CHAPITRE DIX-NEUVIÈME. 40l
Castino savait que Rose avait souvent de mystérieux entretiens avec diverses images saintes, et qu'en particulier la Vierge et l'Enfant Jésus de la chapelle du Rosaire étaient Faimant qui l'avait attirée dès Tenfance. Il n'ignorait pas qu'elle confiait toutes ses afi^aires à cette image, et qu'en la fixant elle savait sur-lechamp si elle serait exaucée ou non. Il la questionna donc sur la nature de ces rapports. « Mes entretiens » avec la très-sainte Vierge et l'Enfant Jésus de la cha- » pelle du Rosaire ont lieu sans bruit ni mouvement, » répondit Rose '. Ils consistent en une pure sympathie «produite par l'harmonie des sentiments: le visage » de la statue de Marie s'exprime d'une manière si » claire à mon égard, qu'aucun discours ne saurait pro- » duire la certitude qui en résulte; il en est de même du » visage de l'Enfant Jésus; j'y lis la réponse que j'at- » tendais comme dans un livre ouvert, bien mieux que » si elle eût été écrite. Les yeux , les lèvres , les joues » des deux figures respirent une grâce mystérieuse et » sont expressifs à un point que je ne puis rendre. Les «signes ne sont pas toujours favorables; la sainte » Vierge et son divin Fils prennent quelquefois un air » très-sérieux, menaçant même. Mais dans ces occa- » sions je ne me décourage pas et je continue à prier » jusqu'à ce que j'aie désarmé le petit Jésus par l'in- » tercession de sa Mère et qu'il m'ait accordé un sou- » rire gracieux. »
« Dans le moi sympathie^ dont vous vous êtes servie
* Bolland., /. c. — Gonzalez, ch, xiv, p. 54, — > Ott, ch. xix, p. 146, 147,
» fort à propos, Rose, reprit le docteur^ ^i tout le lûys- )> tèra de ce coamierce intime aiire vous et Un sainte » image. Ce que vous voyez intérieureBieDt avec les » yeux de Tespril, prend pour voi^ une forme eorpo- » relie, et par le moyen de la sympathie.qui vous attire » vers cette image, se traduit en des signes exlérie»*^ » rement visibles pour vous. »
Cependant Castillo frappé de la implicite modeste et de la profonde sagesse des réponses de notre sainte^ et comprenant que plus on parlait des choses spiri* tuelies et plus aussi on trouvait à en dire, termina après cette question la première partie de son ioterrogatoire, pour passer aux œuvres de pénitence el aux mortifications exercées par Rose ^ L'humble viei^e, qui estimait ne rien faire que de très-ordinaire, lui fit con« naitre, en toute simplicité, ses habitudes austères, ses jeûnes, ses cilices, son coucher et les autres tourments qu'elle s'infligeait volontairement, ajoutant qu'en tout ce qu'elle pratiquait elle se conformait aux avis de ses confesseurs et aux permissions qu'ils voulaient bien lui accorder.
Le docteur, après avoir parlé encore à Rose de la nécessité de se défier de soi-même, de la foi, de l'es* pérance et de la charité, finit son examen en décla-* rant que notre sainte suivait la voie la plus sûre de la vie spirituelle; qu'il la reconnaissait affirancbie de toute illusion et de toute influence de l'esprit de ténèbres*.
* Bolland., /. c. — Gonzalez, op. c, eh. x, p. 36 et siriv. — Ott, op, c, ch. xin, p. lOS et suiv.
^A partir de .ce temps, le docteur Gastillo vit souvent