II. — Aujourd'hui que la tranquillité règne au Pérou, et
que la stabilité du pouvoir semble définitivement établie, le gouvernement s'efforce à nouveau d'attirer dans le pays des travailleurs et des colons. C'est dans ce but que le Président de la République promulgua, à la fin de 1906, un décret accordant certaines facilités de voyage aux étrangers désireux de venir s'installer au Pérou.
IIÏ. — Par ce décret, l'État facilite le voyage en troisième classe aux artisans et agriculteurs yankees, aux Européens qui seraient nécessaires aux entreprises industrielles ou à des particuliers ; ces émiyrants devront réunir les conditions suivantes :
1° Avoir de 10 à 50 ans pour les hommes et 10 à 40 pour les femmes, offrir les garanties de moralité et de santé prescrites.
2" S'engager à travailler dans les entreprises agricoles, minières, industrielles ou commerciales, ou pour le compte d'entreprises de colonisation, d'immigration ou d'irrigation.
3° Le paiement des passages s'effectuera par les consuls péruviens dans les ports d'embarquement, d'après des ordres cablographiques expédiés par le ministre de Fomento ; les personnes intéressées devront se présenter, demandant les dits passages, et indiquer l'exploitation agricole ou l'établissement industriel auxquels ils sont destinés. Les demandeurs devront aussi se déclarer prêts à procurer des logements, l'alimentation et les secours médicaux au personnel demandé, depuis le port d'arrivée jusqu'à l'établissement de leur destination.
Les consuls péruviens, au reçu de l'ordre cablographique du ministre de Fomento, devront payer aux compagnies de navigation le montant des passages ; ils se seront au préalable rendu compte que les immigrants remplissent les conditions désignées. Chaque imnngraut
recevra, avant son départ, un certificat qu'il devra donner à son arrivée à l'autorité maritime du port de débarquement, pour être remis au ministre de Fomento.
Ces facilités auront pour résultat de procurer une maind'œuvre plus choisie aux établissements agricoles, industriels et miniers.
A notre avis, le Pérou ne doit pas compter, pour l'instant, sur un fort courant d'immigration qu'il n'est pas en mesure de recevoir ; mais sur une émigration spontanée et permanente, la seule favorable et avantageuse au pays. Devant l'esprit d'association qui se développe de plus en plus au Pérou, les demandes de bras se font chaque jour plus nombreuses, particulièrement dans les grandes entreprises d'irrigation de territoire dans la Costa, et celles de constructions de chemins de fer. Les travailleurs japonais qui commencent à affluer dans le pays sont la seule main-d'œuvre sur laquelle on puisse compter, avec les quelques éléments nationaux ; mais ils sont encore en nombre insuffisant.
Ce n'est qu'après l'ouverture du canal de Panama, que le Pérou verra couler vers lui un certain courant d'immigrants; c'est dans cette prévision, que le gouvernement doit se préparer à offrir aux émigrants des terres peu éloignées et dans des conditions acceptables. C'est dans ce but que seront irrigués des terrains immenses dans les régions traversées par les rios Chira et Santa, les plus importants cours d'eau de la côte péruvienne. La construction du chemin de fer oriental facilitera l'accès de vastes zones que se disputera plus tard l'émigration européenne. A ce moment môme, malgré les promesses et les avantages accordés, nous ne conseillons pas aux colons qui seraient immanquablement séduits par l'attrait de la Montana, de s'établir ailleurs que dans la zone nommée
Ceja de Montana, où le climat et la nature leur seront également favorables ; les parties basses doivent être abandonnées aux hommes de couleur, qui, mieux que les blancs, peuvent résister aux fièvres, sinon aux moustiques.
IV. — Pour nous résumer, nous devons dire que dans l'état actuel, c'est surtout aux capitalistes, aux négociants et aux industriels que le Pérou offre un immense champ d'action, car c'est assurément un des pays les mieux doués en diversité et abondance de ressources, et les grandes entreprises ont le choix entre l'industrie minière, l'industrie pastorale, l'industrie agricole, — cette dernière sur la Costa, dans des terrains irrigués qui produiront ce qu'on voudra, — et enfin l'exploitation des multiples et abondantes richesses naturelles accumulées dans les merveilleuses forêts de la Montana.
