‹ Le personnalisme suivi d'une étude sur la perception externe et sur la force [microform]Chapitre 35 sur 211 · L'HOMME ET LA NATL'RE · texte numérisé non relu

L'HOMME ET LA NATL'RE

coliésion rt gravitalion, — les moyens de coiistitiier et de mouvoir des masses à parties solidaires. Les cellidcs, êtres vivants radicaux, se font (h^< eorps avee dr.^ monades servantes, puis se eomposent elles-mêmes en des corps vivants rpii sont des oriianos, et ces organes en or«>'anismes. Lis véiivtaux se distrii)uent en d'innombrables espèces au service de la vie animal»'. Los animaux allrioii,>n( divers degrés de sentiment, (rinîollinenco et d'activité, et les hommes, monades dominantes de corps mieux conformés pour rhénvmoniecMMifrale, se créent des forces artificielles, grâce à plus de eonnaissanee des forces naturelles, rpTils adaptt'nt à l<^urs fins. Ils s'essaient à attcMudiv la conception de l'ensemble de ci'S forces, de la natm-e de TuniviTs, et de leur propre» natur(> : ils s'efforcent sin-|oiit de tourner à leur usage tout ce (ju(^ la terre a de ressources pour l'entretien et les plaisirs de la \ic, et de donner à riimnanité conquéranle, cpi(»ique divisée contre elle-iiieme, l'empire de la jdanète.

Il ne faiidrail, s(»mble-l-il, (|u'un {)rogrès naturel de puissance et de génie, chez ces êtres |)erfectibles, j)Our achever de soiim -ttreet de discipliner les forces naturelles; a) )ntoii^ t,n pt u d esprit de concorde et le pouvoir, qui jusqu'ici leur a manqué, de se discipliner eux-mêmes. De la vuegénéi-ale du monde, sous cet aspect, il vient (juelquefois à des penseurs, — qui lU) consultent (jue l'histoire naturelle (l<> l'homme, (pii ne supposent d'esprit que resj)rit humam, ni de progrès dans le monde que le progrès du monde lui-même, parvenu à la longue à faire naître cet (>sprit dans la matière, ~ une idée hors de jjroporlion avec les faits : c'est que ce progrès universel pouirait se continuer et s'accomplir par l'œuvre de l'humanité, dans sa propre existence collective arrivée à terme, grâce au travail des innombrables individus sacrifiés à sa croissance. L humanité résumant la nature et la vie disposerait à son gré des forces, et peut-être aussi, le Iransformisme aidant,

deviendrait le corps universel où toute (existence s'organiserait, — et qui serait Dieu î

Ces sortes d'imaginations naissent d'un aveugle <»j)limisme — contraire à toute méthode rationnelle. Ceux qui s\ livrent, sans pouvoir d'ailKuirs donner à leurs vues un caractère précis, ni le moindre fondement, placent avant tout l'affirmation du progrès, sans justifier d'une cause finale, comme si la (juestion de fin pouvait se décider avant la question d'origine. Cependant, s'il existe un mouvement du monde vers le bien, il faut que le bien soit au commencement, et que Vi/ilcnliojj civc la direction. Poui-quoi les phénomènes se dévelopj)eraient-ils d'eux-mêmes dans un sens déterminé pai' la raison du bien? Si leur cours forme une évoluti()n proprement dite, allant d'im premier à un dernier état de choses, le premier a du renfermer moralement la raison de la fin, puis(|ue la fin est su|)poséc morale. Il faudrait l'assigner. Kt si ce cours est infini, sans commencement, il répugne (ju'il ait une fin ; car, s'il avait pu en avoir une, elle serait atteinte depuis l'infinité des t(^mps. On imagine donc arbitrairement que la direction d'une suite d'efîets de la nature, dont la cause [)remièr(» est indéterminée, vient d'une aspiration universelle des choses au bonheur de l'humanité, tandis que les phénomènes orio'inaires de notre svstème du monde sont, pour la science, des produits des lois de la thermodynamique, et que, en regard de ce que la science peut prévoir pour un avenir lointain, les phénomènes de l'animalité à la surface du globe sont de simples efilorescences.

Il est assurément concevable, mais nullement rationnel, que la portée (Mupirique des vues et l'étroitesse d(^ resj)rit retienne les hypothèses cosmogoniques dans l'c^nceintc^ des phénomènes physiques qui ont causé le chaos incandescent de la nébuleuse, et de ceux epii en ont procédé par le refroidisse ment. La création ree^oit ainsi le caractère d'une révolution [)hysique. Si l'horizon de la pensée, touchant

L'IDHt: D'UNE SOCli:!!:: IMllMlTIVi:

L'IDÉt: D'UNE iSOGlKTÉ PRIMITIVE

riiistoire universelle du Cosmos, n'était pas borné par celte position d'origine que rien ne justifie; si la pliilosopiiie, celle qui ne se croit pas matérialiste, était plus attentive h ne pas laisser passer sans protestation dans les théories riiypothèse imj)licite de rantériorité des phénomènes de la gravitation et de la chaleur aux phénomènes de la pensée, c'est-à-dire de Yantr/'iorUr dr linfrrlrïir, on ti'ouverail qu\41e a, selon la raison, une vraisembhmee réelle, hi doctrine qui ne re|)Ousse pas Tunique moyen (ju'il y ail, en Tétat présent de la scienc(% i\v placer le su/jcrirur n ror'ujinr. Celte doctrine considè'-e le plus ancien état de notre système comme Félat d'un me»nde d<Hruil i^t d'une nature en décomposition. Elle permet ainsi à la spéculation d'aborder Thypothèse d'une nature anlé['i«Mu*e har'moni(pie parfaite, et d'une humanit('' pi'imilive (jui en aurait eu le U'ouverncmcnt et aurait été ensevelie sous ses ruines.

