‹ Le Pérou et Sainte Rose de Lima:Chapitre 241 sur 244 · CHAPITRE VINGT-SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-SIXIÈME

Nous avons parlé, dans le chapitre consacré à la mort de Rose , de son apparition à Âloysia Serrano et à une autre femme; nous n'y reviendrons pas.

Le docteur Jean de Castillo déclara , quinze ans après la mort de la sainte, en présence du tribunal ecclésiastique et sous la foi du serment, que la servante du Seigneur lui était apparue au milieu d'une grande lumière, a Elle portait, dit-il, le vêtement dominicain » blanc , était rayonnante et d'une incomparable » beauté; son visage avait plus d'éclat que le soleil; » des roses blanches et rouges couvraient son habit; » elle tenait à la main droite une branche de lis, et » des jets de lumière partaient de son visage et de la » fleur qu'elle tenait. Rose m'a parlé avec beaucoup » de douceur; elle s'est entretenue avec moi du bon- » heur dont elle jouit, et je ne trouve pas d'expressions » pour rendre ce qu'elle m'en a dit. »

' Diego Hyacinthe Paceco était chargé de copier en écriture ronde, dont il n'avait pas l'habitude, les deux mille feuillets composant les actes du premier procès de la sainte. D'abord il ne put presque rien faire, et cette écriture inaccoutumée lui avait tellement gonflé la main et le bras qu'il se coucha désolé et convaincu qu'il serait obligé de laisser là son travail. Mais, dès qu'il se fut endormi, il vit en songe Rose s'approcher de lui, telle qu'il l'avait connue jadis. Elle toucha doucement le membre endolori et disparut. ' Le lendemain matin l'écriture ronde ne lui présenta plus aucune difficulté , il s'en acquitta dans la

dernière perfection et avec tant de rapidité que les

deux mille feuillets furent prêts avant Tépoque fixée. Dans Tespace de six ni<HSy Rose apparut fréquem* ment, environnée d'une gloire céleste-, à Jean de Villalobos, un de ses confesseurs. Elle lui donna d'admirables conseils; plus tard elle lui députa souvent un ange. D'autres personnes d'une sainteté reconnue jurèrent en présence du tribunal ecclésiastique qu'elles avaient vu Rose, tantôt en compagnie* de son céleste Épouxy tantôt priant pour Lima, sa ville natale, tantôt encore assistant aux séances du tribunal devant lequel 9a cause était pendante, et souriant anx dépositions des témoins.

Nous avons parlé des conversions nombreuses qui eurent lieu lors, de la mort de Rose.

Plusieurs jeunes gens, libertins effrontés, qui avaten t vu passer son convoi, se sentirent instantanément émus jusqu'au fond de l'àme, rentrèrent en eux-mêmes et devinrent, à partir de ce jour, des chrétiens fervents et persévérants.

Le même fait eut lien pour un homme qui s'était rendu coupable depuis plusieurs années de communions sacrilèges. Il fit une confession générale, proclama ses turpitudes passées et devint un pénitent exemplaire.

Marie de Flores déclara, en présence du tribunal ecclésiastique, qu'après le décès de sa fille une foule de personnes étaient venues lui porter des aumônes, poussées par la reconnaissance qu'elles devaient à Rose, laquelle leur avait obtenu les grâces et les lumières nécessaires à leur conversion.

CHAPITKE VINGT-SIXIÈME. 467

Les confesseurs les plus éclairés de Lima ^ du Pérou et de toute la Nouvel le-Espagoe firent des dépositions semblables.

Passons aux miracles. Ici encore nous nous bornerons à rapporter quelques-uns des faits les pltis sail* lants, cités par les Bollandistes, par Gonzalez, et par la bulle de canonisation ' .

Grégoire Torrès, cultivateur, habitant l'un des faubourgs de Lima, avait une petite fille , nommée Madeleine, âgée de deux ans. Cette enfant mourut d'une fièvre inflammatoire au mois d'octobre i 629» Au moment où on se disposait à fermer le cercueil , la mère désolée se souvint qu'elle possédait, un morceau du vêtement de Rose et un petit bouquet d'épines qui avait fait partie du lit de la sainte. Elle s'agenouilla à côté du cadavre de sa fille, et après avoir adressé une fervente prière à la servante du Seigneur, elle fit brûler les deux reliques et s'en servit pour encenser la défunte* Aussitôt Madeleine ouvrit les yeux, se mit sur son séant et demanda à boire; la mère mêla un peu de terre de la tombe de Rose à l'eau qu'elle lui donna , et la petite sortit du cercueil en parfaite santé*

En 4 631 mourut Antoine Bran , serviteur dévoué et fidèle de Jeanne Barreta. Sa femme et la dame Barreta, placées au[Hrès du lit mortuaire, versaient des larmes abondantes. Tout à coup Jeanne aperçut, fixée au mur, une petite image de Rose , gravée à Rome j et arrivée récemment à Lima. A cette vue, elle se sentit saisie

• Loc, cit.

(l'une confiance surnaturelle, et après avoir invoqué l'assistance de la fille des Flores, elle prit respectueusement l'image, la plaça sur la poitrine du défunt et se mit en prière. Après une demi-heure d'attente, les deux femmes entendirent pousser un profond soupir, puis Antoine se souleva. Il était parfaitement bien portant et alla au tombeau de Rose pour lui rendre grâces.

Le jour même de l'enterrement de Rose, Alphonse Diaz, mendiant cul-de- jatte, connu de toute la ville de Lima, et un jeune nègre, atteint de la même infirmité, furent parfaitement guéris en touchant le cercueil de la sainte.

La guérison fut accordée, également pendant l'enterrement, à Elisabeth Duran, au prêtre Georges de Aranda et à un nègre, privés tous trois de i'usage de l'un de leurs bras, et à plusieurs personnes de tout âge et de tout sexe, atteintes d'infirmités diverses.

Les auteurs que nous suivons rapportent un nombre très-considérable de miracles obtenus par l'intercession de Rose, par l'application de ses reliques, par l'emploi de la terre de son tombeau , ou par ses images, qui se répandirent à tel point que bientôt il n'y eut plus de maison au Pérou et dans la Nouvelle- Espagne où l'on n'en trouvât une. Ce sont des morts ressuscites , des maladies invétérées déclarées incurables et des genres les plus divers, instantanément dissipées, des aveugles devenus clairvoyants, des femmes heureusement délivrées dans des couches périlleuses, des dangers détournés, etc., etc. Nous

Page 1