‹ Le Pérou et Sainte Rose de Lima:Chapitre 138 sur 244 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

mil à faire uii effroyable tapage; Rose poursuivit sa prière sans faire attention à son hideux visiteur. Déplus en plus exaspéré par cette altitude calme, le démon s'élança sur elle, la jeta à terre, la secoua violemment sans parvenir à lui inspirer aucun sentiment d'effroi; elle se borna à implorer tranquillement l'assistance de son fiancé céleste.en disant : « Domine^ ne iradas bestiis animas confitentes tibi ; Seigneur, ne livrez pas aux bêtes les âmes de ceux qui placent leur confiance en vous. » A ces mots, l'esprit infernal disparut en hurlant, et la sainte continua ses oraisons comme si rien ne l'avait dérangée ' .

Furieux d'avoir été vaincu par une jeune fille, Satan ne tarda pas à reparaître pour exercer sa rage contre les livres de Rose; il maltraita surtout les Méditations de Louis de Grenade, qu'elle affectionnait particulièrement. Après «voir lacéré et souillé d'ordures le volume, il le lança dans un lieu immonde. Rose ne s'émut point de son impuissante fureur. Son livre lui fut rendu, peu d'instants après, parfaitement intact*.

Anticipons sur l'avenir, pour en finir avec les luttes que notre sainte eut à soutenir contre les puissances infernales et dont les Bollandistesfont'mention. Dans les dernières années de sa vie, elle habitait chez les époux de la Massa, ainsi que nous le rapporterons en son lieu. Un soir, elle quitta la chapelle de la maison et se retira dans une petite chambre solitaire, située

* Bolland., /. c, p. 941, 942. — Gonzalez, ch. xi, p. 44, 4^. — Ott, p. 118 et suîv.

» Ihid.

tm SAINTE lOSE DE LIMA.

aous les C0Bib)e& ^ pour y contiDoer son oraisos. Màb dès qu'elle se mit en prière^ elle se vit eotonrée d'une quantité de rats, qui se disfHitaieut entre eux. et sautaient sur elle. Rose, fatiguée de ee tap^e, se cendil à la eave, oii ekie espérait rester seule. Au siomeut ou elle eu cmvrit la porte, elle eut le pressenliaient du rude combat qu'elle aurait à y soutenir. InaccessîUe à la peur^ elle congédia une servante qui était là par aventure y en la priamt de ne dire à personne qu'elle se trouvait en ce lieu^ et de l'y laisser tranquille^ dût-elle y passer la nuit

Rose alors ferme la porte intérreurem^it et entend qu'en mésne temps quelqu'un la verrouille en debors. Elle n'en ^t pas effrayée et fait Te&amen de& lo€alité&. Bîentèt elle découvre une bideuse figure accroupie dans un vaste panier. Ornservant son sang-froid^ elle éteint sa lumière et s'écrie : « Sors de là, père du n^nsonge , si tu l'oses , je t'attends^ Maltraite mon m^érable corps, si Dieu te le permet; quant à mon ànne, tu ne pourras lui nuire , mon fiancé céleste ta pro^ lége. Sors donc^ bfute infernale , e4 commeiiw le* «^«dùat '. » A ce défi^ le démon s'élance; il prend des proportions colossales; un feu livide sort de sa boucbe et de s^ yeux y et répand une lueor sinistre dans la cave. U saisit Rose par le itôilieu du corps, la lance en l'air^ essaye de lai broyer les meiiÉ>res7 la lutte dure plusieurs heures; l'intrépide vierge méprise^ tes efforts de son ennemi et l'accable des expressions de son

^ BoUand., /. c, p. 941, 942. —r 6anx2kZ| çk. u, p» 44> 45. — Ott, p. 118 et suiv.

CHÀFlTft£ NEUVIÈME. tn

dédam- Enfta , Le laaavrâ esf»it j vaineu y s'échappa litein de eQftfuskm '.

ÏModis qoe ee$ élusses 9e> pussaîe»!^ Mâfrie de la Tfiism y. s' éiaiQ^I infoimée ée; Rose «yptès d& la serrawle, desceedait à \m cave^ eia relirait le inarran ^ et reiiK»* Isâiaa»» appâter sod aaaûe, qu'eUesi^ifiosaît abeoFbée |ritr tel pvièfe« Notrs si^sfie ne la màvit pas ÎBiifBédiateobeftt^ il étftil plua de nûimît lorsqu'on ta vit Fepa* raltre* So& air élait serein el son. regard exprimait la satis&etioD» L'épouse de Goaoalve en fat très-frappée. Le jour smTaat^ eUe qiiiestioBita Rose et en obtint le véeit âdèle da ee ^m \m était arrivé ^.

A qi^epe temps de Eà^ notre sainte ae relira dans un lieo. setitaira du jardin des de la' Massa poor y vaq]aer à roraîscHO^. A sa grande surprise^ elle y rencontra^ dan^ un bosquet touffn, nn jenne homineyéti] avec éiégâmea et de l^JLtérieisr le plus sédntsaBt. Il s^ap* prêcha vivement d'ette^ en k dévorant d*nn r^ard pas^onné, et-vonlut la saisir et Teabrasser. Celait l'esprit infernal qui ^ après avoir vainesent essayé de faire tomber Ro^ dans Timpatiesiee et dans la crainte^ ou de la pousser an pécbé d'orgneil, espérait mainte* nant la tenter par la i^nsnalité. Mais notre sainte fecQ&nut âi^ssUôt l'ennemi, et sadiant ^e si on varne Ions les vices par la Intte^ on n'échappe à finconfî* pc^M^ qne p^r te fuite^ elle se sauva en adressant une épergique matédietion à son .persécuteur. Arrivée à ta

^ * fik>(lw4<^ /.:C», 1^ Srtty 94». — Gk>B«ak»^cb. xi, p. 44^ 45. — Ott, p. 118 etsuîv.

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porte du jardin , elle s'empara d'une grosse chaîne de fer, s'en flagella impitoyablement et s'écria tout en pleurs : « mon Seigneur! pourquoi m'avez- vous » abandonnée ? Si vous eussiez été auprès de moi , )). jamais je n'aurais été exposée à une aussi abomi* » niable tentation! » Au moment où elle prononçait ces mots, elle vit à côté d'elle Jésus, qui lui dit en la regardant avec amour : «Aurais-tu vaincu, Rose, si

» je n'avais été dans ton cœur? » Ces douces paroles remplirent la sainte de joie et de confiance. Notre-Seigneur les avait également adressées autrefois à sainte Catherine de Sienne dans une occasion semblable*. Les biographes, après avoir rapporté les faits que nous venons de raconter, ajoutent* que notre sainte sortit, en toutes rencontres, victorieuse des nombreux assauts que lui livrèrent les puissances des ténèbres et que, d'après le témoignage unanime de ses directeurs spirituels, elle fut douée, au plus haut degré, du don du discernement des esprits. Aucune tentation, quelque finement tissue qu'elle fût, n'échappait à sa clairvoyance. Elle avait coutume de dire à sou confesseur : « Les visions et les inspirations qui viennent de Dieu remplissent l'âme d'humilité, de respect, d'une joie tranquille, surnaturelle, d'une paix profonde, elles nous font connaître notre propre néant; les fausses visions et les inspirations qui sont l'œuvre du démon exaltent l'orgueil, remplissent l'esprit de pen*

* Bolland., /. c, p. 941, 942. — Gonzalez, cb. xi, p. 44, 45. — Ott, p. 118 et suiv.

* Ibid.

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