CHAPITRE QUATORZIÈME. 3dl
» voie que celle de la croix , cpi'eHe a suivie eile- » même. » Et, eu efiet, en digne fiancée du Crucifié, Rose n'avait qu'un désir, celui de n'être jamais sans souffrance ' •
Notre sainte eui à l'époque de sa vie à laquelle nous sommes arrivés maintenant une merveilleuse vision, qui l'affermit encore dans cet ardent désir. Elle la raconta plus tard, peu de temps avant de mourir, au docteur de Castillo' : « J'étais en oraison, » dit-elle; tout à coup je fus ravie en esprit, et je vi^ » une lumière éblouissante, de l'éclat le plus majes- » tueux , qui émanait de la Divinité partout présente » et se répandait en tous lieux. Au milieu de la » lumière se trouvait un arc aux couleurs éclatantes » et variées ; au-dessus de l'arc il y en avait un second » d'égale beauté qui portait à son centre , la croix du » Seigneur arrosée de sang; des rayons marquaient » le lieu des clous ^ on y voyait aussi le titre : Jésus » Nazarenus, Rex Judœorum. La très-sainte huiuanité a» du Rédempteur occupait l'espace compris entre les » arcs ; elle avait un grand édat et une apparence » infinimen(| glorieuse, jamais auparavant je ne l'avais » vue ainsi. Mon aimable Sauveur me fortifia de telle » sorte que je pus contempler à mon aise, et pendant » longtemps, ses splendeurs toutcfe royales. En d'autres » occasions, je l'avais vu de loin et seulement la partie » supérieure de son corps, cette fois-ci je le vis face à
' * Bolland., /. c, ch. xvi, p. 944 et suiv. — Gonzalez, op, c, ch. xn, p. 47, 48. — Ott, op, c, ch. xvi, p. 125 et suiv.
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» face, de la tète aux pieds. » — Gastillo interrompit Rose en cet endroit de son récit, pour lui demander quelles étaient les couleurs des arcs. « Elles étaient » multiples et très-variées, répondit-elle, mais je ne » saurais les décrire ni les comparer. » — Puis elle reprit ainsi qu'il suit : « Des flammes partant de la » très-sainte humanité de Jésus pénétraient jusqu'au » plus profond de mon âme; je me croyais délivrée » de ce corps mortel et admise aux joies éternelles. » Cependant, on voyait auprès du plus beau des enfants » des hommes une balance et une quantité de poids » d'apparence extraordinaire. Des anges vinrent se » grouper autour du Seigneur et le saluer avec le plus » profond respect, une foule innombrable d'élus les » suivait. Les anges prirent la balance et les poids , » pesèrent les peines, les souffrances et les tribula- » tions, et Jésus remit à chacun des élus la part qui » lui en revenait, il m'en donna à moi-même une assez » grande quantité. Alors je vis un entassement énorme » de grâces et de faveurs célestes ; les anges voulurent » les peser également , mais le Seigneur les en em- » pécha, et de sa main toute -puissante il déposa )) les grâces les plus précieuses dans les plateaux »de la balance, les pesa avec les tribulations et » les distribua aux élus. J'en reçus à mon tour une » quantité proportionnée à celle des souffrances qui » m'étaient échues. Je vis de mes yeux les âmes enri- )) chies des plus magnifiques trésors de la grâce divine, )) et j'entendis Jésus, qui disait : L'affliction est tou* » jours la compagne de la grâce. On n'obtient la grâce