‹ Le Pérou et Sainte Rose de Lima:Chapitre 158 sur 244 · CHAPITRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME

faveurs nouvelles, en lui assurant que jamais il ne l'abandonnerait, que jamais elle ne perdrait sa grâce pendant un seul moment. Elle passait ainsi, sans transition, des ténèbres infernales aux plus sublimes consolations.

Sommée par son directeur spirituel de lui révéler ce qui se passait en elle lorsque la lumière et la joie en Dieu rentraient dans son cœur et dans son esprit, elle lui répondit avec une humble obéissance ; « Alors, » mon père, je sens mon âme tout illuminée et comme » embrasée du plus ardent amour; je me précipite, » je vole dans le sein de Dieu, je me sens transformée » en mon bien-aimé, tellement affermie en lui et for- » tifiée par sa grâce, que je sais que jamais, ni dans » le temps ni dans l'éternité, rien ne pourra me sépa- » rer de lui ^ » Et tandis que Rose prononçait ces mots, son visage brillait du plus vif éclat.

Le confesseur, frappé de ces paroles et voulant juger du degré de certitude qu'avait Rose touchant son salut éternel, poursuivit ses investigations et lui posa les questions les plus ardues et les plus minutieuses.

Rose, bien qu'étonnée, de cette sévérité inaccoutumée, l'écouta tranquillement, et lorsqu'elle comprit enfin où il en voulait venir, elle lui dit * : « Vous ))avez raison, mon révérend père, de m'exhorter à » travailler à l'œuvre de mon salut avec crainte et » tremblement. Plût à Dieu que, sous ce rapport, je

* Bulland., /. c, — Gonzalez, /. c. — Oit, /. c. » Ihid,

» ne fusse jamais restée au-dessous de mon devoir 1 » Je reconnais que je suis une pécheresse, et je m*ac* » cuse» en cette qualité , an tribunal de la pénitence. » Mais en même temps, et par la miséricorde de mon » Fiancé céleste, je trouve en moi tant de preuves de » sa fidèle et constante amitié, qu'il serait plus aisé de i> me persuader que je suis devenue une pierre ou un » fétu de paille, que de me faire croire que Dieu puisse » jamais se détourner de moi« Mon révérend père, je » sais ce qu'il m'a promis, à moi, sa très-indigne ser- » vante; je compte sur la parole du Seigneur, non que » je mérite d'être affermie dans sa grâce, mais parce » qu'il est souverainement fidèle à ses promesses ^ »

Le confesseur, qui connaissait le cœur très-pur de Rose, fut pleinement satisfait de cette réponse et admira la perfection de l'œuvre divine dans cet^ humble et simple créature.

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