CHAPITRE SEPTIÈME
Débuts de Pîzarre au Pérou. — Captivité et fin tragique
de rinca Àtahualpa.
Un enfant bâtard naquit à Truxillo, dans TEstramadure, en 1 475. Son père, gentilhomme du pays, le fit exposer d'abord à la porte d'une église , mais on l'obligea à en prendre soin. Il s'en acquitta avec tant d'indifférence qu'il ne lui fit pas même apprendre à lire , et qu'au lieu de lui donner l'éducation qu'il lui devait, il le chargea de la garde des pourceaux. L'enfant se nommait François Pizarre. Un jour, ayant égaré un des animaux confiés à ses soins, il n'osa plus rentrer à la maison paternelle, prit la fuite et s'embarqua pooT les Indes occidentales.
Cristophe Colomb avait découvert les Antilles quelques années auparavant (1492); les îles subissaient déjà la domination espagnole, et le gouvernement de
la mère patrie, élabli à SainUDooiioguey organisait des expéditions pour aller à la découverte et à la conquête.
FrançcMS était actif, courageux, hardi et doué de beaucoup d'intelligence", maks avide et cruel. Ses premiers exploits sont peu connus ; on sait seulement qu'après son arrivée en Amérique il passa successivement par les plus bas emplois*, qu'il se distingua en 15iâ dans l'expédition de Nugnez de Balboa, laquelle eut pour résultat la découverte de la mer du Sud, et qu'il parvint à des postes éminents et s'y enrichit.
Ea Tannée 1524, on le trouve à Panama } Gortès avait achevé alors la conquête du Mexique; les États guatémaliens ployaient sous le joug du barbare Âlvarado, et, en dépit des ordres de la cour, les conquérants et las aventuriers qui s'abattaient ^r \e nouveau monde, pour s'y enrichir, se livraient envers les indigènes aux actes de la plus révoltante cruauté.
Pizarre, pendant son séjour à Panaqia, entendit parler vag^uement d'un vaste empire civilisé, situé au sud de l'islhme Darien et prodigieusement riche eq métaux précieux. Passionné pour l'or et pour les découvertes, François forma le projet de pénétrer dans le pays dont on disait tant de merveilles et d'ea laire la conquête.
Il s'associa dans cette vue avec Diego d'Âlmagro, autre bâtard, ramassé dans les rues de la ville don! il portait le nom, et qui s'était distingué dans la carrière des arides, et avec Fernand de Luque, prêtre, dont la moralité a été quelquefois révoquée en doute, et que l'on accuse particulièrement de s'être enrichi