‹ Le Pérou et Sainte Rose de Lima:Chapitre 232 sur 244 · CHAPITRE VINGT-TROISIÈME. m · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-TROISIÈME. m

toute la pompe iisaginabie. L'archevêque ^ le viceroi, les autorités et la noblesse de la capitale y assistèrent^ le concours des fidèles fut immense. Un prêtre fit 9 avec une entraînante éloquence, le {panégyrique de celle qui, ditril, se trouvait maintenant en face du trône de Dieu ; — il termina son discours en recomh mandant aux prières de Rose la ville de Lima et ses habitants.

A partir de ce jour^ les fidèles se portèrent de plus en plus au tombeau de la sainte, qu'illustrèrent un trèsgraûd nombre de miracles. Les maisons de la Massa et Flores et surtout la petite cellule du jardin devinrent de véritables lieux, de pèlerinage; chacun voulait voir les endroits où Rose avait vécu, et les personnes les plus haut placées sollicitaient comme une insigne faveur quelque débris de ses vêtements ou d'autres objets lui ayant appartenu..

Mais ce qu'il y eut de bien plus admirable encore, ce fut rimmeiise mouvement religieux auquel la mort de notre sainte servit en quelque sorte de signal. De nombreux et authentiques documents ne permettent aucun doute à ce snjet. Dès le jour du convoi funèbre de la fille des Flores, une innombrable quantité de pé* "cheurs endurcis se sentirent émus et ébranlés jusqu'au fond de Vkme. On vit pendant plusieurs mois les confes* fiionnaux assiégés depuis l'aube du jour jusqu'à une heure avancée de la nuit, les nombreux membres des dergés séculier et régulier de Lima n'y pouvaient •presque pas suffire. On n'entendait parler que de récon^ dliations, de restiti^ions , de cessation de scandales^

d' œuvres de charité et de mortifications ; le peuple de la capitale était fier de compter un des enfants de la cité au nombre des saints de Dieu, et il ne se contentait pas de rhonorer en célébrant des fêtes pompeuses, il voulait se montrer digne d'elle ! Cette prodigieuse rénova* tion ne se borna pas à Lima, ni même au vaste royaume du Pérou, elle s'étendit avec une miraculeuse rapidité à toute la Nouvelle-Espagne, elle s'empara des Européens et des indigènes ; Rose avait satisfait à la justice étemelle; par la rigueur de ses pénitences et par la pratique des plus sublimes vertus au degré héroïque, elle avait effacé les scandales du passé et attiré ainsi la bénédiction du Seigneur sur les pays qui l'avaient vue naître.

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