‹ Le Pérou et Sainte Rose de Lima:Chapitre 164 sur 244 · CHAPITRE TREIZIÈME. 3S · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIÈME. 3S

sacristain y qu'elle eût à la lui envoyer; elle obéit, enleva les chaînes qui avaient formé de nouveau de larges plaies, les enveloppa dans un linge et les remit au sacristain. Le confesseur vit avec effroi qu'elles étaient teintes de sang, et que des lambeaux de chair et de peau ' y étaient attachés.

Non contente des instruments de pénitence que nous avons nommés, Rose se fit un vêtement de deux grands lùorceaux d'une étoffe de crin, rude, lourde et épaisse, qu'elle s'était fait donner. Elle portait sur la peau ce cilice, et pour le rendre plus douloureux, elle avait eu soin de le garnir intérieurement de pointes, d'aiguiHes et de chardons acérés. Elle né pouvait faire un mouvement ni un pas sans que cet effroyable vêtement lui fit une quantité de blessures. CependanX elle le porta fort longtemps. Elle fut obligée de le quitter enfin, par ordre de son directeur, parce qu'elle avait de fréquents crachements de sang; mais elle le remplaça par une chemise d'éloffe grossière, intérieurement tapissée de crin, et que son poids eût rendue insupportable à tout autre qu'à notre sainte dans le climat brûlant du Pérou. Elle garnit l'extrémité des manches de ce nouvel instrument de torture de toile fine afin d'ea dérober la connaissance à ses commensaux ^.

Rose s'efforçait ainsi, avec un héroïsme qui jamais n'a été surpassé, de s'associer aux douleurs de la passion du Sauveur.

' Rolland., /. c, ch. vi, p. 915 et suiv. — Gonzalez, op. e., p. 16. — Ott, eh. VI, p. 46 et suiv.

En même temps elle mettait courageusement en pratique ce qu'elle avait lu dans les écrits du vénérable serviteur de Dieu Grégoire Lopez, de Mexico; elle ne voulait pas qu'aucune joie spirituelle réagit sur ce corps qu'elle châtiait si impitoyablement. Lorsqu'au milieu des souffrances qu'elle s'imposait, son âme nageait dans la douceur des consolations célestes et élait admise, jusqu'à un certain point, à participer aux joies des bienheureux, elle ne permettait pas à la partie inférieure de s'y associer ou d'y trouver quelque rafratchissement. a Elle ne consentait pas, disent ses biographes ^ à ce que le corps pénétrât dans les celliers de l'amour divin, dans Ipsquels Jésus, le Roi dés rois, introduisait souvent Tâme de sa fiancée; elle l'obligeait à se tenir en dehors du lieu saint, car elle l'avait condamné à la pénitence et au martyre. »

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