‹ Le Pérou et Sainte Rose de Lima:Chapitre 20 sur 244 · CHAPITRE TROISIÈME. 3(S · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME. 3(S

Guzco^ formait à peu près le point central; la pro* vince située du côté du levant se nommait Antisuyu, et l'immense chaîne de montagnes qui la traverse s'appelait également Anti*. On donnait aux zones. oc« cidentale , septentrionale et méridionale les noms de CuntinsuyUj Chinchasuyu et Collasuyu.

Les Incas distribuèrent la population de Tempire en décuries, ayant chacune un officier chargé de surveiller dix familles et de juger leurs différends. Un autre officier supérieur avait la même inspection sur cinquante familles, d'autres sur cent, sur cinq cents, sur mille.

Les décurions et les inspecteurs de rangs plus élevés rendaient compte aux millinaires des bonnes ou des mauvaises actions commises dans leurs brigades, ils en sollicitaient la récompense ou le

le long de Tun de ces m^âts et y immolait un lapin ou un mouton. On présentait aussi aux dieux de la farine de maïs délayée dans de Tean et on brûlait en lear honneor de Fherbe de coca.

Les Idoles des Indiens étaient sculptées en pierre ou en bois et creuses a/în de pouvoir rendre des oracles. Car, de même que chez tous les peuples païens de Tantiquité, les démons parlaient fréquemment au Péron, par la bouche des simulacres que Ton y adorait. Ces idoles étaient établies sur de riches coussins, habillées en étoffes de laine fine et souVent décorées d*or et de pierreries. Elles avaient leur trésor, leurs prêtres, leurs majordomes et leurs esclaves chargés de les servir, de les habiller, de remplir les f<nietions nécessaires dans les sacrifiées, et enfin des bergars auxquels était confiée la garde de leurs troupeaux.

^ Dans la langue réservée aux Incas, Cuzco signifiait ombilic de la terre.

^ Ce nom a été converti par les Européens ai ceini à* Andes*

châtiment, avertissaient lorsqu'on manquait d'habits, de vivres ou de grains pour Tannée. Les millinaires communiquaient ces diverses informations aux gouverneurs des provinces, et ceux-ci, à leur tour, tenaient le souverain au fait de tout ce qui se passait.

Ce système avait pour but : d'établir l'union parmi les citoyens en les portant à se considérer comme les membres d'une même famille , d'assurer au pays une masse compacte de défenseurs, de maintenir en tous lieux l'ordre public et de faire obtenir promptement justice à chacun. Le chef de compagnie convaincu d'avoir porté de la négligence dans l'accomplissement de ses devoirs encourait la punition la plus sévère. La justice était sommaire et débarrassée des formes qui pouvaient occasionner des frais; elle se rendait sans appel, chaque juge prononçait en dernier ressort, seulement il devait rendre compte à son supérieur des causes qu'il avait jugées. C'était le seul contrôle auquel il fût soumis. Nous avons parlé, de l'excessive sévérité de la législation péruvienne; mais, nous le répétons, les crimes et les fautes qui entraînaient la peine capitale, étani considérées comme autant d'offenses directes à la Divinité, se présentaient fort rarement dans Tempire des Incas.

La loi commune du Pérou obligeait tous les Indiens valides à travailler aux ouvrages d'utilité publique, c'est-à-dire à la construction des temples et des demeures royales, à l'entretien des chemins et des

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