La réussite est assurée, là-bas, aux sociétés qui, rompant avec toute routine, voudront s'organiser sur des bases solides, s'éviter tout d'abord les frais d'un haut personnel européen, qui, souvent incapable, et ignorant tout du pays où il est envoyé, part avec l'illusion de faire sans peine une fortune rapide. Découragés avant d'être quelque peu accoutumés aux usages et à la langue du pays, avant de s'être acclimatés, ils rentrent le plus souvent en Europe avant d'avoir fait œuvre utile.
Dans cet ordre d'idées, les meilleurs résultats ont toujours été obtenus par les sociétés fondées entre un petit nombre de capitalistes, qui dirigent et surveillent euxmêmes leurs affaires sans l'intervention des banques d'émission qui ne s'intéressent aux meilleures conceptions financières et commerciales en pays lointain, que jusqu'à l'heure où elles ont pu faire coter leurs valeurs, et s'en débarrassent après avoir touché d'importantes commis-
siens. Cette raison, avec le mauvais recrutement du personnel, avec les frais occasionnés par de nombreux administrateurs et directeurs touchant des émoluments princiers, et l'aménagement à grands frais de locaux somptueux comme siège social, explique la déconfiture de nombre de sociétés qui mieux comprises et mieux administrées auraient pu donner de copieux bénéfices.
V. — Nous ajouterons enfin quelques conseils pour ceux qui, séduits par le caractère franc, loyal et généreux du Péruvien, par la douceur du climat et la sérénité du ciel, par les ressources sans nombre d'une terre fertile, voudraient tenter de conquérir au Pérou l'aisance et l'indépendance. Mais hâtons-nous de dire que les débuts ne sont pas exempts de fatigues et de difficultés, plus ou moins faciles à vaincre.
Tout émigrant doit éviter d'emporter avec lui des choses inutiles, et dès qu'il doute s'il doit faire un achat ou non en vue de son expatriation, il fera mieux de conserver son argent pour acheter sur place et souvent dans de meilleures conditions des objets plus appropriés aux besoins et aux conditions de la vie locale. Cependant nous conseillons les objets suivants :
VI. — Literie complète, emballée en sac, toutefois sans excès, car ce n'est que dans les régions froides de la Sierra, qu'une literie chaude est indispensable, sur la Costa et dans la Montana ce n'est qu'occasionnellement que l'on dort dans des lits, généralement on n'emploie que des couvertures; linge de corps et de table; vêtements légers en coton et en toile, y ajouter le molleton pour la Montana et les hautes bottes et souliers à lacets; chomises ; les ustensiles de ménage et de cuisine, batterie de cuisine, vaisselle, couteaux, cuillers, fourchettes, etc., mais sans excès ; il ne faut pas oublier les outils qui
LE Mrou économique 375
sont nécessaires au métier. Pour les ustensiles d'agriculture, il ne sera nécessaire, pendant les premiers temps, dans la forêt vierge (lorsqu'il s'agit de la Montana), que de posséder des haches, des pics, des bêches, des serpes, des sabres d'abatis (machété), qu'il vaut mieux acheter sur place d'après les modèles en usage ; un fusil de chasse avec un canon à plomb et un canon à balles est très recommandable dans la Montana, une carabine genre winchester n'est pas à dédaigner pour les colons isolés. Le colon pourra déposer son argent dans une banque d'Europe et demandera des lettres de crédit sur Lima; l'argent monnayé qu'il emportera sera de préférence en livres anglaises ou en or français.
Le passeport n'est pas nécessaire pour l'Amérique, mais il est bon de se munir de papiers d'état civil ; il y a toujours lieu, pour les hommes ayant accompli leur service, de se mettre en règle avec l'autorité militaire (une simple déclaration).
VII. — Nous l'avons dit plus haut, dans beaucoup de districts du Pérou, la main-d'œuvre pour les travaux agricoles ou industriels est assez difficile à trouver et, pour ce motif, il est prudent de ne placer un grand capital dans l'agriculture qu'après avoir étudié les conditions sur place. Par contre l'élevage du bétail offre un avenir plein de promesses, dans les départements de Piura, Libertad, Lima et Junin, à l'émigrant travailleur et persévérant qui possède un capital même minime, il va sans dire qu'il s'agit d'élevage sur une petite échelle.
