CHAPITRE SIXIÈME
à leur dispositioB qu^ des moyens mécaniques harr 11^9 les Indiens civilisés de l'Amérique méridionale donnaient peu d'élévation à leurs édifiées, tes murs de leurs palais et de leurs temples n'avaient guère que douze k dis.*huit pieds de haut. Les pierres dont ils se servaiept étaient énormes, on en trouve qui ont plus de trente pieds de long sar quinze de largeur et six d'épaisseur. Les procédés au xnoyen desquels ils sont parvenus à remuer ces masses immenses ne sont pas connus.
ËQ général, les pierres qui composent les grands bâtiments dont on découvre les ruines^ sont de formes variées; il y en a de carrées, de triangu*
^ Le£i mur^ énormes^ de la forteresse de Golee sdni w pindr partie conservés et offrent uq spécimen trèwemarq^able de l'architecture péruvienne. Les passages souterrain^ qui menaient de la forteresse à la ville et an palais impérial existent égatement encore. Ils sont très-solidement ecoslraits, mais l»s ^t étroits*, parfois ils se rétrécissent de façon à ne livrer passage qu'aune seule personne. Les ruines^ du temple du soleil de Gu^o servent de substructions au couvent des dominicains, et beau? eoiip de maisons particulières portent l'empreinte d'une grande ancienneté et dat^t évldenuifent du temps de la dconination des Incas. Ces vénérables débris donnent un ai^peet piirticulier et très-original à l'ancienne capitale du Pérou, et inspir rent un sentiment de colère contre ceux qui ont impitoyablement détruit les produits les pins remarquables d'une dvilisation si curieuse.
On découvre en plusieurs, previnées du Pérou divers mpauments, des fortifications ou des villes abandonnées, ^ui wt permis d'étudier le système d'architecture des indig^sias. iCm anciennes constructians les plus dignes d^ fixer Vattenttan 9» trouvent aux environs de Caxamarca et de Truxiliti^f
laires, de polygonales; elles fMiraissent avoir conservé toutes la coupe qu'elles avaient en sortant des carrières. Les architectes les avaient réunies de façon à faire correspondre les angles saillants des unes aux angles rentrants des autres, et elles sont si admirablement juxtaposées sans aucun ciment qu'on a de la peine à en découvrir les jointures. Ce genre de construction rendait les murs à peu près indestructibles ' • <.»
La plupart des édiûces péruviens manquaient de fenêtres; probablement ils étaient éclairés du haut, car le jour venu par les portes eût été insuffisant. On ne voit dans les ruines du pays ni voûtes , ni cintres, ni débris de charpentes; la plupart des écrivains modernes concluent de ce dernier fait que l'art du charpentier était inconnu aux sujets des Incas, et que rimperfeclion de leurs outils ne leur permettait pas même d'emmortaiser deux poutres. Cette assertion nous semble au moins hasardée, et il nous paraît probable que des constructeurs assez habiles pour joindre des pierres colossales devaient être capables également de réunir deux pièces de bois.
L'ornementation des anciens monuments du pays, abstraction faite des revêtements en or de quelques temples, se réduisait à fort peu de chose et consistait
* Plusieurs voyageurs affirment cependant avoir vu au Pérou quelques anciens monuments à assises carrées , parallèles , et unies entre elles par un ciment d*une solidité extraordinaire et composé d'une certaine argile rougeàtre mêlée à des fragments de cailloux.