‹ Le Pérou et Sainte Rose de Lima:Chapitre 21 sur 244 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

ponts, et à la culture des terres appartenant au souverain. Manco-Capac, considérant l'oisiveté comme mère de tous les vices, se montra fort sévère contre elle dans sa législation. Il voulut que dans ses Etats chacun fût occupé et capable de pourvoir aux premières nécessités de la vie. Quiconque avait assez de forces et de santé pour travailler devait accomplir la tâche qu'on lui assignait, sous peine d'être châtié en place publique comme fainéant. On employait même les enfants; dès qu'ils avaient atteint l'âge de cinq ans on les chargeait de quelques menus ouvrages pour leur donner l'habitude de l'occupation. Ceux-là seuls que l'âge où les infirmité» rendaient absolument impropres au travail étaient entretenus par les magasins publics, mais ils devaient préserver du dégât des oiseaux les terres ensemencées. On avait recours à ces mêmes magasins publics pour nourrir les voyageurs et les étrangers qui arrivaient dans une localité; on les recevait dans les maisons établies à cet eflîet, et où on leur fournissait généreusement ce dont ils avaient besoin.

Une loi dite fraternelle, et destinée à faire vivre parmi les Péruviens le sentiment de la véritable charité , enjoignait aux ciloyens de se prêter gratuitement assistance pour bâtir et réparer les maisons , pour ensemencer les champs et rentrer les récoltas.

MancO'Capac, dans une.autre de ses ordonnances, détermina les dépenses ordinaires des familles, régla leurs repas et interdit l'usage de l'or, de l'argent et dé pierreries sur les vêtements. Cette même loi statua

que les habitants d'une même localité, sans en excepter les plus pauvres et les plus infimes , mangeraient en commun, deux fois par mois, en présence de leurs préposés, et qu'ensuite les hommes valides se livreraient à des jeux et à des exercices militaires, afin de s'habituer au maniement des armes.

Une loi particulière obligeait tous les citoyens à laisser leurs porter ouvertes pendant leurs repas, afin que les magistrats chargés de l'inspection des temples et des maisons, et appelés llactacamaifu, pussent y pénétrer librement et voir si les pères et les mères administraient bien leurs ménages et élevaient con* venablement leurs enfants. Lorsque ces officiers entraient dans une maison bien tenue, ils adressaient à haute voix leurs félicitations aux chefs de la famille; quand, au contraire, ils y trouvaient des traces de négligence, ils en châtiaient les propriétaires à grands coups de fouet.

On voit qu'il y avait dans cette législation un sin* gulier mélange de despotisme , de rudesse Spartiate , de charité et de sollicitude paternelle; nous parlerons plus tard de la direction qu'elle imprima à la civilisation péruvienne.

La loi agraire de Manco-Capac, maintenue par ses descendants jusqu'à la chute de l'empire, doit fixer particulièrement Taitention. Le premier Inca décréta que les terres susceptibles de culture seraient toujours partagées en trois parts, à savoir : celle du soleil, celle du souverain et celle du peuple.

Les terres du soleil fournissaient à l'entretien de&

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