‹ Le Pérou et Sainte Rose de Lima:Chapitre 180 sur 244 · CHAPITRE SEIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEIZIÈME

Zèle ardent de Rose pour le salut des âmes.

Nous avons eu occasion de parler de l'immense charité de Rose et de son zèle pour le salut des âmes. Ce zèle grandit après que le Seigneur eut daigné lui donner le gage de l'union très-pure qu'il avait contractée avec elle, et dont il a été question au chapitre précédent. Rose considérait ses semblables comme les membres vivants de Jésus-Christ, elle savait à quel prix son céleste Époux avait racheté les âmes, et elle ressentait une poignante douleur en pensant à toutes celles qui se perdent après avoir été si chèrement payées.

Souvent elle dirigeait ses yeux baignés de larmes vers la chaîne des Cordillères habitée par des Indiens plongés dans les ténèbres de l'idolâtrie. Le royaume du Chili, qui, après avoir connu la vraie religion, était retourné au culte abject des idoles, lui causait une

* Bolland., /. c, ch. xix, p. 951, 952. — Ott, ch. xix, p. 146, 147.

profonde affliction; eiie pleurdit aussi sur le sort des Chinois, des Turcs et des nombreuses sectes schismatiques et hérétiques qui désolaient l'Europe, après avoir déchiré la robe sans couture de l'Église. Quelquefois on rentendait s'écrier que pour sauver les âmes elle consentirait à se laisser hacher en morceaux , et qu'elle voudrait pouvoir se placer à la porle des enfers afin de les empêcher d'y entrer \ Hélas I ajou* tait-elle, les âmes tombent dans le gouffre infernal comme les feuilles desséchées tombent sur la terre pendant une violente tempe te' d'automne, et cependant Jésus a payé la rançon de chacune d'elles! Sainte Catherine, de Sienne avait exprimé le même vœu et éprouvé la même douleur.

Rose regrettait que son sexe ne lui permit pas de remplir les fonctions de missionnaire, qui lui semblaient particulièrement dignes d'envie; elle eût parcouru vo* lontiers le monde entier pour essayer de ramener les brebis errantes au bercail du bon Pasteur. .

L'un de ses confesseurs lui déclara un jour qu'il se sentait poussé à aller porter aux idolâtres la lumière de l'Évangile. Loin de faire un retour égoïste surell^ même et de s'attrister à la pensée de perdre son père spirituel, Rose reçut cette ouverture avec la joie la plus vive. Elle exhorta son directeur à ne se laisser détourner par aucune considération du dessein que Dieu lui inspirait, à n'en pas retarder l'exécution et à ne craindre aucun danger. Elle lui représenta qu'en

^ Bolland., /. c, cfa. xxit, p. 960 et suiv. — Gonzalez, op. €., ch. XVI, p. 60 et suiv. — Ott, eh. xxii, p. 168 et suiv.

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