CHAPITRE SEPTIÈME
Cependant le récit des souffrances qu'avaient endurées les compagnons d'armes de nos aventuriers eiïraya les habitants de Panama; ils supplièrent Pedro de los RioSy successeur du gouverneur Davila, de ne pas permettre qu'un plus grand nombre d'Espagnols allât se perdre dans cette folle entreprise, et de faire revenir ceux qui déjà s'y étaient engagés. Los Rios, * cédant à ce dé^ir, craignant peut-être aussi que Pizarre ne jouât dans l'Amérique méridionale le rôle que Certes jouait au Mexique, et poussé par une secrète jalousie, envoya à l'île de Gallo un navire commandé par un officier nommé Tafur; celui-ci devait ramener à Panama les hommes qui ne seraient pas contents de leur sort.
Tafur, arrivé au lieu de sa destination , passa sur le vaisseau de François, et traçant avec la pointe de son épée une raie sur le pont du bâtiment, il déclara que tous ceux qui passeraient cette ligne partiraient avec lui, et que les autres resteraient avec le capitaine. Treize hommes seulement ne bougèrent pas et se déclarèrent prêts à suivre leur chef partout où il irait et à mourir avec lui. Les autres, fatigués depuis longtemps de la vie qu'on leur faisait mener, et n'ayant plus l'espoir de réussir, se précipitèrent sur le navire de Tafur, qui ne tarda pas à mettre à la voile.
Pizarre et ses fidèles quittèrent l'île de Gallo, où ils ne se croyaient pas en sûreté, et se rendirent à celle de la Gorgone, rocher stérile, battu par les vagues, mais plus éloigné de quelques lieues de la
o6te. Us y vécureDt peadaiit plnsieurB mumoM^ trouvant pour toute reflsouroe des coquîUagM^ des reptiles et de l'eaa de pluie gamaàtre. Déjjà ils «e croyaient abaadoDnés , k)rflqu'iis vireat apparaître à Thorizon la voile du bàtimeat d'AfaMgro ; il leur apportait des provisions ^ laais paa de nouveaux compagnons : le gouverneur de Panama avait maintenu sa défense et continuait à interdira à ses subordonnés de s'associer à Fentreprise de Pizarre.
Malgré cet éckec ^ la petite troupe se rembarqua. Après vingt jours de navigati^i ^ elle aborda à la viiie péruvienne de Tumbez, située par delà le 3* dugré de latitude méridionale , et y fut pacifiquement reçœ. Les Espagnols recueillirent en ce lieu une quantité de vases d'or et d'argot et rentrèrrat à Panama daas le ^coucaiU de l'année 4 S26.
La vue des richesses qu'ils apportaient ne modifia eu aucune {açon les disposîlÂons de los Bios; il persista à refuser son concours auK trois a^sodés.
Mais aucun obstacle n'était assez poissant poar arnôter Pizarre; le» difficultés en apparence les ^ns insurmontabjas , loin de l'effi^ayer, servaient de stio»lant à sa prodigieuse activilé. Il fut convenn qu'il se rendrait en Espagne, qu'il demanderait pour lui-mèaMif à l'empereur, le titre de gmvemeur des pays déoon^ verts au sud de Panama , celui de lieutenant gonver^* neur pour Almagro, et d'évéque pour Femand de Luque.
François partit ; son voyage fui beureui:* H se pré* seata bardiroent à Cbaiies^^itint et réussit à sédiwe
CHAPIT&E 8EPTIÈME. >»9
le o^oarqua en lui f»rimi d^ rieJiefiMi àm ca^tréos 4|a'il ¥Oiildit coiMiuénr, i^t eo iiiî rtendant compte 4es traverses qu'il avaii ieg^iiyéeig. Chartes lui mafén }^ 4igmté 4'ateiiiiotado da tourte» le» régm^» qu'il m^t découvertes M ymirmt découvrir ^eocore, VinvesUt d'ua pouvoir iodé{^a<kBt de celui 4as ji^ouyareeurg de Panama et lui reconnut le droit de désigna tes affilias qjû serviraieiit sow sas ordres. Pîii^rr^ s'occupia peu d^ sas assoctes dâos «a coaféreuee avec te /souveiwa ; il redoijilait les lal^ts d'Ali»agro, en qui il voyait déjà ua latur rif al , et se borom à te fairi» nommer aux Ibactioofi trèsH^ballteroes de gouveraaur de la fortevesee de ïwé^i qniust À Fernand de Miq^e^ qui oe lai àommt pas d'oi»toage, il di^oaada ei obtml pour lui te titrée d'évéqua*
Gharles^uiot^ aa feistfoit la part de Pimrre ù Mie 9 Y soit pour Qcmditioo que te nouvel atelaïUado lèverait à âes frais une troqpi^ d^ deux eeat doqiiaate ho0u»as et se pourvoirait des vaiss^aii^ #t des mmèliotts néees wres À soa expédition^ Pizarre , an eamiÀe de la jote» se rendit dans sa £annlte et se fit recininaître par eJte. Son père avait fini par éponsar sa mère; «deus: fiJs^ Fernand et Ju9ef étaient nés de oMe imiQUi un troisièn^e fils« Mlard et né d'nne n^tre mèrej se nommait Goazale^ et enfin François avait un frère utérin àm mm de Fraa(K>ÎB*Mar^ d'Âlcantara« Il attacha ces quatre individus à sa lortone et les dédda à s'eml^rquer javec iuL
Cendant noire héros n'était pas au terme de ses
tnl>ulatiM&. An li^ de deuxeent cinquai^ homme ,
il n'en put réunir que cent vingt-cinq ; aussi lorsqu'il sut que les commissaires de la cour venaient pour examiner si toutes les conditions avaient été remplies, il mit à la voile clandestinement. D'ailleurs, il s'en inquiéta peu, car il était déjà muni des papiers qui lui conféraient ses pleins pouvoirs et sa commission d'atelantado.
De nouveaux déboires l'attendaient à sotf arrivée à Panama. Furieux de se voir mis à l'écart, Âlmagro voulut rompre avec François et armer une nouvelle expédition pour son propre compte. Mais Pizarre, ayant encore besoin de son premier compagnon, protesta de son innocence , attribua ce qui était arrivé à la volonté royale, fit d'apparentes concessions, offrit même de se démettre de son emploi en faveur d' Almagro et de chercher à faire ratifier par la cour cette substitution. Almagro fut dupe de ces démonstrations ; grâce à l'intervention de Fernand de Lnqne, on se réconcilia. Le pacte qui avait lié précédemment les trois associés fut renouvelé aux mêmes conditions, et Pizarre s'embarqua pour le Pérou, au commencement de l'année 1531, avec ses quatre frères, cent cinquante hommes d'infanterie et trentesix cavaliers, sur un vaisseau équipé par le même Fernand de Luque. Almagro resta provisoirement à Panama, afin d'envoyer à François les renforts et les munitions de guerre dont il aurait besoin.
Les deux Incas Huascar et Atahualpa , fils de Huayna- Capac, en étaient alors au plus fort de la querelle dont nous avons parlé en terminant notre troisième cha-