CliAriTUK \II

LA SOCIÉTÎ: PAUrAlTE ET LA |m isSliULITK DE LA CHUTE. L'OlUliLNE DU DÉCNÉ. LOllDiLNE Dl DEVOlK

Comment l'homme établi par le Créateur dans un milieu physicjue paiTaitoment adapté à ses besoins, Liiomme en pleine [)Ossession de la raison et [)ourvu de toutes les connaissances requises pour diriger les forces naturelles confiées à sou gouvernement a-t-il pu user de sa liberté pour faire le mal !'

LlionmK* que nous considérons ici n'est pas l'Adam de la légende, être unique de son espèce, resj)onsable envers son seul créateur, auteur d'un péché d'un Li"em*e mystérieux dont il devait éti'c puni dans sa descendance encore à venir. C'est, au conti'aire, l'homme social dans la société

primitivement partViite par hypothèse. Le péché origiuel est l'entrée de l'injustice dans la société humaine par la volonté de l'homme.

Il importe, avant d'aborder ce sujet, d'écarter une diiïïculté métaphvsique portant sur la donnée du problème . On peut nous objecter qu'il est impossible de concevoir l'acte créateur, acte premier, comme nous le posons, instituant (bi même coup une nature, oi)jet immensément complexe, et une société toute faite d'êtres inleUigents en rapport avec cette nature. Ce sont deux choses dont l'idée, autant que nous pouvons nous en former une, imprupie en tout cas une suite de mesures à prendre dans le teinps pour conduire les choses au point voulu. Xotre thèse fondamentale sur la notion du premier commencement, et sur l'idée de Dieu, le Créateur, serait complètement incomprise ou méconnue, si une objection qui semble au premier abord insoluble n'était [)as clairement jugée comme sans portée. C'est en cette (piestion que se concentre la raison [)our laquelle le nom de crilicisme convient encore à notre personnalisme, doctrine essentiellement organique. Cette raison c'est, on peut la dire en un mot, le princi[)e de relativité. Ivant n'a point compris ce principe, et en imao'iuaut rineondilionné comme être réel, et les noumènes, il a manqué son entreprise, cl versé dans la philosophie de l'absolu.

L'objection ne didere qu'en apparence de la difficulté o-énérale qu'on a coutume de soulever contre la doctrine de la création, et à laquelle on ne se soustrait que par celle du progrès régressif des phénomènes à Tinfini, contradictoire en elle-même (I). Si nous cimsidérons réellement, non pas dans les mots seulement, la création comme un acte preiiurr, si nous renonçons, en conséquence, en ce qui touche la nature divine, la vie de Dieu, à réclamer les antécédents de cet acte, la moindre réfiexion devra nous

a[)prendre que nous devons logiquement poser 1 état pri-

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?)iitif des choses comme un ciat vomitloxp. C'est une e\io-eiice du principe de relativité. Les mo\cii^ de la création ne pourraient se connaître cpie comme antécédents de la création, laquelle, par sa définition, nie les antéc(>dents. La création est un ensemijle donné de relations.

Le dernier mot sur la question, c'est que la création, comme telle, n'est ni plus ni moins C()mi)réhensiljle, qu'on la prenne pour un lait réputé simple, ou |)Our' un ordre de faits; mais ce n'est (|ue comme un ordre de faits qu'elle peut être conçue quant à sa matière. On n'a (jue le clioix entre deux [)artis : admettre l'ordre de faits vvv(\ eonnnc une donnée originaire que l'entendement réclame, ou embrasser la contradiction du recul des causes à Tinlini. Notre lîvpothèse est l'ordre créé parfait. S'il est parfait, et «pie l'humanité en soit la partit» capitale, il d(»it être une liarmonie de la nature et une liarmonie sociale, en rap[)ort l'une avec l'autre.

Un ordre social, avec les forces de Li natui'e mises à la disposition de l'homme, suppose une distribution de pouvoirs et de fonctions relatifs aux diverses paities de l'œuvre, une division du travail, et, par conséquent, une société elle-même régie au moyen d'une organi'-ation hiérarchique (pii soit en même temps une harmonie entre des autonomies individuelles. 11 faut que le terme de Itirrarchie, emplové ici, perde sa signification sacerdotale ou impériale, et qu'on en éloigne toute idée d'une autorité qui ne serait pas simplement fondée sur la nature et l'étendue des connaissances, sur les aptitudes et les vocations, sur la raison et le dévouement des agent-;:, tant dVxérMition que de direction, en toutes choses et à tous les degrés.

Une juste conception d'un tel état social, le seul qui put mériter le nom de parfait, se tirerait aisément du rap-

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