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L'HOMME ET LA NATURE

deii:rcs asceiulants de ce règne, où des synthèses de monades constituent des organes pour des êtres vivants à fonctions plus ou moins centralisées, appeler des (unrs les monades centrales ou dominantes des animaux intelligents, c'est-à-dire doués de mémoire, d'imagination et d'association d'idées sensibles, et non pas seulement les monades dominantes de ceux (pii forment des concepts, j)ossè(Ient la raison. Et nous pouvons, avec Leibniz, «'tendre le même nom à r (( entéléchie dominante » de a chaque corps vivant », mais non dire comme lui que « les membres de ce corps vivant sont pleins d'autres vivants, piaules, animaux, dont chacun a encore son entéléchie ou ame dominante », et cela à Tinfini. 11 suffit, et il est plus conforme à la raison, conmie à Texpérience, en rejetant le dogme antique de la séparabilité de Tàrne et du corps, de regarder le corps connue composé d'organes vivants avec leurs monades dominantes, mais non point animales, au service de l'àme. L'organe a normaleniiiit la durée de la \ le ; le corps, en tant que molécules, est instai)le : « Tous les cor|)s sont dans un fhix perj)étuel, comme des rivières, et des parties y entrent et en sortent |)erpétuellement. 11 nV a jamais ni génération entière ni mort parfaite prise à la rigueur, consistant dans la sé[)aralion de l'àme. Et ce que nous appelons gé'uération sont des développements et des accroissements, comme ce que nous appelons morts sont d(^s envelo[)pements et des diminutions (Leibniz, la M(Hia(lologie, LXX-LXXllL.

En se tenant à la définition monadologique des êtres vivants, dans ces termes précis, si l'on ado|)te en même temps l'hypothèse suivant laquelle les monades dominantes enveloppées dans les germes que le sort des naissances appelle à se développer dans le monde présent ont été les

monades dominantes des organismes des hommes qui vécurent dans le monde parfait primitif; on peut admettre qu'elles sont demeurées à l'état airclojtpé pour traverser les phases de l'entière subversion du Cosmos, et recevoir un drvi'lo lapement nouveau avec des formes et des fonctions nouvelles dans le monde actuel, où la génération sexuelle leur donne des corps sujets à la loi de l'évolution vitale. Dans cette hyj)olhèse, la contradiction caractéristique des conditions de notre monde et des besoins, des désirs et des sentiments mor-aux des moins abaissés des hommes qui y prennent naissance leur révèle, sous le seul aspect où ils osent l'envisager, et qu'ils nomment Idéal, l'idée de la perfection, [)our eux inaccessible, qui fut leur ra|)j)orl normal à la nature et au bien, quand la nature elle-même était à l'état normal de la création première.

Le rapprochement qui nous permet, grâce au renversement du point de vue, de regarder comme une inconsciente réminiscence de la réalité passée un idéal ordinairement représenté dans l'avenir, et qui passe pour chimérique quand on ne craint pas de l'envisager dans sa plénitude, ce rappr^ochement n'est en somme qu'une induction tirée du plan de l'or'dre universel et des rapports harmoniques de la vie, considérés dans ce (pi'il en reste debout, à l'état de choses (pre cet ordre [)i"imilif intégral a du constituer pour* l'humanité.

Le plan de la nature et de la vie, en la partie demeurée sans changement dans l'or'dr'e actuel, a pour fondement physique la constitution des monades servantes qui exécutent les œuvr'es du mécanisme, ibr'ment les synthèses destinéesà composer les éléments inorganiques des corps des monades supér*ieures, créent les grands milieux qui servent h la Ir'ansmission des signes sensibles à distance, et aux pei'cepti<nis lointaines, — les atmosphères, les éthers, — et prêtent par les actions et liaisons des molécules, —

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