VI PREFACE
parer avec ses voisms, si différents de lui, avec te Chilien, avec le Brésilien, avec l'Argentin, etc. L'auteur n était pas embarrassé pour le faire. Pendant six ans, il a visité la République Argentine, le Paraguay, le littoral du Brésil, l'Amazonie, la Terre de Feu, le Pérou. Il n a jamais été le touriste qui passe, il a connu les industries les plus diverses, il a mis, comme on dit, M main à la pâte, il s'est occupé de commerce, il a travaillé dans les mines, il a été acheteur de caoutchouc. Les choses dont il parle sont des choses vécues.
Un homme pratique comme M. Paul Walle ne peut et ne veut écrire qu'un livre pratique. Qu'on ne cherche donc pas dans soti travail les descriptions du globetrotter en quête de sensations fugitives et de vues photographiques. Non, M. Paul Walle n'a cherché qu'à faire un livre utile, un livre qui servit à ceux qui, désireux d'aller travailler au Pérou, ont besoin de renseig?iemefits précis et de statistiques documentées. Pourtant» à son insu sans doute, en lisant quelques phrases très courtes, on devi?ie parfois toute la beauté du pays; on sent que Walle aime le Pérou dont il parle, qu'il s'est aperçu peut-être, en écriva?it son livre, qu'il rai?nait plus qu'il ne le croyait lui-même, qu'à chaque page il revivait les jours bons et mauvais qu'il y a connus, les émotions qu'il y a ressenties, et qu'il y retrouvait avec joie, si chers et si frais, ses souvenirs d une jeutiesse aventureuse sous un ciel hospitalier au pied des grandes Andes aux neiges éternelles \
On sent aussi qu'une question économique — celle-là mèyne qui inquiète tant de bons Français — se pose impérieuse à l'esprit de M. Paul Walle : dans l'Amérique du Sud, la concurrence étrangère apparaît sur tous les marchés, la lutte est brutale, les appétits insatiables; le commerce français devrait se montrer plus habile, nos capitaux plus entreprenants. Au Pérou la situation est encore bonne pour nous, l'avenir, si nous le