‹ Le Pérou et Sainte Rose de Lima:Chapitre 152 sur 244 · CHAPITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME

voiture. En effet, au moment où le bœuf n'est plus qu'à quelques pas d'elles, il s'arrête et se dirige tranquillement d'un autre côté. Alors Rose, calme et radieuse, perdue dans la contemplation, s'adresse à son Fiancé céleste et chante d'une voix douce comme celle des anges, ces mots : « Je ne redoute rien, je ne » crains aucun malheur, ô mou Seigneur adoré, car » vous êtes auprès de moi ^ »

Notre sainte, connaissant la bonté et l'amour du Seigneur, avait la certitude non-seulement d'obtenir son assistance dans les dangers et besoins de la vie terrestre, mais encore d'être sauvée et de ne jamais perdre l'amitié du Tout-Puissant*.

Quant à la certitude du salut éternel , la confiance de Rose reposait sur une parole que le Seigneur luimême avait daigné lui dire. Une fois, à la vérité, il avait permis qu'elle fût assiégée de doutes cruels relativement à son élection et épouvantée en réfléchissant aux insondables jugements de Dieu. Mais la bonté de Jésus ne la laissa pas longtemps dans cette douloureuse perplexité et se plut à la rassurer. Il lui apparut et lui dit : Ma fille^ ayez bon courage, je ne condamne que ceux qui veulent être condamnés. Ces divines paroles la tranquillisèrent à jamais.

Un célèbre docteur de Lima, Jean de Caslello, que nous verrons bientôt figurer au nombre des examinateurs de notre sainte, lui demanda un jour si elle avait

* Bolland., /. c, ch. xxiv, p. 967 et suiv. — Gonzalez, ch. XVII, p. 6ô et suiv. — Ott, ch. xxiv, p. 184 et suiv. » Ibid.

la cerlitude de son salut par ré vélaiiondi vise . D'abord eile ne comprit pas sa question, mais après qu'U la lui eut posée plus clairement, elle lui dit que de très-bonne heure elle avait été éclairée à ce sujet de telle sorte que le doute ne lui était plus possible *.

Le Seigneur affermit encore cette confiance au moyen d'une gracieuse vision. -*- Rose se trouvait en oraison dans sa cellule, ioi*sque tout à coup Textase s'empara d'elle. C'était pendant la saison d'hiver, cependant elle vit soudain la terre se couvrir de roses magnifiques , répandant un parfum exquis. La sainte s'étonnait de ce printemps précoce, lorsque la Vierge immaculée lui apparut tenant dans ses bras le petit Jésus.

L'Enfant divin, regardant Rose avec amour, lui en-» joignit de cueillir les fleurs fraîchement épanouies, fille s'empressa d'en réunir autant qu'il eo pouvait tenir dans son tablier et de les offrir au Seigneur; mais il lui dit : « J'en veux une seule, choisis-la et »me ta donnes. » La jeune fille ayant obéi, Jésus prit la fleur et ajouta : « C'est toi qui es cette rose, » je la soignerai et la préserverai moi*môœe, fois ce 91 que bon te semblera de celles qui te restât *. »

L'humble vierge saisit le sens de ces paroles, se réjouit de se voir placée dans la main droite du Sauveur comme une fleur élue, et les paroles du bon Pasleur lui vinrent à la mémoire : « Mes brebis entendent

* Bolland., /. c, ch. xxiv, p. 967 et 8«iv. — Gonzalez, ch. xvn, p. 66 et suiv. — Ott, ch. xxiv, p. 164 e| suiv.

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