CHAPITRE VINGT ET UNIÈME
)»de tout leur cœur un si aimable Seigneur? Hélas î » que cette froideur est injuste ! Oh 1 que je voudrais » avoir assçz de force et d'éloquence pour embraser » le monde entier de Tamour de Jésusl »
Sainte Catherine de Sienne, la mère spirituelle de Rose, avait exprimé souvent ce même dééir*
Depuis que notre sainte était devenue la commensale de la famille delà Massa, c'était dans la maison de Gonzalve que se faisaient les préparatifs de la procession de sainte Catherine, et suivant sa coutume. Rose se chargeait de la décoration de la statue. Dans la dernière année de sa vie, il arriva que, trois jours avant la procession, sa main droite enfla de telle sorte qu'il lui fut impossible d'en faire usage; elle dut se borner à présider aux préparatifs de la fête , mais sans y prendre part directement. Les médecins lui firent une saignée, examinèrent la main malade ôl déclarèrent le cas fort grave. Gonzalve, qui se trouvait présent, en fut effrayé. Rose souffrait cruellement, elle ne regrettait qu'une chose, c'était de ne pouvoir solenniser cette glorieuse journée ainsi qu'elle avait coutume de le faire ^ Après la procession, la statue fut reportée à la maison du receveur des domâtines pour être dépouillée de ses ornements. Rose s'agenouilla et lui adressa une fervente prière ; ao bout de quelques instants elle se releva vivement, demanda des ciseaux à l'épouse de Gonzalve et commença à détacher les colliers et les bagues dont l'image
' Bolland., /. c, ch. xx, p. 956. — Gonzalez, op. c.,ch, xiu^ p. 56. — Ou, op, c, ch. XX, p. 156 et suiv.
m SAINTE ROSE DE LIMA.
était couverte. Marie de la Massa, la voyant occupée de la sorte, ne put s'empêcher de lui dire: «Au nom » du ciel , prenez garde , mon enfant , vous allez » estropier tout à fait votre main malade. » Mais la sainte lui répondit en riant et sans interrompre son travail : « Celui qui m'a donné ma main m'en a rendu » Tusage. »
Une heure après, Gonzalve, étant venu, vit avec étonnement Rose armée de ciseaux; il s'approcha d'elle, regarda sa main et la reconnut parfaitement guérie. Il en éprouva une Joie extrême et demanda à sa fille d'adoption comment la chose s'était passée. a Au moment où je finissais ma prière, lui dit-elle \ »j'ai senti qu'une force inconnue se répandait dans umes membres, l'enflure et la douleur avaient dis- » paru , et un inexprimable sentiment de bien-être et » de joie remplissait mon âme. »
On fit venir les médecins qui avaient vu la main peu d'heures auparavant. Ils déclarèrent que cette guérison ne pouvait s'attribuer qu'au miracle '.
Gepentiant Rose avançait rapidement vers le terme de son pèlerinage terrestre. Quatre mois avant sa mort elle eut une vision dans laquelle la dernière maladie qu'elle devait subir lui fut montrée dans tous ses détails^. Il lui fut annoncé que ce qu'elle avait
* Bolland., /. c, ch. xx,p. 956. — Gonzalez, op. c, ch. xin, p. 5G. — Ott, op. c, ch. XX, p. 156 etsaiv.
^ Jbid.
• Bolland., /. c, ch. xx\n, p. 977 et suiv. — Gonzalez, op. c, ch. XIX, p. 71 et suiv. — Ott, op. c.,ch. xxvii,p. 216 et suiv.