LES FORCES VIVES. L'ENEUCIE
CHAIMTIIK XXXll
gUESTlON DES FOUCES VIVES. TIIÉOUIE
DE L'ÉNEIUilE
Un trouve (huis nombre de livres d'histoire scientifique, ou même simplement littéraire,', la mention, avec de vagues renseignements, sur certaine grande querelle qui s'éleva entre Leibniz et les cartésiens touchant la meilleure idée à prendre delà force, que Leibniz disait n'être pas la quantité de mouvement (ou produit de la masse par la vitesse : //iv), mais bien le produit de cette même quantité par la vitesse :/yi6'-, ou force vicc). Et Leibniz reprenait aussi Descartes, sur ce (jue ce piiilosopluî avait pr'ofessé (pie la quantité de mouvement demeure constante dans la nature, à travers tous les phénomènes, tandis que c'est à la force vive (ju'aj)))artient cette grande propriété. Xous avons à expliquer le sens et la diflérence de ces deux expressions numériqut^s. alin d'i'claircir leur signification et de la montrer indépenthinte de l'idée réaliste de la force.
Les auteurs les mieux instruits du sujet constatent que les formules mathématiques : /jiv, iiw\ représentent, en mécanique, par ces (hfVérentes fonctions numériques, difîél'entes relations dans les propriétés du mouvement; et ils en concluent ordinairement qu'on se disputait sur les mots : en (pioi ils se trompent, car on cherchait alors le sens que Ton doit donner [)roprement au mot force, en mécanique, pour répondre au sens qu'on lui prête en philosophie, ou môme dans le commun langage; et les auteurs de notre temps eux-mêmes sont forcés de reconnaître là quelque chose de |)lus qu'une question de mots, s'ils croient, eux aussi, que le mot force représente une réalité dans les phénomènes mécaniques. Mais ce n'est pas tout; car indépendamment delà ([vwsWow jt/i il osa iih'nj ne, il y en a une autre.
ÉTUDE SUR LA PERCEPTION l'T LA FORCE
qui concerne la loi fondamentale du mouvement en ra{)[)ort avec ses effets de travail, et par conséquent, avec le sens praluiue^ et très réel celui-là, qui s'attache à Tidée de force dans notre esprit. Ce n'est j)as simplement à la quantité de mouvement que la quantité de travail est j)roportionnelle, mais bien à ceik» quantité, ////', de nouveau multipliée par la vitesse, c'est-à-dire à mr-. Descartes ne song'cait pas aux forces co/istff/t/fs et à raccéléi'ation. 11 avait accordé trop peu d'attention aux découvertes de Cjalilée.
A la fornude du travail, /////. dans laquelle //. es[)acc parcouru, n'est fonction que de la siiiq)ii' \itesse, il faut ajouter le facteur de l'accélération, y, d'où T = /)ff//i, et calculer ce facteur, c'est-à-dire calculer la valeur de l'acroissementde la vitesse au l)out du temps / (puisque l'accélération est la l'iti'sse de la vitesse^ ou vitesse acquise dans l'unité de temps, au cours d'un mouvement uniforméujent accéléré). Cet accroissement est la diirérentielle de la vitesse, ou diiîérentielle seconde de l'espace parcouru par
rapport au temps. Le calcul donne g* == -^^r— , d'où la
(juantité de travail mgli -^ -^ mv -'; expression qui reçoit
le nom de /orcr rire. Elle mesure la capacité acfjuisc des effets dus à un corps (jui tombe de la hauteur //, ou celle qu'on lui fait acquérir de puissance de chute en le portant à cette hauteur; et elle mesum de même tous les effets et les j)ouvoirs assimilables à ceux dont la gravitation est la source. De là les termes L;én(''ralement adopt(''s maintenant, d'énergie ( 'nn-luiKc ,uu actuelle) et d'éner«^ie/>o/cy/tiellc pour désigner ces effets : là, en acte, et ici virtuelle seulement, c'est-à-dire sous la condition de Tacte capable de les j)roduire.
C'est un l'ail intéressant d'histoire de la |)hilosophie des sciences, que ce retour obligé à la terminologie d'Ar'istote (malgi'é le fâcheux changement d'emploi du mol aristotélicien nt('r(/f('\ el à r^on sens le |)lus profond, (jui est l'idée