CHAPITRE DIX-NEUVIÈME
Juan de Castillo, célèbre médecin, auquel sa haute pi^té avait valu le glorieux surnom de véritable serviteur de Dieu, était vraiment un religieux par la vie qu'il menait, bien qu'il fût séculier par état. Très-versé dans la connaissance des saintes Ecritures, profond philosophe et théologien, il résolvait avec une admirable précision les questions les plus difficiles, et il connaissait, par sa propre expérience, lés effets merveilleux de la grâce dans le cœur humain. Castillo fut le collaborateur de l'illustre jésuite Diego Alvarez de Paz dans la rédaction du livre sur la prière et la méditation; le traité remarquable sur l'illumination intérieure qui se trouve dans cet ouvrage est de la main du docteur; les évoques les plus distingués du nouveau monde ont célébré les mérites de Castillo \
Les mêmes prélats ont fait un éloge également éclatant de maître Juan de Lorenzana. Il était le confesseur de Rose au moment des examens et le resla jusqu'à la mort de la sainte. Voici le portrait que font de lui les biographes^ : « II se distinguait autant par son immense science que par la sainteté de sa vie. Profond contemplatif, doué d'une mémoire prodigieuse, d'une raison exquise, réunissant au plus haut degi'é le mépris du monde à la connaissance des affaires, il était le directeur spirituel le plus en renom de Lima. Il expliquait les saintes Écritures à l'université de cette ville; fut d'abord prieur puis provincial des dominicains du nouveau monde, et jouissait de l'estime gêné-
* Bolland., /. c, ch. xiii, p. 934 et suiv. — Gonzalez, ch. x, p. 36 et suiv. — Ott, ch. xiii, p. 97 à 108,
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raie. L'archevêque Turribius et le vice-roi du Pérou rappelaient fréquemment à leurs conseils. Ce sabt religieux devint le guide de Rose de Flores, par une disposition spéciale de la Providence. »
On adjoignit à ces deux hommes éminents, pour procédera l'examen de la sainte, le savant père jésuite Diego Martinez et les pères dominicains Alphonse Velasquez, Louis de Bilbao et Juan Perez. Marie de Flores et Marie de- la Massa assistèrent à la séance comme témoins'.
Le docteur Castillo porta le premier la parole. « Pendant trois heures, dit le P. Hansen, le principal » des historiographes de Rose *, il sonda le cœur de la » sainte et compta les pulsations de son àme, mais il » en trouva toutes les artères et toutes les fibres dans » un état parfaitement normal. »
Il lui demanda d'abord depuis combien de temps elle se sentait poussée à l'oraison et à la méditation ?. « Je ne saurais vous le dire, fut la réponse de Rose, » car dès mon enfance la prière a été mon occupation » favorite, et alors déjà rien ne m'était plus agréable » que de penser à Dieu, de parler de lui et des choses » du ciel *. »
Castillo voulut savoir ensuite comment et de quelle façon elle avait progressé dans l'habitude de l'oraison mentale, a Avez- vous eu à subir une lutte, lui dit-il,
* Bolland., /. c, ch. xiii, p. 934 et suiv. — Gonzalez, ch. x, p. 36 et suiv. — Ott, ch. xin, p. 97 à 108. ' ' Ap. Bolland., / c.
» Ibid.