‹ Le Pérou et Sainte Rose de Lima:Chapitre 218 sur 244 · CHAPITRE VINGT ET UNIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT ET UNIÈME

souffert en sa vie, tant par les maladies que par ses mortifications volontaires, ne pouvait être comparé à ce qui lui restait à souffrir. Elle sut que chaque membre de son corps aurait son supplice particulier, qu'elle endurerait la même soif que le Sau*veur avait soufferte sur la croix, et que d'intolérables ardeurs pénétreraient jusqu'à la moelle de ses os. Rose accepta tout avec la plus entière soumission. Elle fit part de ce qui l'attendait à son amie, la femme de Gonzalve , et lui dit ' : « Ma chère mère , dans quatre » mois je m'en irai de ce monde ; les souffrances de » ma dernière maladie seront épouvantables, et la » plus grande de toutes sera une soif inextinguible. » Ne m'abandonnez pas alors, je vous en supplie, et » ne refusez pas à mon palais desséché et à mes en- » trailles embrasées le rafraîchissement dont j'aurai ») besoin. » Marie de la Massa, convaincue que Rose lui parlait très-sérieusemenl , promit de faire ce qu'elle lui demandait quand le moment serait venu.

Dans une autre occasion notre sainte dit encore à Marie* : « C'est chez vous, dans votre maison, que je » rendrai le dernier soupir; je vous conjure d'aider » alors ma mère à revêtir mon cadavre et à le déposer » dans le cercueil , et de veiller à ce que personne autre w n'y touche; je vous demande cette dernière preuve » d'amitié au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ*. »

* Bolland., /. c, ch. xxvii, p. 977 et suiv. — Gonzalez, op, c, ch. XIX, p. 71 et suiv. — Ott, op, c, ch. xxvii, p. 2lé et suiv.

'Ibid.

Rose 9 afin de se préparer au moment où elle devait vider le calice amer qui lui ^tait destiné, allait passer tous les jours de longues heures à la chapelle du Rosaire , pour se mettre sous la protection de la trèssainte Vierge. Marie la soutenait, Tencourageait et avait avec elle de célestes entretiens. Un matin, tandis que Rose se trouvait à la chapelle , Jean de Tinio Almanza , ami des ramilles de Flores et de la Massa, y vint par hasard; il s'approcha de la sainte et se recommanda à ses prières. Mais Rose, le regardant le visage enflammé, lui dit : « Âh! c'est à vous à prier » pour moi, car je vais avoir grand besoin de soutien. » Tinio conclut de ces paroles que Rose avait eu connaissance par révélation de sa mort prochaine et des douleurs qui devaient l'accompagner ^

A la fin du mois de juillet, trois jours avant l'époque qui lui avait été fixée comme devant être celle da commencement de la lutte suprême , la sainte se rendit à la demeure de ses parents pour prendre un congé définitif de la petite cellule qui avait été pour elle le paradis terrestre. Là, se croyant seule, elle entonna son chant du cygne d'une voix qui semblait être un écho du ciel , et dans des paroles d'un rhythme admirable ^ elle recommanda sa mère à la protection divine et supplia saint Dominique, sous la bannière duquel Marie de Flores devait bientôt s'enrôler, de la soutenir et de la consoler dans son abandon. Marie ^ qui se trouvait

* Bolland., /. c, ch. xxvii, p. 977 et suiv. — Gomalez, op, c, ch. XIX, p. 71 et suiv. — Oit, op, c, ch. xxvu, p. Î16 et suiv.

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