LES FORCES NATERELLES ET LES ÉTATS DES CORPS
mènes calorifiques. Les gaz parfaits ne réagissent pas entre eux, sauf excitation externe, et l'état solide ne permet, tant qu'il est conservé, que de faillies changements de propriétés.
Que la matière des corps, quelles que soient les qualités par lesquelles elle se spécifie et se divise entre les corps (]ue nous appelons simples, doive nécessairement se présenter sous l'un des deux états extrêmes que nous venons de définir, suivant qu'elle est soumise à l'action de la chaleur ou à celle du froid, sous certaines pressions, c'est une vérité depuis longtemps admise et désormais passée à l'état de fait vérifier grâce aux températures d(jnt on dispose dans les laboratoii'es ; mais il y a plus, et nous pouvons regarder comme probable que les coml)inaisons des molécules des corps simples ne se peuvent maintenir aux plus hautes températures, et que leur dissociation serait le terme des décompositions dont la science peut atteindre les notions |)ositives.
La question des />/o//f'/^/^.s, — si ce n'est celle des atomes, un mot dont le sens n est pas encore bien déterminé dans son emploi moderne, — doit être remise à la spi'culalion métaphysique. Le chaos des molécules des corps simples sous les actions antagonistes de la gravitation et de la chaleur serait ainsi l'état dans lequel la [)hysique et la chimie sont amenées à considérer les corps, quand ils ne sont pas dépouillés des quaUtés spécifiques, unique fondement des existences définies, mais affranchis des liens, exempts des combinaisons, ou empêchés de les former, desquelles dépendent les conditions nécessaires et les propriétés de la vie. Et il y a de grandes raisons de i)enser que cet état est celui du soleil. Les éléments y paraissent livrés, en des mouvements d'immense étendue de ses parties, à d'incessantes alternatives de composition et de décomposition. On ne sait comment cet état violent est entretenu. On peut seulement, se fondant sur les théories de la thermodynamique, con-
ÉTUDR SUR LA PKRCEPTION ET LA FORCE
jectureravcc vraisenihlancc qu'il a été produit par des collisions qui ont fait succéder à des forces vives de translation de masses agglomérées, sous Faction de la gravitation, les forces moléculaires vibratoires, agents de l'incandescence. Nous ne remonterions pas j)lus haut sans nous élever audessus des questions ()hysi(jU(^s. Les auteurs des pi'incipales hypothèses cosmogonicjues modernes n'ont pu. ne recourant pas ouvertement, comme Descaries, à une disposilion volontaire des éléments du monde par* le Créateur, éviter d'introduire dans leurs plans des conditions arjjilraires.
CIlAlMTin: XLIll
LA MATli:iU": SEL(L\ LES COSMoCuMES l'Il VSIOl'ES.
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La cosmogonie de Kant, exposée dans son lli^loirc grandie et lliroric (hi ciel^ ou essai sffr la conslitalittn et ioi'nflne de ï unleei's (Idprrs les lois de Xetrtnn. est, comme le dit le titre de l'ouvrage, un traité dans Iccjuel ii n'est rien demandé qu'à des notions physicpies. Kant pose, sans explication, le fait de la création, puis un (Hat de la nature « qui touciiait encore immédiatement à la création et était aussi brut, jm^^i infoi'me fjue possible >. Il ajoute, — et c'est là substiluei* en (juehpie sorte au prineij)e de la création celui de l'évolution. — (pie « déjà, dans les pr'opriélés essentielles des éléments (pii constituaient le chaos, on peut reconnaître la marque de cette perfection qu'ils tiennent de leur source, puisque leur existence découle de ridée éternelle de l'IntelligHMice divine... La matière qui semble purement passive et dépourvue de forme et d'ordonnance possède, dans son étut le plus simple, une tendance à se fa(,*onner en une organisation [)arfaite par une ûx olution