‹ Le Pérou et Sainte Rose de Lima:Chapitre 135 sur 244 · CHAPITRE HUITIÈME. tli · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME. tli

vint la réveiller. Elle répondît cependant sur-le-cbamp au céleste appel et se mit sur sop séant ; mais, vaincue par la fatigue, elle referma involontairement les yeux et se rendormit. Marie revint, toucha Rose de ses mains immaculées, chose que jamais elle n'avait fait jusqu'alors, et lui dit d'un ton plus sérieux que de coutume : « Ne soyez pas endormie, ma fille; vous m'avez instamment priée de vous avertir à l'heure de la prière; je viens vous trouver pour la seconde fois et Fbeure est passée *. » Rose rouvrit les yeux; elle vit la mère de Dieu qui s'éloignait, mais elle n'eut pas le bonheur de contempler comme d'habitude son glorieux visage, et elle en conclut, avec une profonde contrition, que Marie avait voulu la punir de sa paresse.

Depuis que Rose avait choisi sainte Catherine de Sieniie pour sa mère spirituelle, ses conférences avec cette sainte étaient fréquentes. Les entreliens de ces deux- nobles âmes , dont l'une était déjà en possession de la béatitude étemelle, tandis que l'autre se trouvait encore enchaînée aux misères de la terre, avaient, — au dire des confesseurs de Rose, — le caractère de la plus tendre intimité. Catherine était le conseil de la fille des Flores, et celle-ci se modelait en toutes choses sur Catherine. Souvent, après avoir joui de sa présence , les traits de notre sainte se modifiaient de manière à reproduire fidèlement l'extérieur de sa chère maîtresse. Ce fait, observé par une fouie de témoins,

*■ Bolland., /. c, p. 939, 940. — Gonzalez, op. c, ch. xi, p. 41 et suiv. — Ott, ep. c, p. US et saiv.

tl% SAINTE ROSE DE LIMA.

a été authentiquement constaté'. Nous aurons occasion de reparler des relations des deux saintes.

Rose vivait dans une douce familiarité avec Tange préposé à sa garde. Il se montrait à elle sous les traits les plus aimables. Elle avait avec lui de célestes entretiens, le chargeait souvent de messages , et il lui prodiguait ses soins. Les biographes que nous suivons en citent de gracieux exemples.

Ainsi une pieuse matrone , qui un jour se trouvait auprès de la cellule de Rose, alors qu'elle attendait la visite quotidienne de FEnfant Jésus, Tentendit qui chargeait son ange d'aller l'avertir que l'heure se passait. Poëte dans son extase, elle lui donnait son message en vers charmants et les chantait sur un rhy thme mélancolique. En voici l'imparfaite traduction :

« Volez, messager agile, volez vers Notre-Seigneur, vers notre maitre adoré; demandez-lui pourquoi il

tarde et se tient éloigné de nous;

» Dites-lui qu'en son absence je ne saurais vivre; que loin de lui mon cœur est vide de joie; que seul il me donne le repos, que seul il me procure le bonheur ;

j) Volez, volez, noble messager; dites-lui que je languis quand il est absent, et que sa Rose sera plongée dans la douleur jusqu'au moment où il retournera auprès d'elle *. »

* Bolland., /. c, p. 939, 940. — Gonzalez, op. c, ch. xi, p. 41 et suiv. — Ott, op. c, p. 113 et suiv.

* Bolland., /. c, ch. xv, p. 940 et saiv. — Gonzalez, op. c, ch. XI, p. 42, 43. — Ott, op. c, ch. XV, p. 115 et suiv.

Page 1