CHAPITRE DEUXIÈME
également que les croyances des Péruviens touchant Tautre inonde se rapprochaient singulièrement du dogme chrétien; ils admettaient trois sphères distinctes : la première, séjour éternel de ceux qui avaient été bons et fidèles, s'appelait hanan -pacha (monde supérieur) ; la seconde , désignée sous le nom de hurin-pacha (monde inférieur), était un lieu de passage ou de purification ; enfin la troisième, dite veupacha (centre de la terre) ou cupaypa-huacin (maison du diable) , était le séjour des réprouvés et des douleurs éternelles. L'on est étonné de l'idée très-relevée que les Péruviens se formaient des joies du ciel : elles consistaient pour euK en une béatitude éternelle, produite par la vue de la Divinité et de ses perfections infinies, par la réunion de tous ceux qui avaient pratiqué la vertu sur la terre, par l'absence de soucis et d'inquiétudes; mais les plaisirs des sens étaient complètement étrangers au bonheur des élus \
* Nous devons faire observer, avant de terminer ce chapitre, que, malgré la croyance à Pachacamac et le culte du soleil répandu dans Tempire, cette croyance et ce culte n*étaient pas sans mélange , surtout dans les provinces les plus récemment soumises à la domination des Incas. Si les hommages rendus à Tastre du jour tenaient la première place dans Tensemble des pratiques religieuses du pays , ils se combinaient en bien des localités avec les débris de Tidolâtrie primitive et avec une foule de cérémonies absurdes et superstitieuses.
Les premiers missionnaires chrétiens qui pénétrèrent dans ces contrées après la conquête fournissent à ce sujet des renseignements intéressants. Ils rapportent que beaucoup dlndiens adoraient un dieu qu'ils nommaient AtagujUy- et qu'ils considéraient comme te créateur de toutes choses. Ataguju se