‹ Le Pérou et Sainte Rose de Lima:Chapitre 181 sur 244 · CHAPITRE SEIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEIZIÈME

délivrant les âmes des liens de Satan on devenait créancier du Seigneur , que l'assistance d'en haut ne manquait jamais à ceux qui remplissent dignement les fonctions apostoliques, et que si tous ses efforts ne devaient avoir d'autre effet que la conversion de quelques pauvres idolâtres , ce serait déjà un magnifique résultat \ Le religieux, voulant s'assurer que Dieu lui parlait par la bouche de Rose, feignit de ne pas être décide encore, de redouter les périls qu'il aurait à affronter, et, après une hésitation simulée, il finit par déclarer qu'il embrasserait la vie dangereuse du mis* sionnaire si Rose consentait à l'assister de ses jeûnes, de ses prières et de ses mortifications. Rose considérait ce qu'elle faisait comme fort peu de chose et n'en parlait jamais; en cette occasion elle se départit de sa réserve habituelle et promit, sans hésiter, de rendre le père participant à toutes ses œuvres, à la condition que, de son côté, il l'associerait au mérite de son apostolat parmi les infidèles. La proposition fut acceptée avec reconnaissance ; soutenu par les prières de notre sainte, le nouveau missionnaire amena beaucoup d'âmes à la connaissance du vrai Dieu ^.

Rose exhortait avec la même ardeur les autres ecclésiastiques, en particulier ceux de Tordre de Saint- Dominique, à travailler à la conversion des idolâtres et des impies. Elle avait coutume de leur dire que dans leurs travaux ils devaient se proposer un but unique,

* Bolland., /. c, cb. xxn, p. 960 et suiv. — Gonzalez, op. r,, çh, XVI, p. 60 et suiv. — Ott, ch. xxn, p. 168 et sulv.

* Ibid.

à savoir : « de soumettre toute TAmérique au joug » très-suave de Jésus-Christ, et de faire entrer dans » les célestes demeures tant de millions d'âmes que )) Satan tenait en son pouvoir \ » Elle les suppliait de renoncer aux disputes, aux arguties; car, ajoutait-elle, c'est en vain que l'on étudie et que l'on veille poilr devenir savant si cette science n*est pas employée à la propagation de la foi. « Ah ! disait-elle encore , si j'étais homme et si j'avais les connaissances nécessaires, je consacrerais mon existence à porter les lumières de rÉvangile aux peuples païens, je donnerais joyeusement la dernière goutte de mon sang pour les amener à la connaissance de la vérité. »

Le regret de Rose de ne pouvoir s'employer activement pour un but aussi saint était si profond que, dans lesdernières années de sa vie, elle se proposa d'adopter un petit orphelin , de le faire élever et étudier avec l'assistance de quelques personnes pieuses, de lui inspirer dès l'enfance un très-vif désir de sauver les âmes, et de l'envoyer à sa place, après qu'il serait devenu prêtre , prêcher parmi les idolâtres. La mort prématurée de notre sainte ne lui permit pas d'exécuter ce plan charitable *.

Le zèle de Rose éclatait de même lorsqu'il s'agissait de retirer le prochain des voies du péché ou de le pousser à réformer des habitudes vicieuses capables de compromettre le salut éternel. Dans son ardente

* Bolland., /. c, ch. xxn, p. 960 et suiv. — Gonzalez, op. c, ch. XVI, p. 60 et suiv. — Oit, eh. xxii, p. 168 et suiv. 2 Ibid,

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