Toutefois, nous ne saurions assez mettre en garde les personnes disposées à émigrer contre l'idée de partir sans ressources suffisantes, pour essayer de se créer un foyer à l'étranger. Après qu'il a obtenu des terrains, qu'il a commencé le travail, l'émigrant a encore à faire face à des
dépenses imprévues, de sorte qu'il se voit forcé, s'il ne possède rien, à contracter des dettes et à végéter plus longtemps.
Il est difficile de dire, sinon au point de vue général, quels sont les émigrants qui réussiront le mieux au Pérou et de quels moyens ils doivent disposer, car tout dépend des capacités, de la profession et des exigences de chacun. Les agriculteurs, les éleveurs de bestiaux et les artisans sont les plus recherchés. Pour l'élevage du bétail un capital de vingt à trente mille francs est nécessaire pour acheter des pâturages, des bestiaux et parvenir dans un temps donné, par une activité constante, au bienêtre.
Pour faire l'élevage sur une grande échelle, il faut un capital six ou huit fois plus élevé et parfois davantage. Les candidats feront bien de ne se risquer qu'après une période d'apprentissage dans le pays même et après avoir mûri leur décision par leur expérience et leurs observations personnelles. L'occasion de s'instruire sous ce rapport se trouvera toujours auprès d'éleveurs étrangers et indigènes, établis dans les nombreuses haciendas de la Costa ou de la Sierra.
Les agriculteurs feraient montre de sens pratique en travaillant pendant quelques semaines dans une hacienda de la côté ou dans une colonie existante, afin d'étudier les procédés de cultures locales, d'apprendre, avec quelques notions de la langue, la meilleure manière de traiter et de diriger les travailleurs indigènes pour en obtenir un travail utile. En un mot, faire une période d'apprentissage afin de ne pas gaspiller plus tard son avoir et son temps dans des essais infructueux.
Aucune famille de colon ne devrait émigrer sans disposer d'au moins 5.000 francs. La moitié suffit pour un
célibataire. — En aucun cas, à moins de sortir d'un institut agricole, on ne doit, en dehors des temps d'apprentissage, espérer gagner sa vie comme journalier, car les cultivateurs européens ne sauraient rivaliser avec les ouvriers indigènes dont les besoins sont beaucoup moindres. Après qu'il aura acquis quelques connaissances générales sur l'agriculture des pays, le colon devra devenir le maître de son propre terrain.
Certains Etats sud-américains, désireux d'attirer un grand nombre d'agriculteurs, accordent ou ont accordé des concessions gratuites déterres, des bestiaux, des outils, ainsi que des secours pécuniaires ; les résultats ne furent pas le plus souvent ce que Ton aurait cru, et peu à peu on abandonna ces modes de concessions qui ne sont plus accordées que dans des conditions déterminées.
L'expérience a démontré que plus certaines catégories de colons sont aidés personnellement, plus difficilement il leur vient à l'idée qu^il leur faudra finalement ne compter que sur leur travail; leursprétentions ne font qu'augmenter, et ils tardent plus longtemps à se procurer une situation satisfaisante.
Sauf quelques exceptions observées au Brésil, ces vérités subsistent pour la généralité des colonies ; elles ne sauraient être trop souvent répétées aux émigrants, et seuls, devraient émigrer, comme colons, les gens qui sont doués de la force de caractère nécessaire pour lutter, afin d'acquérir bien-être et indépendance, qui disposent des moyens pécuniaires indispensables, et surtout qui possèdent une certaine énergie morale, des aptitudes au travail et, il va sans dire, un bon tempérament et la force physique nécessaire.
VIII. — Tous les artisans des divers corps de métiers intelligents et appliqués, gagneront, en général, facilement
et largement leur existence (1) ; toutefois, nous insistons encore sur la nécessité de posséder quelques petites ressources, sur lesquelles on puisse compter en cas de maladie, ou pour s'assurer des moyens de retour, au cas où la nostalgie, qui est l'écueil des volontés flottantes, ne leur fasse abandonner leur nouvelle condition, avant d'avoir pris le temps de s'acclimater.
IX. — En ce qui concerne les personnes exerçant des professions libérales : médecins, professeurs, architectes, pharmaciens, ils sont nécessaires, mais en petit nombre, et et il est prudent de ne partir qu'avec un engagement préalable.
Enfin, au point de vue général pour les commençants, les recommandations suivantes peuvent ne pas être superflues :
1° Eviter toutes les sortes de jeux ; les hispano-américains sont joueurs comme les cartes... dans ces pays, comme partout d'ailleurs, le jeu est toujours une chose scabreuse et un sentier fort glissant.
