‹ Le Pérou et Sainte Rose de Lima:Chapitre 42 sur 244 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

la fameuse chaîne d'or dont nous avons parlé déjà plusieurs fois, et qui était, dit-on, aussi longue que la grande place de Cuzco où se célébraient les fêtes les plus solennelles. L'Inca jugea plus digne de la majesté souveraine de tenir une chaîne d'or pendant |a danse que de prendre par la main ceux qui y figuraient. -

Les Péruviens étaient également grands amateurs de la chasse et de la pèche.

La chasse se faisait par battues, on lui donnait le nom de chmu (cercle). Plusieurs milliers d'hommes se réunissaient à cet effet; ils suivaient, rangés les uns à côté des autres, une direction donnée, embrassant un terrain très-vaste et poussant le giUer devant eux, puis ils formaient un cercle qui se rétrécissait de plus en plus et tenait enfermés les animaux qui s'y trouvaient. Les chasseurs tuaient ensuite les bêles malfaisantes , les mâles des cerfs , des guanacos et des vigognes, inutiles à la reproduction, tondaient les femelles de ces mêmes animaux et les remettaient en liberté. Le gibier et la laine commune se distribuaient au peuple; celle des vigognes était réservée pour confectionner les vêtements des Incas. La législation permettait de faire tous les quatre ans une battue en un même canton.

Le pêcheur indien se munissait d'un énorme paquet

de joncs, le liait fortement, en lui donnant d'un côté

la forme pointue d'une proue de barque, propre à

fendre l'eau; puis, agenouillé à l'extrémité de ce frêle

esquif, qu'il dirigeait à l'aide d^un morceau de bambou

fendu par le milieu, et muni d'un harpon 9 le PérU'*

vien guettait le poisson , le frappait et lâchait la corde à laquelle sou arme était attachée. Le poisson blessé fuyait, entraînant avec une effrayante rapidité la petite embarcation et le pécheur; mais celui-ci, après Tavoir laissé se débattre pendant qnelqnes instants , Tattirail et s'en emparait. Les indigènes s'avepturaienl sur les fleuves et quéme à plusieurs lieues en mer avec lenrs bateaux de joncs; ils en usaient également comme d'un moyen de transport; au dire des Espagnols , un cheval lancé à fond de train n'aurait pas suivi ces singulières pacelles.

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