CHAPITRE TROISIEME
Premières mortifications de Rose de sainte Marie.
Poussée par la grâce, ayant la ferme volonté de réduire son corps en servitude et de s'associer aux souffrances de Notre-Seigneur, notre sainte était enflammée pour la pénitence et la mortification d'une ardeur dont notre faiblesse s'épouvante.
no SAINTE ROSE DE LIMA.
Les austérités auxquelles elle se livra, nous croyons devoir le rappeler ici, sont proposées à notre admiration et non pas à notre imitation, car la vie commune est celle à laquelle Dieu appelle Timmense majorité des chrétiens et celle, par conséquent, qu'ils doivent suivre. La vie de la grande sainte américaine est tout exceptionnelle, il ne faut donc pas se laisser trop frapper l'imagination par le récit de ses prodigieuses mortifications, ni croire qu'on ne devient saint qu'en suivant la même voie. En soumettant son corps au régime le plus effroyable. Rose répondait à un appel spécial d'en haut; mais tout en étant la plus sévère des pénitentes, elle s'attachait principalement à la pratique des vertus; elle reconnaissait en elles l'essentiel de la sainteté, elle savait que le reste n'est qu'un accessoire qui peut en être séparé, sans nuire au fond.
Ces réserves faites, poursuivons notre récit.
Rose, pour commencer ses attaques contre la nature inférieure, priva, autant que faire se pouvait, son corps de nourriture, de sommeil et de tout ce qui flatte les sens.
Elle aimait beaucoup les fruits, elle se les interdit absolument dès l'âge de quatre ans. Lorsqu'on lui en donnait, eUe les distribuait à ses frères et sœurs sans jamais y toucher du bout des lévites. Agée de six ans, elle ne prit plus jamais d'autre nourriture, les mercredis, les vendredis et les samedis, qu'un peu de pain et d'eau. Encore ne se permettait-elle ce modeste repas qu'à l'heure du coucher du soleil. Son pain consistait