Au point de vue commercial ne pas trop se découvrir. Eviter les procès, car si les procès sont partout longs et coûteux, ils le sont, si possible, davantage au Pérou.
Enfin, éviter de faire une trop grande concurrence aux autorités locales de l'intérieur, fonctionnaires métis ou indiens qui seraient eux-mêmes commerçants.
X. — Quiconque veut devenir colon dans la Montana du Pérou, doit avoir une grande force de volonté, de la persévérance dans l'apprentissage des travaux nécessaires et de l'endurance dans les difficultés inévitables ; pour cela, il faut non seulement une constitution saine et vigou-
(1) Les établissements de la côte occupeut et ont besoin de bons contremaîtres ou employés pour diriger les travaux des champs, de mécaniciens, raffineurs, distillateurs, charpentiers, forgerons, viticulteurs, etc.
reuse, mais un moral énergique. Ceux qui croient arriver àl'indépendynce et à la fortune av3c peu de peine feront mieux de ne pas s'expatrier. On ne doit pas émigrer pour changer de position, mais seulement avec la ferme intention de l'améliorer.
Tout colon doit compter, au commencement, sur une vie relativement précaire, tant qu'il n'aura pas installé son exploitation et ne se sera pas habitué aux conditions climatériques et autres. C'est un grand avantage d'être marié.
Dans la Montana, le colon ne devra pas oublier qu'en s'installant, il ne rencontrera que la forêt à perte de vue, que son premier travail sera de défricher, de déboiser plutôt, pour pouvoir semer.
C'est donc en s'installant aux côtés de ceux qui l'auront précédé, sur un bon chemin qui lui offrira toutes facilités, que le colon trouvera l'appui et les ressources qui lui assureront un établissement dans de bonnes conditions ; en déployant toute son énergie, il pourra de cette façon entreprendre sa tâche avec toute confiance dans l'avenir.
Il est donc préférable, pour le moment, de ne pas dépasser le Palcazu, déjà jalonné parplusieurs installations aux environ de Puerto-Mairo etde Puerto-Chuchurras.Le Pichis, le Chanchamayo, seraient excellents, la Pampa de iSacramento et le grand Pajonal meilleurs encore, mais ces dernières régions ne paraissent pas, pour l'instant du moins, présenter une sécurité suffisante pour les colons isolés, en raison des incursions des Indiens Campos, réfractaires à la civilisation. Pour notre part, nous ne considérons pas, nous l'avons déjà dit, la présence des Indiens comme un danger, mais plutôt comme un bienfait dans la plupart des cas. Il suffit de se les rendre fav:)rablesparde bons traitements.
XI. — Les pays transatlantiques ne sont pas un dé bouché pour les commerçants sans position : pour eux, il n'y a qu'un seul moyen d'occuper leur activité à l'étranger, c'est d'entrer dans une maison d'exportation européenne, et d'attendre l'occasion de se faire recommander par elle à des correspondants d'outre-mer, éventuellement placés chez eux.
Pour l'armée toujours croissante des prolétaires de l'instruction, la place manque plus encore. Pour cette classe si à plaindre de la société et de la civilisation moderne, il n'y a de place ni au Pérou ni ailleurs dans les républiques hispano-américaines. S'il est des cas où certaines de ces personnes instruites, tombées du haut de leur grandeur dans les rangs de la plèbe, ont pu se relever en Amérique, par leur force de caractère, leur volonté de parvenir et leurs aptitudes, en se soumettant tout d'abord aune vie de labeurs et parfois de privations, ce n'est là que l'exception; la majorité des prolétaires instruits, de tous les genres, fera beaucoup mieux dans son propre intérêt de ne pas aller grossir le nombre des déclassés, déjà nombreux dans les grandes capitales américaines.
Toutefois, on peut dire du Pérou que c'est un pays où ne sont misérables que les gens qui ne savent pas travailler ou qui ne le veulent pas. Le Pérou produit des matières alimentaires en abondance, ce qui fait que chacun, par son travail, peut gagner assez pour sa subsistance. L eraigrant qui est prudent dans le choix de l'endroit où il se fixe, et qui possède un avoir suffisant pour essayer de se rendre indépendant, peut arriver à ce résultat avec des ressources plus modestes que dans beaucoup de pays d'Europe.
