CHAPITRE SEPTIÈME. S
sentit prise d'une bibiesse extrême ; elle essaya de se tratner vers la maison^ mais ne put faire un pas; elle s'eflbrça d'appeler afin qu'on lui vint en aide , la voix lui manqua. L'anéantissem^it augmentait de moment en moment; Rose se sentait mourir. Son corps , exténué par le jeàne , réclamait impérieusement de la nourriture; mais notre sainte, devant communier le lendemain et affamée de l'aliment divin , ne voulait rien prendre. Elle s'adressa à son fiancé céleste et lui demanda avec une humble confiance de venir à son secours* Aussitôt Jésus apparut : <( Appliquez vos lèvres à la plaie de mon côté, ma fille bien-aimée, dit-il à Rose avec une douce et grave majesté , il a été ouvert pour le salut du genre humain, et' toujours les fidèles y trouvent le baume salutaire dont ils ont besoin. » — La sainte obéit; en même temps une force nouvelle se répandit dans ses membres, une j<Me surnaturelle remplit son cœur; elle se sentit guérie et put communier le jour suivant. La même faveur avait été accordée jadis par le Seigneur à sainte Catherine de Sienne.
Quelquefois des tiers étaient témoins des mystiques entretiens de Rose avec le Sauveur enfant.
Ainsi une circonstance grave obligea un jour notre sainte à se départir de ses habitudes et à aller chez nne dame dont les biogi^phes ne nous ont pas transmis le nom. Rose , après s'être entretenue avec elle, sollicita l'autorisation de se retirer dans une pièce solitaire pour y vaquer à la prière. La dame chargea la fille d'une de ses servantes d'accompagner Rose.
Lorsque la petite, âgée de sept ans, la vit agenouillée, elle sortit de Tappartement et alla retrouver sa mère. Pensant que l'étrangère devait avoir terminé sa prière, elle revint au bout d'une heure, et elle aper* çut auprès de Rose l'Enfant Jésus, vêtu d'azur et de pourpre, entouré de rayons plus éclatants que ceux du soleil*.
Dans une occasion senoblable, Rose dut se rendre à la demeure d'Isabelle de Mexia. La tille de cette dame vit la sainte qui marchait dans le salon de la maison avec l'Enfant divin. L'apparence du petit Jésus était douce et majestueuse; il conduisait Rose par la main, échangeait avec elle des regards pleins d'aniour et lui parlait. Des jets de la plus éblouissante lumière jaillissaient du sol à mesure qu'il y posait les pieds'.
L'amour de Jésus pour sa fiancée était tel, — disent encore les BoUandistes*, — qu'il voulait posséder son co&ur sans aucun partage et ne permettait pas qu'elle se complût dans les choses créées, dans celles même qui sont privées de sentiment. Ils en citent un exemple remarquable. Rose, avons-nous dit, cultivait des fleurs. Elle avait un double but en se livrant à cetle occupation; elle voulait, on s'en souvient, procurer un peu plus d'aisance à sa famille; et elle se complaisait aussi à parer tous les jours différents autels de ces charmants produits de la nature. Quelques-unes
* Bolland., /. c, p. 939, 940 et suiv. — Gonzalez, op. c, ch. II, p. 39 et suiv. — Ott, op. c, ch. xiv, p. 108 et suiv.
* lUd.