CHAPITRE ONZIÈME. Wï
M ma voix , je les oo&nais et elles me saivent. Je leur )) donne la vie étemeiie, et elles ne périront jamais, et V nui ne me les arrachera d'entre les mains ' . »
Mais dans sa joie, la fille de Marie de Flores avait oublié de d^^nander ce qu'elle devait faire des anln^ ros^^elle s'empressa cependant d'en tresser une couronne qu'elle plaça sur la léte de Jésos. I^ Seîgn^ir la bénit et disparut. Plus tard il fut révélé à Rose que les autres fleurs symbolisaient une fonle de pieuses filles de Lima, appelées à couronner de leurs voeux le fiancé des émes chastes, en se réunissant dans un couvent qu'on verrait s'élever sous l'invocation de sainte Catherine, et dont nous parierons dans la suite de ce récit *.
De même que notre sainte demeurait calme et Gon« fiante en Notre-Seigneur lorsqu'elle était menacée de quelque danger, de même aussi elle comptait sur l'assistanee divine quand sa famille se trouvait dans la gène sous le rapport teiùporel. Un jour, Marie de Flores annonça tristement à ses enlants qu'il n'y avait plus de pain au ic^is et qu'elle manquait d'argent pour en ac^ter. Rose fut un peu étonnée de cette pénurie inattendue; mais, loin de se troubler, elle adressa une fervente prière à Dieu et alla cmvrir l'armoire dans laquelle on serrait d'habitude les provisions de la maison. Elle la trouva pleine de pains blancs, d'un goât exquis et tels qu'on n'en avait jamais vu dans la demeure des Flores, a La beauté du pain, ajoute
* Jean, x, 27, 2S,
* Bolland., /. c, — Gonzalez, /. e. — Ott, /. c,
l'un des biographes de Rose, démontrait qu'il n'avait pas été pétri par des mains humaines '. »
Une autre fois ce fut ]e miel qui manqua. Or, le miel était considéré au Pérou comme un objet de première nécessité, il entrait dans la composition d'un grand nombre d'aliments et de boissons. Marie de Flores, croyant que sa provision n'était pas épuisée, en envoya quérir à la cave, et on vint lui annoncer que le tonnelet était complètement vide. Rose, affligée de la détresse des siens, mais pleine de confiance en la providence divine, dit à sa mère : « Si « vous me l'ordonnez, j'irai au nom du Seigneur » voir si je ne trouve rien dans le tonneau; » elle y alla; il était plein jusqu'aux bords. La stupéfaction que cet événement causa à sa famille devait augmenter encore, car le miel semblait renaître à mesure qu'on en puisait, et le contenu du tonnelet suffit pendant huit mois entiers aux besoins de tous les habitants de la maison'.
Un jour le père de Rose tomba malade, et ses souffrances étaient entretenues et augmentées par un grave sujet d'inquiétude. Il avait contracté une dette de cinquante livres d'argent. Le moment de l'échéance arrivant, il ne pouvait payer. Sa femme était livrée à une cruelle angoisse. Notre sainte, ayant été initiée aux soucis de ses parents, se rendit à l'église et supplia Dieu de leur venir en aide. Lorsqu'elle revenait au logis , elle rencontra un jeune étranger de gracieuse et noble appa-
* BoHand., /. c. — Gonzalez, /. c. — Otl, /. c.