CHAPITRE DEUXIÈME
sans employer la violence pour les convertip. Les sucr cesseurs de Manco-Capac marchèrent sur ses traces , adoptèrent ses principes et furent tous les objets d'un amour qui allait jusqu'à l'adoration. La tradition pépuvienne rapporte que la famille des Incas jouissait d|i privilège de ne pouvoir être atteinte parles lois pénales du pays; maÀSjajjou\eA-e\\ej jamais il n'est arrivé qu^ un membre de cette race auguste ait mérité d'être puni;
II résulte de tout ce qui a été exposé que le soleil , considéré comme le principe de vie, de lumière et de chaleur de la création matérielle, était rohjetprineipal du culte des Péruviens. Ils lui élevaient des temples somptueux et célébraient en son honneur des fôtes magnifiques; nous y reviendrons dans un de nos pre* chains chapitres.
Mais le paganisme péruvien avait, comme tous les paganismes, l'idée vague d'un dieu primitif et suprême, caché bien loin au fond de l'univers. Manco-Capac, en donnant à ses sujets leur religion, leur avait parlé aussi d'un étresupérieur créateur unique, etdontpei|t-étre le soleil n'était que l'emblème. Ce dieu mystérieux s'appelait Pachacamac^, et suivant Garçilasso de la Vega , ce nom, — sacré comme celui de Jebovsih l'était pour les Juifs, — ne se prononçait qu'en cas de nécessité ^ avec toutes les apparences de la crainte et du respect le plus profond. Le Péruvien qui noqimait Paehaoamac rapprochait ses épaules, baissait la tète, penchait son corps en avant et levait les yeux au ciel ,
• Nom composé des deux mots : pacha (monde) et camar (aimer).
puis il abaissait le regard vers la terre^ portait ses mains ouvertes sur l'épaule droite et donnait des baisers à Tair. Il parlait au contraire du soleil sans se Jivrer à aucune de ces démonstrations ; ce qui prouve que Pachacamacé lait le plus haut placé des deux dans son opinion. Lorsqu'on lui demandait de définir cet être mystérieux, il répondait que c'était celui qui donnait la vie à l'univers et le faisait subsister, mais que, comme on ne le voyait jamais, on se bornait à l'adorer au fond du cœur sans lui ériger de temples ni lui offrir de sacrifices.
Garcilasso de la Vega dit aussi , dans son Histoire des Inciis, que les Péruviens connaissaient l'existence du démon tentateur, qu'ils appelaient Cupay ; jamais ils ne prononçaient ce nom maudit sans cracher à terre avec tous les dehors de l'horreur et du mépris.
Manco-Gapac avait enseigné aux Péruviens les dogmes de l'immortalité de l'âme et de la résurrection des corps. Garcilasso, — parfaitement digne de foi en sa qualité d'Indien et de descendant de la race des Incas, — nous transmet à ce sujet de curieux détails. Il nous apprend que ses compatriotes appelaient le corps alpacamascaj c'est-à-dire terre animée^ qu'ils conservaient avec grand soin les rognures de leurs ongles et les cheveux qu'ils se coupaient ou qu'ils perdaient, et que jamais ils ne dérangeaient les ossements et les débris des morts, afin que toutes choses se trouvassent au complet et à leur place naturelle au jour de la résurrection. Le même auteur et les écrivains espagnols du temps de la conquête affirment