‹ Le personnalisme suivi d'une étude sur la perception externe et sur la force [microform]Chapitre 188 sur 211 · DES FORCES NATLKELLES ET DES ÉTATS DES COUPS · texte numérisé non relu

DES FORCES NATLKELLES ET DES ÉTATS DES COUPS

Examinons les actions à très petites distances, en écartant d'après les considérations précédentes l'idée rigoureuse du contact. Les unes ont toujours pu être assimilées par la nature de leurs eilets à la gravitation : ce sont la cohésion, les modes d'adhésion divers des molécules physiques, les intimes liaisons des éléments dans les combinaisons cliiiniques plus ou moins stables, enfin certaines actions électriques ou magnétiques qui, sous l'une des faces des |)hénomènes de leur dé|)endance, 0[)èrent le rapprochement des corps, ou de leurs particules. Ce sont donc là des /(ures af/rar/irrs. Les autres, les /unes ri'pulslrcs ne sont ni d'une moindre extension, ni d'une moindre importance dans la nature. Considérées dans leur sphère d'action élémentaire, aux distances infinitésimales, nous devons, en nous rapi)ortanl à la partie durable des théories phvsiqucs de Boscovich et de Kant, dont nous avons rendu com[)te, les définir' comme de fondamentales propriétés des corps, et leur donner la place autrefois occupée dans la

ETLDE SUR LA PERCEPTIOxN ET LA FORCE

LES FORGES NATl'RELLES ET LES ETATS DES CORPS

science par la fiction de la matière impénétrable des anciens pliysiciens, ou par rima<;inaliun du dur absolu et du solide indivisible en soi des atomisles et de divers psveholo^'ues. La fonclion de ces forces est de maintenir les distances, sans lesquelles la coexistence et les actions mutuell(\s des forces localisées dans res|)ace ne peuwni nous être repn''sentées. Maintenir la distance, c'est conserver l'indixicUialité. Les forces répulsives d(''ftMident rindividualité de la molécule, cpie toutes les sortes d'attractions menacent si elles ne sont limibu^s.

.Mais ceci ne concerne la propi'iété de la force r(''j)ulsivc que prise à son princij)e, à l'oi'ij^ine ou au fondement de son action. Il faut la considérer dans l'immense développement qu'elle prend par la constitution essentielle dc<> ^az et, par conséquent . dans l'ordre le plus élémentaire de composition du monde phvsirpie. ('/est l'état g'azeux l'état des gaz qu'on appcdle /tf/r/'ffi/s (ju'il est juste de reo-;u'der comme le jdus simj)le de la matièi'e des corps, malgré les étonnantes diversités spi'ciliques (pii distinguent les uns des autres les éléments aj)pelés si/^jUrs, sous cette forme de gaz, sans composition connue, autre cpie quantitative. La proj)ortionnalité du volume à la |)ression e\t('rieurc subie, et de la dilatation à raccroissemenl de lempéi'aturc, l unilormité de chaleur spéci(i(jue. à toute tempér'atui'(\ pour une pression et un poids donnés, la simplicité des rapports numériques des éléments, en volumes^ dont se forment les composés: ces propriétés si dilTérentes |)articulièr(Mnent la dernière dii^ irrégulai'ités et des comj)lications (pie les liquides et les solides 'ceux-ci n'i'tant pas înème aj)t(^s à entrer en combinaison, s'ils ne changent d'abord d'état; opi)Osent aux recherches du chimiste, (h-sigrieid l'i'tat gazeux, comme fondamental, par rapjjorl aux synlhèses plus complexes réalisées dans les autres états, et comme relativement [)remier, au point de vue de l'évolution des forces naturelles dans l'histoire du globe. On a remanjué

très justement que l'ordre vrai de la nature est en cela le conti'aire de celui cpi'ont imaginé les atomistcs et les psycholoi>*ues, auteurs des théories du solide radical et de la perception du résistant, dans le jugement qu'ils ont ainsi poi'té de l'essence positive de la malièi'e des corps ^ Mais il n'y a vraiment j)as lieu d imj)uter, comme on l'a fait, à « la métapiiysicpie » et à la méthode a priori, qui prend des concepts poui' des faits, une erreur si comnunie. dont la source est ^■isil)le dans les plus frapj^anles imprvssions des sens. Les plus grands métaphysiciens, Descartes, Leil)niz, Berkeley ont été les plus éloignés de réaliser le concept de la solidité.

