CHAPITRE DIXIÈME. tn
i> devons donner cette pure liqueur destinée à lav^ » nos pédiés ' ! n
Rose ne reculait devant aucun obstacle et ne s*el^ (rayait d'aucune souffrance lorsqu'il s'agissait de tra* vailier pour la plus grande gloire de Dieu. Il arriva une fois que le confesseur de la sainte tomba griève^ ment malade (a veille du jour où il devait prêcher devant un très-nombreux auditoire. Fort affligé de ce contre-temps, il chargea uu des religieux de son couvent d'annoncer sa peine à sa pénitente. Rose, s'étant recueille un instant, dit au messager : u II » s'agit ici de la gloire du Tout-Puissant, annoncez à nmon révérend père qu'il sera en état de prêcher » demain à l'heure indiquée. » L'événement justifia la prédiction. Quelques heures avant celle du sermon, le prédicateur se trouva soudainement rétabli, et au moment même sa maladie et ses douleurs passèrent à notre sainte. Elle avait demandé au Seigneur d'agréer cette substitution , afin qu'il ne fût pas frustré de la gloire que le sermon devait lui procurer *.
Vers la même époque, une religieuse de l'un des couvents de la ville s'enfuit de son monastère et se réfugia à Guamanga, où elle vécut quelque temps vêtue en homme. Cet événement causa beaucoup de scandale à Lima, et Rose, très-affligée, s'infligea les plus rudes mortifications afin d'expier pour la cou* pable. Bientôt celle-ci* pleura amèrement sa faute et
^ BoHand., /. c, ch. xvn, p. 133 et suiv. — Gonzalez, ch. xiii, p. 50. — Ott, p. tS3.
« Ibid.
put de nouveau être reçue au couvent. La joie qu'en ressentit la sainte était troublée par ia crainte que la pénitente ne manquât de persévérance. Mai^ Dieu lui révéla que la religieuse avait obtenu la grâêe d'ui^ contrition parfaite, qu'elle ne quitterait plus sa rêtraite et y mourrait en odeur de sainteté \
Sainte Catherine avait fait un jour don d'un vêlement à Notre-Seigneur Jésus-Christ, lequel lui était apparu sous la figure d'un mendiant; ce fait donna naissance à une pieuse émulation dans le cœur de Rose : elle se représentait vivement l'Enfant Jésus et sa très-sainte Mère dénués de toutes choses dans Tétable de Bethléhem, et la pensée lui vint de préparer pour le Verbe incarné un vêtement spirituel composé de prières et de mortifications. Elle eiLéoita ce dessein et persévéra dans cette coutume tant qu'elle vécut. On trouve dans un fragment de journal^ écrit vingt mois avant sa mort, le passage suivant :
« Seigneur ! pour commencer Tannée 1 61 6, je veux, » avec l'aide du Christ et de sa Mère bénie entre toutes a les femmes, préparer un vêtement à l'adorable nou- » veau-né Jésus, car il est pauvre, nu, et il a froid! » — Cinquante litanies, neuf cents rosaires et cinq » jours de jeûne, en V honneur de VIncamationy feront n la petite chemise de l'Enfant divin ; — au lieu de » langes je lui offrirai neuf visites au très-saint sacre- )iment, neuf ofiîces de ia sainte Vierge et neuf jours » de jeûne, en V honneur des neuf mois qu'il a passés
• Bollandw, /. c, ch. xvii, p. 133 et suiv. — Gonzalez, ch. xni, p. 50. — Ott, p. 133.