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l'autre, celui de la perception extensive, qui suivrait ». Mais ce n'est point là le sens de Kant, ni celui de Schopenhauer, quoique ce dernier ne distingue pas, au moins dans les mots, comme le fait toujours Kant, l'intuition sensible d'avec l'œuvre de l'entendement.
« L'essence de la thèse kanti(Mine, dit W. James, consiste en ce cpi'il n'y aurait pas (Ic:^ rsjKiccx, mais un csjjacc^ — une ff/ti/r continue, infinie, — et (|uc notre connaissance de cctlr nnllr ne serait j)oint une afïaire de sensations morcelées qui s'unissent par voie de sommation et d'abstraction : à quoi l'on peut opposer évidemment que, si quelque chose au monde porte Vff//jfr/r<'HCi' d'une construction par rap[)rochement de parties et abstraction, c'est précisément la notion de l'espace un et infini du moiui(\ C'est là une notion, s'il en fut jamais, et nullement une intuition » '.
Mais la doctrine de Kant est exactement le contraire de ce que W. James a cru comprendre. La grandeur de l'espace inlini ne nous est point représentée par un concept, qui serait contradictoire en soi ; elle se rappjrte à une intuition dont le genre d'infinité n'est point fait de parties, et fpii est l(î fondement imaginatif de tous nos concepts d'iHendue illimitée et de limitations internes. Le langage de Kant n'a j)as plus d'obscuiité que n'en comporte un sujet où les termes al)straits ont besoin d'être aidés par la constatation que le lecteur est appelé à faire en lui-même d'un sentiment d'ordre [)rimordial :
« L'espace n'est pas un concept discursif, un concept de relation des choses en général, mais une intuition pure. D'al)(jrd, on ne peut imaginer ({u'un seul espace ; quand on parle de plusieurs, on n'entend parler que des parties d'un seul et même. Ces parties ne sauraient non plus être antérieur*es à cet unique espace qui embrasse tout, comme si elles en étaient des éh'ments de composition ; car elles
1. \V. Jiimes. The pi'lnc'i pies of psychologij, (. Il, p. -75.
Renolvieu. — Le Personnalitjiiie. --
ÉTUDE feUK LA PEaCEl'TiO.N ET LA FORCE
ne peuvent être conçues qu'en lui. Il est essentiellement un, la nuilli|)iicilé ((uo nous y reconnaissons ne provient (|ue de ses limitations. 11 suit de là que les concepts que nous lui a[)[)liciuons [)ortent sur une intuition a priori. (^cst ainsi que les principes ^'éométricjues. tels que celui-ci, i)ar exemple, (jue loul rofr d un lri<un/lc v^l moindre (fur la soniHK' des deux au/rcs, ne résultent i)as apcKlicliquement de» concepts de li<^-ne droite et de li'ian^le, mais de rinluilion, et d'une intuition a /tnori,
« L'espace est représenté comme une quantité infinie donnée. Or, il est vrai que tout concept est [)ensé comme une représentation, elle-même contemie dans un nombre infini de dilTéronles re[)réseutalions possibles, et (pii est leur caractéristique commune, et, par conséqu(Mit, les comprend ; mais nul concept, comme tel, ne peut éti'c pensé connne s'il contenait lui-même un nombre infini de représentations. Et néanmoins l'espace est pensé précisément de cette manière (car toutes ses parties existent simultanément rif/ i/t///tifff//f), Gonséfpiemment l'espace est une intuition a priori ni non [)oint un concept » ^
Observons bien (jue ces termes : un rxjKicc uniiinc rmhra>i^(iitl Inttl^ une (j fiait! ilr iafunv^ et le mot uifiai lui-même, expriment en vertu des explications (pi'en donne Kant, et qui sont des plus formelles, tout le contraire A\\\\ sujet infini réel formé de parties réelles et actuelles. C'est la représentation spatiale indéfinie et indéfininuMit divisible, qu'il appelle ntlaifiuu parc, cl qu'il distin<;-ue d'un rr>y/ci'pl , à raison de ce caractère de quantit('' formc'e d'autres (juantités (relation d'une espèce qui n'appartient qu'à une autre catégorie, celle de temps, deuxième foi*me de la quantité mathématiquement mesurable^. On comprend Fempêcliement où les psycliolog'ues de l'école empiriste se trouvent de prêter à Testliétique transcendantale son véritable sens. C'est, en elîet, une sorte de sensation