La grande et caractéristi(|ue propriété des gaz est la tendance à la diffusion indéfinie, jointe à leur pénéli'abilité les uns j)ar les autres, et à la pression qu'ils exercent en tous sens sur les obstacles solides opposés à leur expansion. Une puissance intéi'ieure d'écariement mutuel des molécules, directement contraire aux lois de synthèse jK\r lesquelles se contractent les liaisons locales individuelles, dénote une fonction répulsive des forces élémentaires, au même titre que les liaisons constatent la fonclion attractive. ( )uand l'action de ces lois est écartée, il reste, pour le gaz j)ariait, l'action générale de la gravitation à subir, î\ exercer et à transmettiv, mais il n'y a plus d'attractions moléculaires à vainc r*e pour se dilater, plus de travail intérieur à efîectuer [)our les changements de volume.

L'état solide est intérieurement constitué par des molécules (pii oscillent autour de leurs positions d'équilibre, en des sens déterminés, tandis que celles des fiuides se meuvent en tous sens. Si un tel mouvement intéi leur du corps n'appartient pas à tout composé de j)arties solides, c'est au moins une fonction essentielle qu'exige l'élasticité, de même (pie la réclament comme la loi de leur milieu propre les [)hénomènes calorilicpies. Le mouvement vibratoire

1, J.-B, Slallo. Lamaiièreel la physique moderne p. 131 sq.

ETUDt: S{]1\ LA PKRCEl'TION ET LA FOUGE

implique dans le solide, une action moléculaire répulsive, qui s'atténue, s'arrête à une certaine dislance et fait de nouveau place à Tattraction, dans une sphère d'action qui domine la grande loi commune de la gravitation, dans ces limites. C'est le mouvement pendulaire que Boscovich a représenté par la partie sinusoïdale de sa courbe de Iff/ti- (jffc loi (le^ forces ndiurclles.

L'état liquide est l'état de balance et d'indilIV'rence entre les mouvements attractifs et répulsifs, sans organisation, pour ainsi dire, et sans loi fixe, au sein d'une matière donnée. Toute position déterminée d'équilibre des molécules, telle que celle qui appartient à un solide, et spécialement quand sa construction revêt la forme d'une loi mathématique de cristallisation, est perdue pour les molécules dans Tétat liquide : elles ne présentent plus que des oscillations sans régulai'ité, des mouvements divisés de translation et de rotation, sans séparation complète, mais avec aptitude de la masse à se disjoindre en petits volumes limités, sortes d'intermédiaires entre une des formes de concrétion où tout corps [)eut être réduit par la perte de la chaleur, et l'état de diiïusion où il peut toujours être porté par un développement suffisant des vibrations calorifiques. L'action répulsive uitermoléculaire de la chaleur amène progressivement, [)ar une suite de degrés de dilatation de volume, un corps quelconque à une sorte de crise intérieure aboutissant à la rupture de ses liens de cohérence, à l'entière dissolution de ses parties intégrantes sans que les molécules composées perdent leurs liaisons plus intimes. L'état licpiide est celui qui présente les conditions sous lesquelles se produisent le plus spontanément, ou sous les moindres actions extérieures, les 7'éactions par où se font et se défont les combinaisons chimiques, c'est-à-dire ces passages des uns aux autres des groupements des éléments spécifiques dont résultent de nouvelles propi'iétés sans cesse, avec d'essentiels phéno-

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