra, occasionnent des pneumonies; dans certaines vallées de cette zone le goitre est fréquent ainsi que les verrues. Ces affections particulières aux indigènes sont dues à leur mauvaise alimentation et à leurs mauvaises habitudes hygiéniques.

Dans la Montana, les maladies à éviter sont les fièvres intermittentes, la dysenterie et l'anémie.

La mortalité n'est pas très élevée, et, dans la majeure partie des cas, n'est pas due aux conditions du climat, mais plutôt au manque d'hygiène, à la mauvaise alimen-

tation de la population. Avec quelques précautions, même dans les régions considérées comme les moins salubres, la vie peut se prolonger aussi normalement que dans les pays considérés comme les plus favorisés.

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