‹ Le Pérou et Sainte Rose de Lima:Chapitre 45 sur 244 · CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME

en arabesques plutôt bizarres que gracieuses. « L'architecture dont ces ruines sont un si remarquable échantillon, dit à ce propos le voyageur anglais Stevenson 9 qui les a étudiées avec soin, n'a rien de l'élégance qui brille dans les constructions grecques et romaines; mais ce qu'il faut surtout admirer ici, c'est la prodigieuse habileté des hommes qui ont extrait de la carrière, taillé et transporté ces masses énormes sans machines et sans instruments de fer. » Nous avons parlé, à l'occasion de l'agriculture, des travaux de canalisation des Péruviens ; les Incas avaient fait construire également un grand nombre de chemins et de routes, qui tous, se rattachaient à deux artères longues de cinq cents lieues, partant dé Cuzco et aboutissant à Quito. Les conquérants espagnols ont sans doute excessivement exagéré la beauté de ces deux artères en les comparant aux célèbres voies romaines qui sont, de nos jours encore, un objet d'étonnement pour le voyageur; .mais il n'en est pas moins vrai que les routes des Incas démontrent que les arts utiles prospéraient au Pérou. Elles n'avaient que quinze pieds de large; cette dimension suffisait dans un pays où l'on n'avait d'autre* animal domestique que le lama , propre à porter, deâ charges légères , mais ne pouvant pas servir de bète de trait. En bien des lieux, on avait réussi à mettre les gorges de la partie inférieure des Andes au niveau de la plaine, et à éviter l'inconvénient des montées et des descentes au moyen de levées considérables, composées de grosses pierres et de terre, ou

de iliveUemeiits faits avec soin et inteKtgence. De larges bords gazonnés contribuaient à la conser* TatioB des routes. Dans les plaines sablonneuses où les vents tendent constamment à eflhcer les voies frayées, de doubles rangées de pieux , tirées au cordeau , marquaient le chemin et empêchaient le voyageur de s'égarer.

De distance en distance s'élevaient des magasins appelés tamboi, contenant des approvisionnements de toute espèce pour tes souverains et leur suite, lorsqu'ils voyageaient, et pouvant aussi leur servir de caravansérails. Ces tambos étaient en même temps les demeures des courriers au moyen desquels les Incas communiquaient rapidement avec toutes les parties de leur empire y transtnettaient leurs ordres et pouvaient être informés de ce qui se passait dans les provinces. On employait pour remplir ces fonctions des hommes habitués à courir dès Tenfance; ils étaient réunis plusieurs à chaque station, et toujours Tua d'eux se tenait en vedette sur la route pour voir arriver le courrier de la station voisine, recevoir sans perte de temps le message qu'il portait, et partir aussitôt au pas de course. Cette organisatioD était si bie;i combinée qu'en vingt- quatre heures on savait ce qui se passait à une distance de cent lieues.

Des ponts d'un aspect très - original servaient au passage des rivières et des torrents nombreux qui coupaient les voies de communication au Pérou. Pour construire ces ponts ^ on tressait avec de l'osier et des

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