CHAPITRE QUATORZIÈME
sa parfaite soumission. Elle avait presque tous les jours la fièvre et était sujette à des maux de gorge et à des . étouffements excessivement pénibles; des douleurs très- violentes à l'estomac, au cœur et aux reins, accompagnées de points de côté, ne lui donnaient pas de relâche, et souvent des accès de goutte lui torturaient les pieds et les mains. Les commensaux de Rose ne se doutaient de son martyre que lorsque la violence de la maladie ne lui permettait plus de le celer. Les gens de Fart n'entendaient rien à ces complications et ne comprenaient pas qu'un corps humain pût les supporter ^ .
Rose, au milieu de ses douleurs, étendue sur un méchant grabat (quand elle était malade ses confesseurs l'obligeaient à quitter son affreuse couche), ne se laissait jamais aller à soupirer ou à gémir. Elle demeurait paisible, et soumise à la volonté de Dieu. ' Mais elle plaignait ceux qui la soignaient et regrettait de leur causer de l'embarras. Parfois on l'entendait dire : « Ah ! qu'il me semblerait doux de souffrir, si » je n'étais une occasion de. peine pour ceux qui ont la » bonté de s'occuper de moi ^ ! »
Quand on lui demandait comment elle allait, elle répondait t « Ce que j'endure est fort peu de chose » en comparaison de ce que je mériterais de souffrir. » Lorsqu'on voulait la consoler, elle disait, en accompagnant ses paroles du plus calme sourire : a Tout ce
* BoUand, L c, ch. xvi, p. 944 et suiv. — Gonzalez, op. c, ch. xii, p. 47, 48. — Ott, op. c, eh. xvi, p. 12& et sai\\
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» qui me vient de la maia de mon Fiancé céleste me » semble plus doux que le miel le plus excellent, n Souvent aussi elle s'écriait : « O Seigneur, augmentez M mes douleurs , mais rendez aussi plus ardentes les » flammes de Tâmour dans mon cœur ^ 1 »
Une femme très-pieuse l'ayant questionnée au sujet de ses maladies, elle lui dit' : « Les souffrances sont .)) autant de bienfaits de Dieu; une créature aussi » faible et misérable que je le suis ne pourrait sup* » porter les douleurs que j'endure sans une assis^ » tance particulière du Seigneur, car il n'y a pas » une partie saine dans tout mon corps; mais jamais »mon Sauveur ne m'abandonne, il me donne du » courage , et moyennant l'assistance de sa grâce , » l'impatience ne me gagne pas et je demeure sou*» mise en tout à la volonté de Dieu. Hélas! je ne le » remercie. pas assez de cette insigne faveur, je ne » l'aime pas comme je devrais l'aimer, je suis la plus » ingrate des'créatures, et cependant il me traite comme » il a coutume de traiter ses amis les plus chers et les » plus fidèles * ! »
Une autre personne lui demanda pourquoi elle ne priait pas sainte Gatberine de Sienne d'intercéder pour elle afin qu'elle fût délivrée de ses douleurs morales et physiques, mais Rose lui répondit avec feu : a Je sais d'avance ce que dirait ma sainte maîtresse', » elle me demanderait si je prétends suivre une autre
. ' Bolland., /. c*, ch. xvi, p. 944 et suiv. — Gonzalez, op. c, ch. xn, p. 47, 48. — Ott, op. e.j ch. xvi, p. 135 et sulv. * Jbid. — » Jhid.