XIL — Malgré la grande sympathie que nous avons pour ce pays, il serait exagéré de représenter le Pérou
comme un Eldorado fantastique; mais c'est un pays neuf, en grand progrès depuis qu'il jouit de la tranquillité politique, qui, il faut l'espérer, ne sera plus troublée, il ne manque que des bras et des capitaux pour donner une plus grande valeur à ses richesses minières et pastorales. C'est certainement un des pays les plus riches et les plus fertiles du monde, un de ceux où celui qui veut travailler et être économe, peut arriver rapidement à l'aisance sans efforts exorbitants ni privations.
Mais nous le répétons, là, moins que partout ailleurs il n'y a place pour l'inactif et l'inutile, mais pour les travailleurs industrieux et persévérants, qui ont la ferme volonté de parvenir, en se livrant au commerce, à l'industrie ou à l'agriculture, pour leur profit et pour celui du pays qui leur a donné l'hospitalité.
Tout en signalant quelques difficultés de détail, nous ne voudrions décourager personne d'aller s'établir au Pérou, nous avons une foi trop profonde dans l'avenir économique de ce pays pour que cette pensée puisse nous être attribuée. Mais, précisément, parce que nous souhaitons au Pérou une prospérité sans bornes, prospérité qui peut nous être profitable, nous voudrions lui éviter les éléments sans valeur qui, en même temps qu'ils discréditent le pays, déconsidèrent celui auquel ils appartiennent ; en tout cas nous avons considéré comme un devoir de conscience de dire les choses telles qu'elles sont.
Nous ne saurions au contraire trop inviter nos compatriotes qui ont des capitaux, à en placer une partie dans les grandes et moyennes entreprises sérieusement conçues et honnêtement dirigées, tant au point de vue commercial ou agricole que dans les exploitations minières et forestières. Dans quelques mois, au moment de l'ouverture de la grande voie interocéanique de Panama, toutes les nations
commerciales d'Europe, plus les Etats-Unis, auront les yeux fixés sur le Pérou, dont les produits et le crédit sont appelés à prendre sur les marchés européens un rang privilégié. Si nous voulons regagner, dans ce pays qui nous est ouvert, la situation prépondérante qui nous est due, il est indispensable que nous y prenions dès maintenant de bonnes et solides positions.
Préface de M. PAUL LABBÉ v
Avant-propos ix
CHAPITRE PREMIER, — I. Aperçu historique et géographique. — II. Pizarre et Almagro. — III. L'indépendance. — IV. Territoire perdu. — V. Situation. Superficie actuelle. — VI. Configuration du sol. — VII. Divisions physiques. — VIII. Climat 1
CHAPITRE II. — I. État politique et social du Pérou. —II. Constitution. Mode d'élection. — III. Justice. — IV. Religion. — V. Décadence des monastères. — VI. Influence du clergé. — VII. Conditions légales des étrangers. — VIII. Expéditions de documents. — IX, Divisions politiques et administratives. — X. Fonctionnaires. ~ XI. Importance de quelques ports 14
CHAPITRE III. — I. Comment on se rend au Pérou. — II. Voie de Panama. — III. Voie de Magellan. — IV. Voie de Buenos-Ayres et Cordillères. — V. Prix des passages. — VI. De Panama au Callao. — VII, Installation des passagers. — VIII. Aspect de la côte. — IX. Le Callao, la baie, le débarquement, le Muelle y Darsena. — X. La ville. Hôtels et tarifs. — XI. Un phénomène 29
CHAPITRE IV. — I. Du Callao à Lima. — II. Constructions, promenades, églises, monuments. — III. Climat et hygiène. — IV, Temblores. — V. La vie matérieiic — VI. Prix de quelques denrées. —VU. Monts-de-
Piété. — VIIT. Domestiques. — IX. Bains. —X. Cochers. — XI. Hôtels.
— XII. Loyers. — XIH. Tramway. — XIV. Les eavirons de Lima. — XV. Miraûores. — XVI. Barraaco. — XVII. Ghorrillos. — XVIII. Ancon.
