L-IDÉE DE LA SOCIÉTÉ PARFAITE SELON LE SOCLVLISME
les parties et dispositions du plan du monde conforme aux deux grands atlril.uts de Dieu, la Justice et les Malliémaliques? Au bout de quatre-vingt mille années, au total, rinimanilé et la planète seraient mises à la refonte, appelées à d'autres destinées.
Les Inpollièses d'avenir social de récole sainl-simoni.nnc sont bien mesquines auprès du monde ingénieusement imaginaire n.'- du cerveau de Fourier. Mais nous n'avons à considérer, des deux cotés, que l'esprit général et l'inspiration métaphysique secrète des vues touchant l'origine et la (in des choses. Elles sont plus élevées chez Fourier, elk'S ne sont pas moins arbitraires chez Comte, ni moins lhvolo,,h,He^. avec une théologie sans Dieu (l'hu- .nanilé divinisée) une religion et un sacerdoce qui ne veulent rien savoir de l'o.igine et des fins de l'univers. A tout prendre, ces svstèmes qu'on regarde comme optimistes, et qui le sont en' effet, quant aux jugements sur l'avenir de nos sociétés, se Irouv.'nt être profondément pessimistes si l'on considère ce que ces jugements ont de positif, c cstà-dire l'appréciation morale de nos sociétés et de la valeur d.' h. C vilisalion. Fourier prenait pour épigraphe de son ^ommu Monde industriel et sociétaire cette exclamation d.. Rousseau dont Rousseau lui-même, premier adversaire de la Civilisation, ne sentait pas la [.ortée métaphysique ' : « Ce ne sont pas là des hommes ; il y a quelque l)oulevers. ment dont nous ne savons pas pénétrer la cause ! » Les ouvrages de Fourier renferment l'étude approlond.c avec la satire de la Civilisation et des mœurs des Cimhses, au moins autant «pie de leurs doctrines économicpies, tandis que les socialistes actuels, qui ont abaissé la science à un communisme simpliste, ne s'occupent plus guère que
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au cciiliain'. les signes de sa siiperiuiile morale.
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(les inlérôts malériels et visent grossièrement à rég-alilé (les jouissances.
Mauvais disciples de Proudhon qui, lui dt'jù, abordait exclusivement la réforme sociale par le cottî des relations économiques, mais dont les théories de la vali^ur et de ^'échange étaient, à vrai dire, des doctrines de justice a jn^'iori, — si l)i('n (ju'il tombait dans le commun cercle vicieux du socialisme, en supposant les hommes moralement capables, avant d'avoir subi un changement profond dans leur caractère et dans leurs passions, dinstituer d'un commun accord le régime industriel et commercial qu'il désignait sous le nom de nanf/ue cféc/Kun/p, c'est-à-dire de créer Tordre économique où seraient abolis la rente, l'intérêt, le lover, le bénéfice, \auhainf\ eniin tout contrat permettant \\\\ gain à l'une des parties, — Ic^s socialistes ont donné leur confiance à la méthode révolutionnaire, source de haines, d'injusticc^s et de douleurs, contradictoire à la fin poursuivie de justice et de paix, et dont Tissue historique la mieux éprouvée est de succomber à ses pro[)res eiîorts ou aux réactions.
Les saint-simoniens et Comte n'ont pas cncom-u ce reproche. Ils n'ont, au contraire, que trop péché, dans leurs |)lans d'organisation, par l'imitation des principes d'autorité du passé. Sans doute, leur vue principale, l'amélioration (( physique, intellectuelle et morale » de la classe pauvre a contrasté avec l'enseignement de l'Eglise, qui passant pour la plus haute représentation de cette autorité du passé, n'a rien fait de sérieux, dans tant de siècles, pour élever la moi'alité du pc^uple, abaisser les fausses grandeurs, diminuer TinégaUté des classes, et (pii, sous le couvert des formes de la charité et de la paix, n'a cessé d'être, dans Thumanité, un ferment de haine et de guerre, et non le moindr(% par sa criminelle intolérance et son esprit de domination. Le socialisme pacifique a le mérite d'avoir donné suite à la piiilosophie sociale du wiif siècle en opposant