‹ Le Pérou et Sainte Rose de Lima:Chapitre 155 sur 244 · CHAPITRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME

Désolation et angoisses de Rose.

Vous devez savoir, dit le bienheureux Jean de là Croix ^, que les âmes qui parviennent sur la terre au royaume de Dieu ont ordinairement traversé beaucoup d'épreuves et d'afflictions, suivant cette parole de saint Paul : (( Il faut que vous entriez dans le royaume du ciel en passant par un très-grand nombre de tribulations. » Les épreuves que Dieu fait subir à ceux qu'il veut élever à son union sont des peines de diverses sortes dans le corps et dans l'âme. C'est par elles que s'opère la purgation de ces deux parties, purgation absolument nécessaire au grand ouvrage du

* Balland., /. c, — Gonzalez, /. cl — Ott, /. e. ' Vwe flamme i cant. n, i^ 5.

a4^ SAINTE ROSE DE LIMA.

saluU Les travaux^ les ausiériléâ, les douleurs et les Boaladies bien prises purifient le corps; tes lentatkHis^ les angoisses y les ténèbres , les privations de ce que Ton aime purifient l'âtte et la rendent digne de Dieu. Le père Saint- Jure iait à ce sujet une cooiparaison qui noussemUe d'une frappante vérité, a Noussommes entre les mains de Dieu » dit-il \ comme un morceiau de marbre entre les mains d'unsculpteur : V le marbre tiré de la carrière est grossier, informe et brut, mais on en peut faire une belle 'statue; de même Thomme est par sa nature terrestre, corrompu et vicieux,, et pourtant on en peut faire quelque chose d^exceltent; 2"" il y a dans ce marbre une infinité de statues, l'art de l'ouvrier consiste à les y trouver, et plus l'ouvrier est habile, plus il les trouvera aisément; il en est de même de l'homme, tout terrestre et brute qu'il est, il est capable d'une haute perfection avec le secours de Bleu; 3^ te marbre se forme en statue en lui donnant des coups, en Inî 6tant cette parité de lui-noiéme qui empêchait qne la statue ne parût; de même Tbomme se foçonne et se polît en lui èfant ce qui, dans sa nature, £sit obstacle à sa perfeetion et à son union avec Dieo; 4"" plos le marbre reçoit de coups bien donnés, plus il devient beau et potî, plus la figure qu^on en faut est excellente et achevée; de même fliomme se perfectionne sons la main de' Dieu qui le frappe, qui Le taille et travaille sur lui; -5* lorsqu'on coupe le marbre, qu'on le racle, qu'on le façonne, il demeure

* L'Homme, relifieux^ par le P. Sainli-iure, dç la oospagaie de Jésus, édit. de 1S43 de Périsse, t. U, p^ 64S et aoiv.

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