— XIX. Les Huacas 43
CIIAPITRt. V. — I. La population, comment elle est répartie — II. Mosaïque ethnographique. — ill. Caractère des Péruviens. — IV. Qualités et défauts. — V. Abus du régime du bon plaisir. — VI. Le padre et l'impôt sur le revenu. — VII. Courses de taureaux. — VIII. Batailles de coqs. — IX. La Liméenne et sa réputation. — X. La a dudosa ». — XI. Un mot de la Chilienne. — XII. Les Chinois au Pérou. — XIII. Maind'œuvre appréciée. — XIV. La race typique péruvienne, les Quechuas
— XV. Usages, mœurs, coutumes. — XVI. Le Quechua est-il un sage?
— XVII. Population étrangère 58
CHAPITRE VI. — I. Principales villes du Pérou. — II. Arequipa. Ses habitants. — III. Trujillo. — IV. Ica. — V. Moquegua. — VI. Chiclayo.
— VII. Chachapoyas. — VIII. Cajamarca. — IX. Huaraz. — X. Huanuco.
— XI. La ville la plus haute du globe, le Cerro de Pasco, sa population, son climat. — XII. Tarma. — XIII. Jauja. — XIV. Huancavelica.
— XV. Ayacucho. — XVI. Abançay. —XVII. Puno. — XVIII. Le Cuzco. Comment on va au Cuzco. La ville, les ruines incaïques. Son avenir.
— XIX. Moyobamba. — XX. Iquitos, etc., etc 80
CHAPITRE VII. — I. Les routes et voies ferrées au Pérou. — II. Chemin de fer central. — III. De Lima à la Oroya. — IV. Ligne de MoUendo- Arequipa-Puno et Arequipa-Sicuani-Cuzco. — V. Prolongation de voies ferrées. — VI. Frais d'exploitation. — VII. Lignes en exploitation. — VIII. Voies de communication à la Montana et à l'Amazone. — IX. Voie du Huallaga par Pacasmayo, iVIoyobamba, Balsapuerto et Yurimaguas. — X. Voie d'Ayacucho. — XI. Voie du Sud. — XII. Voie Centrale ou du Pichis. — XIII. Itinéraire, distances et temps employé. — XIV. Description territoriale. — XV. De Tarma à Puerto Bermudez. — XVI. Prix des transports. — XVII. Difficultés. — XVIII. De Puerto Bermudez à Iquitos, navigation fluviale. — XIX. Canots et lanchas. — XX. Prix approximatifs 107
CHAPITRE VIII. — I. Services publics. — II. Postes et télégraphes. — III. Tarif postal. — IV. Mandats-poste. — V. Colis postaux. — VI. Télégrammes et câblogrammes. — VII. Sj^stème monétaire. — Vlli. Poids et mesures. — I.\. Douanes, fixation des droits. — X. Instruction publique. — XI. Sociétés scientifiques. — XII. Presse. — XIII. Travaux publics — XIV. Police. — XV. Armée. — XVI. Ecoles militaires. — XVII. Mission militaire française 133
CHAPITRE IX. — I. La Costa. — IL Aspect. — III. Les Lomas. — IV. Végétatioa et productions. — V. Propriétés rurales. — VI. L'agriculture péruvienne. — VII. Haciendas. — VIII. Les grandes propriétés. — IX. Irrigation de la Costa. — X. Les canaux de Chicama. — XI. Brûler la pierre. — XTI. Lois d'irrigation. — XIII. Une région intéressante. La province de Tumbes. — XIV. Essences forestières. — XV. Fertilité du sol. — XVI. Récoites. — XVII. Les palmiers. — XVIII. Une exploitation avemtageuse. Le bjinanier. — XIX. Ressources minières. — XX. Le climat de Tumbes 152
CHAPITRE X. La Costa (suite). — I. Piura, climat, productions. — II. Culture du coton, espèces, qualités, prix, rendement. — III. Travaux d'irrigation. — IV. Problème de la main-d'œuvre. — V. Cultures nouvelles. — VI. La paja toquilla, et les chapeaux de Catacaos. — VIII. L abigateo. — IX. Lambayeque. — X. Libertad. — XI. Culture de la canne à sucre, ses sous-produits. — XII. Vallée de Chicama. — XIII. Ancachs. — XIV. Ressources agricoles du département de Lima, province de Chançay. — XV. Conditions des ouvriers agricoles, valeur des bêtes de trait, du terrain. — XVI. Ica, sa canne à sucre. — XVII. Arequipa^ ses vallées. — XYIII. Le Huacan. — XIX. Camana. — XX. Moquegua ns
