‹ Le Pérou et Sainte Rose de Lima:Chapitre 178 sur 244 · CHAPITRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME

ce qu'on lit a ce sujet dans le fragment conservé de son journal ^ :

(( Vêtement que je commence à faire avec Taide de » Dieu à la Reine des anges, moi Rose de sainte Marie, ») très-indigne esclave de cette auguste souveraine : » — six cents Ave Maria ^ autant de Salve Regina, et » quinze jours de jeune en V honneur de la joie pure que » Marie éprouva lorsque Vange la salua en qualité de » Mère du Verbe ^ composeront la chemise de ce vête- » ment; la robe sera faite de six cents At^a et six cents » Salm Regina, de quinze rosaires et de quinze jours » de jeûne en rhonneur de la Visitation; — le même » nombre d'Ave, de Salve, de rosaires et de jours de » jeûne en V honneur de la joie que Marie ressentit à la » naissance de VEnfant divin, seront le velours et les » broderies destinés à orner la robe; ~ autant d'Ave, » de Salve, de rosaires et de jours de jeûne en mé- » moire de la Présentation, feront la ceinture de ta » Vierge ; — le voile sera composé également de six » cents Ave, six cents Salve, quinze rosaires et quinze » jours de jeûne en souvenir de la joie qu'éprouva la » Mhre de Dieu lorsqu'elle retrouva son Fils dans le » temple / — je composerai le bouquet de la Reine des » anges de trente-trois Pater, Ave et Gloria, de trente- » trois Salve Regina, et d'un pareil nombre de cou- » ronnes de Notre^Seigneur et de Notre-Dame en mé* » moire des trente- trois années que Jésus mon Sauveur a » passées sur la terre I »

^ Rolland., /. c, ch. xjx, p. 951. 962. — Ott, ch. xix,

Plus bas on lit : « Le vêtement est achevé, loués » soient le Seigneur et sa Mère bénie, qu'ils daignent » me pardonner mes fautes et ma hardiesse; gloire à » vous Jésus * ! »

Rose avait également une très -grande dévotion pour un beau tableau placé dans Toratoire privé de la famille de la Massa. Cette peinture représentait la Vierge tenant sur ses genoux son Fils endormi. Souvent notre sainte allait y offrir le pur encens de ses prières; plusieurs fois elle fut au moment d'entonner un cantique d'actions de grâces ; mais le sommeil de l'Enfant divin la retenait, elle craignait de le réveiller, et alors elle entendait de son oreille intérieure une voix qui lui disait doucement : Je dors, mais mon cœur veille. Un jour Rose se trouvait en présence de ce tableau en compagnie de sa mère, de la maîtresse du logis et de deux autres matrones. Marie de la Massa se mit à parler de plusieurs grande miracles que la toute- puissance divine avait accomplis récemment à l'église de Notre-Dame d'Atocha, en Espagne. Rose écoutait ces récits avec admiration , mais sans détourner les yeux de l'image de la Vierge. Lorsque la narratrice s'interrompit, notre sainte lui dit vivement : « Continuez, je vous en supplie, communiquez-nous » tout ce que vous savez de la célèbre statue d'Ato- » cha. » Les dames présentes jugèrent, d'après le ton animé de Rose que quelque chose d'extraordinaire lui était arrivé. Questionnée à ce sujet par sa mère lors-

* BoHand., /. c, ch. xix, p. 951, 952. — Ott, ch. xix, p. 146, 147.

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