‹ Le Pérou et Sainte Rose de Lima:Chapitre 231 sur 244 · CHAPITRE yiNGT-TROISIËHE · texte numérisé non relu

CHAPITRE yiNGT-TROISIËHE

évèque de Guatemala; ce prélat avait scrflicité la faveur de rendre les derniers honneurs à la défunte ^ Mais pendant Toffice, les mots : Rose est sainte, que la sainte nous protège, retentissaient dans Téglise, les cris de la multitude avaient une puissance telle que Ton n'entendait plus les hymnes sacrées; les chantres, déroutés, quittèrent enfin leurs places et se groupèrent autour de Tautely où Tofiice se termina à voix basse. Lorsque Tévéque s'approcha de la civière pour réciter les dernières prières , les lamentations , les gémissements et les larmes recommencèrent avec plus d'énergie que la veille, et la foule s'élança vers le catafalque avec une impétuosité si extraordinaire afin de voir, de toucher une dernière fois Rose et d'emporter quelque relique, que Pierre de Valence, pour éviter le désordre,engagea le prieur des dominicains à remettre encore l'enterrement. Le peuple en accueillit la nouvelle avec de joyeuses acclamations et se dispersa peu à peu *.

Il était d'ailleurs inutile de se hâter d'ensevelir le corps; il était là dans toute sa fraîcheur et sa beauté, il restait parfaitement flexible, et comme Tâme l'avait laissé tout imprégné du parfum de ses vertus, it répandait une odeur exquise, mélange de lis et de roses, véritable émanation du paradis et dont ne pouvaient se rassasier ceux qui l'entouraient. Malgré la fumée

. * Bolland., /. c, Ghria posthuma, eh. ï, p. 9S4 et suiv. — Gonzalez, op. e., ch. xx, p. 78 et suiv. — Ott, op, e., eh. xxix, p. 237 et salv.

> Jbid.

des ciergesy malgré les flots de poussière soulevés par lés allants et les venants, le visage et les mains conservaient leur pureté parfaite, aucun signe de dissolu^ ttôn ne se manifestait \

. Cependant le peuple s'écoula lentement, et l'église se trouvant vide vers l'heure de midi, les dominicains jugèrent le moment opportun pour procéder à l'enterrement. Le corps fut transporté en silence dans le cloître, placé dans un cercueil de bois de cèdre, descendu dans le caveau qui avait été disposé à cet effet et que l'on mura immédiatement. Après avoir terminé les prières d'usage, les religieux s'éloignèrent pour prendre leur repas. Mais la foule ne tarda pas à revenir, et ne trouvant plus le corps à l'église, elle se précipita dans le cloître, et chacun emporta un peu de poussière de la tombe de Rose*.

> Afin d'honorer davantage la sainte, on résolut de célébrer pour elle un service public et très -solennel. Ce service devait avoir lieu le 27 août, mais comme c'était un dimanche, la cérémonie fut remise au lundi 4 septembre; on remarqua avec étonnement que c'était précisément le jour ou l'Église fête l'ad* mirabie vierge de Viterbe, autre Rose également glorieuse'.

Le service fut fait à l'église des dominicains avec

* Bolland., /. c, Gloria posthuma, ch. i, p. 9S4 et suiv. — Gonzalez, i^.c, ch. xx, p. 7t et suiv* — Ott, op. c, eh.xxtx^ |). 237 et soiv.

» Ibid,

» md.

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