CHAPITRE XI. — I. La Sierra. — II. Aspect. — III. Température. — IV. Solitude de la Puna. — V. Végétation. — VI. Productions. — VII. Elevage des ânes et mulets de Sechura. — VII. L'agriculture sur les Hauts Plateaux péruviens. — VIIL Plantes fourragères, pomme de terre, blé, orge, maïs, etc., fi'ais et rendement par hectare. — IX. Difficulté d'écouler les récoltes. — X. Une culture intéressante, le maguey et le zapupe. — XI. L'élevage, bœufs, vaches, moutons. — XII. Question des transports. — XIII. Mortalité des animaux. — XIV. Le Michipas. —
XV. Le llama, l'alpaca, la vigogne, le pacovienne. — XVI Tonte, rendement, prix de la laine. — XVII. Les animaux de la Sierra 493
CHAPITRE XII. — I. La Montana. — II. Aspect et divisions. — III. Végétation. — IV. Administration. — V. Climat. — VI. Moustiques et zancudo^. — VII. Fièvres tierces et intermittentes, moyen de les prévenir, traitement. — VIII. Conseils pratiques aux voyageurs. — IX. Les voies navigables de la Montana. — X. Marafion. — XI. Hualiaga. — XII. Ucayali. — XIII. Pachitea. — XIV. Piches. — XV. Urubamba. —
XVI. Apurimac. — XVII. Péréné, etc. — XVIII. Territoire de colonisation. — XIX. Encore les voies d'accès à l'Orient et la navigation fluviale. — XX. Faune de la Montana 214
CHAPITRE XIII. — I. Richesses n.vtubelles de la Montana. — II. Végétation. — 111. Bois d'ébénisterie. — IV. Essences tinctoriales. — V. Vô-
gétaux textiles. — VI. Plantes aromatiques, plantes médicinales. — Vil. Le copahyba. — VIII. La salsepareille. — IX. L'aloès. — X. Le cocatier. — XI. La coca, ses effets, sa culture, sa valeur. — XU. Le qiiinquina, où on le trouve ; comment on l'exploite — XIII. « L'or noir » — XIV. Régions gommifères. — XV. Les arbres à caoutchouc.
— XVI. Caucheros et seringueiros. — XVII. A la recherche des Ileveas.
— XVIII. Exploitation des estradas. Fine Para et Sernamby. Production d'un hevea. Valeur du caoutchouc. Fabrification. Baraconero. Aviamento. Les vivres d'un seringueiro. Sa vie. Prix des denrées dans les régions basses. Dans la Ceja de Montana. Ce que produit la campagne d'un cauchero. Ports dexportation du caoutchouc. Iquitos. Mollendo 240
CHAPITRE XIV. — I. Colonisation et exploitation de la Montana. — II Concessions. — III. Comment on obtient des terrains dans cette zone. — IV. Colonies allemand js du Pozuzo, de Oxapampa et Chanchamayo. — V. Encore la Ceja de Montana et les régions basses. — VI. Gomment on déboise la forêt. — VII. La main-d'œuvre. — VIII. Comment on se procure des travailleurs. — IX. Ethnographie de la Montana. — X. Indiens mansos et bravos. — XI. Caractère et coutumes des Indiens Campas. — XII. Les indigènes du Pulumayo. — XIII. Piros, Conibos, Sipibos. — XIV. Ce qu'est une correria. — XV. Les Amahuacas. — XVI. Les Amueshes. — XVII. Main-d'œuvre indigène 270
CHAPITiiE XV. — I.Les mines du Pérou. — II. Arrêt dans la production.
— III. Légère recrudescence d'activité. — IV. Mines enregistrées. — V. Méthodes d'extraction. — VI. Gisements d'argent. — VII. Les mines du Cerro de Pasco. — VIII. Amalgamation primitive. Minerais de cuivre. La Cerro de Pascos Mining Company. Production moyenne du métal argent. — IX. Région cuprifère. — X. Districts produc leurs. L'or au Pérou. —XI. Gisements quartzeux et alluvionnaires. — XII. Pépites f invraisemblables. Les lavaderos. Lavage à la balée, au sluice. — I XIII. Laveur d'or. — XIV. Mines de mercure. — XV. Mine de houille. [
— XVI. Production, prix, consommation. — XVII. Dépôts salins. Pétrole, borax, etc. Guano. — XVIII. Comment on obtient une concession minière 303